Une remontée des cours pétroliers est à prévoir

Offert par Les Affaires


Édition du 08 Décembre 2018

Une remontée des cours pétroliers est à prévoir

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Édition du 08 Décembre 2018

Les derniers mois ont été difficiles pour les prix du pétrole. La chute a commencé dans l'Ouest canadien alors que l'aggravation des problèmes de transport et une baisse temporaire de la demande de la part de certaines raffineries américaines ont fait chuter le prix du Western Canada Select à moins de 20 $ US le baril. Le recul des cours pétroliers internationaux était initialement plus limité, mais il est devenu beaucoup plus prononcé en novembre. Le prix du West Texas Intermediate est ainsi récemment descendu aux environs de 50 $ US le baril, en recul d'environ 25 $ par rapport aux niveaux observés au début du mois d'octobre. Est-ce le début d'une nouvelle longue correction pour le marché pétrolier ?

Le sentiment très négatif manifesté sur les marchés financiers, qui affecte aussi les places boursières, et les inquiétudes à l'égard de la santé de l'économie mondiale ont certainement contribué à la baisse récente des cours pétroliers internationaux. Ce sont toutefois des développements du côté de l'offre de pétrole qui semblent surtout expliquer la chute des prix. Au début de l'automne, plusieurs observateurs craignaient que la baisse des exportations iraniennes à la suite du retour des sanctions américaines, combinée à la chute de la production du Venezuela, entraîne des problèmes d'approvisionnement sur le marché mondial. Pour contrer ces craintes de pénurie et éviter une poussée trop importante des cours pétroliers, les autres pays de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) ont toutefois réagi rapidement. Aidée en particulier par une poussée du côté de l'Arabie saoudite, la production de l'OPEP a ainsi bondi depuis la fin du printemps. Alors que la production atteint des niveaux records aux États-Unis et en Russie, le marché mondial paraît finalement très bien approvisionné.

Dans ce contexte, la décision de l'administration américaine de laisser temporairement certains pays continuer d'importer du pétrole iranien fait maintenant craindre une suroffre de pétrole. L'Agence internationale de l'énergie semble confirmer cette situation alors qu'elle estime dans son dernier rapport qu'un important surplus d'offre pourrait être observé sur le marché mondial du pétrole au cours des prochains trimestres si la production de l'OPEP demeure au niveau actuel.

Ni pénurie ni important surplus à l'horizon

L'hypothèse d'une production constante de l'OPEP ne semble cependant pas réaliste puisqu'elle suppose que les autres pays de l'organisation continueront d'augmenter leur production pour compenser toute baisse supplémentaire du côté de l'Iran ou du Venezuela. Dans un contexte où les risques de pénurie ont fait place à des risques de surplus, il n'y a aucune raison de penser que l'Arabie saoudite et ses alliés produiront davantage puisqu'ils affirment clairement que leur but est de maintenir un équilibre sur le marché mondial.

À l'image de la peur de pénurie du début du printemps, les craintes actuelles d'un surplus persistant sur le marché du pétrole nous paraissent ainsi exagérées. La baisse prévisible de l'offre en provenance de l'Iran et du Venezuela et une modération probable de la production saoudienne devraient rapidement rééquilibrer le marché mondial et entraîner une remontée des cours pétroliers.

EXPERT INVITÉ
Mathieu D’Anjou
, CFA, est économiste en chef adjoint aux Études économiques du Mouvement Desjardins.


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