Xebec accélérera le rythme de ses acquisitions

Offert par Les Affaires


Édition du 20 Janvier 2021

Xebec accélérera le rythme de ses acquisitions

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Édition du 20 Janvier 2021

Par François Normand
Xebec

Depuis sa fondation, Xebec a réalisé neuf acquisitions, qui ont toutes été conclues au cours des trois dernières années. (Photo: courtoisie)

La société québécoise Xebec Adsorption (XBC, 9,87 $) ne manque décidément pas d’ambition. D’ici 2025, le fournisseur mondial d’énergie propre veut réaliser de «quatre à cinq acquisitions par année»pour asseoir sa stratégie mondiale, qui s’étend désormais aux marchés de l’hydrogène et de l’oxygène.

En entretien à Les Affaires, le président et chef de la direction de Xebec, Kurt Sorschak, explique qu’il vise un total d’«environ 30 acquisi-tions»en Amérique du Nord au cours des cinq prochaines années, et ce, pour améliorer les services et le soutien pour sa clientèle dans les secteurs de l’industrie, de l’énergie et des énergies renouvelables.

Kurt Sorschak

Le président et chef de la direction de Xebec, Kurt Sorschak (Photo: courtoisie)

«Nous voulons créer un réseau de technologies propres», insiste-t-il. Xebec est un fournisseur de génération, de purification et de filtration de gaz, et ce, du gaz naturel renouvelable (GNR) à l’hydrogène en passant par l’oxygène et l’azote.

Sa stratégie consiste à produire ces gaz sur le site de ses clients, en plus de leur offrir un service afin de les aider à utiliser et à entretenir leurs équipements. L’entreprise de Blainville, sur la Rive-Nord dans la région de Montréal, réalise la majorité de ses revenus à l’étranger, notamment aux États-Unis, en Chine et en Europe. Depuis sa fondation, en 1967, Xebec a réalisé neuf acquisitions, qui ont toutes été conclues au cours des trois dernières années.

Elles lui ont notamment permis de s’implanter en Colombie-Britannique et en Californie. En visant près d’une trentaine d’acquisitions d’ici 2025, ne risque-t-elle pas de s’essouffler ? Kurt Sorschak minimise ce risque, en soulignant qu’il ne s’agit pas de «très grandes»acquisitions. «Nous visons des entreprises affichant des revenus de 7 à 12 millions de dollars canadiens (M$ CA), qui emploient de 10 à 20 personnes», mentionne-t-il. En 2019, la société a réalisé des revenus de 49,3 M$, selon son plus récent rapport annuel.

Pour l’ensemble de 2020, Valeurs mobilières Desjardins (VMD) estime qu’ils s’établiront à 72,3 M$, pour plus que doubler à 174 M$ en 2021.

C’est dire à quel point Xebec grandit rapidement avec sa stratégie de croissance qui s’appuie essentiellement sur des acquisitions.

Le marché semble aussi apprécier sa stratégie. Xebec a obtenu le meilleur rendement total des 50 plus grandes capitalisations boursières québécoises, l’action de l’entreprise blainvilloise ayant explosé de 318,6 % en 2020.

 

Le marché européen très stratégique

Xebec garde aussi un oeil sur le marché européen, mais pour des raisons différentes que celles pour le marché d’Amérique du Nord, précise Kurt Sorschak. «Si on fait des acquisitions en Europe, c’est qu’elles sont plus stratégiques», affirme-t-il. L’entreprise est aussi prête à y mettre beaucoup plus d’argent sur la table, comme en témoigne l’achat, début décembre, de la néerlandaise HyGear Technology and Services au coût de 82 millions d’euros (127 M$ CA) et la prise en charge de sa dette de 18,4 millions d’euros (28,5 M$ CA). Il faut dire que cette acquisition est «transformative»— pour reprendre l’expression de Xebec) —, car elle permet à la société de faire son entrée dans le marché de l’hydrogène industriel et dans celui de l’énergie basée sur l’hydrogène.

Frédéric Tremblay, analyste à Valeurs mobilières Desjardins, y voit aussi une acquisition très stratégique. «À notre avis, il s’agit d’un moment charnière dans l’évolution de Xebec», écrit-il dans une note publiée le 30 décembre.

Toujours en décembre, Xebec a fait une autre acquisition stratégique en avalant Inmatec, un fabricant allemand de générateurs d’azote et d’oxygène sur site.

Anoop Prihar, analyste chez Stifel, une banque américaine d’investisse-ment, affirme que cette autre acquisition en Europe est également «importante». Dans une note publiée le 3 janvier, il explique qu’elle permet à Xebec de s’exposer au marché en croissance rapide de l’oxygène médical, en plus d’avoir un meilleur accès à l’hydrogène et au gaz naturel renouvelable (GNR) allemand.

Kurt Sorschak fonde d’ailleurs beaucoup d’espoir sur le marché l’oxygène médical, car l’acquisition d’Inmatec permettra à Xebec de fabriquer au Québec des générateurs d’oxygène utilisés dans les hôpitaux. «Actuellement, tous ces produits sont importés», fait-il remarquer. L’entreprise souhaite non seulement fabriquer des générateurs d’oxygène, mais elle veut aussi, à terme, produire de l’oxygène dans les hôpitaux. Ainsi, au lieu d’acheter ces équipements, les établissements de santé pourraient simplement acheter l’oxygène de Xebec. «Ça permettrait de réduire leurs coûts», affirme son président.

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