Québec modifie son entente avec Rio Tinto en échange d'investissements

Publié le 25/07/2018 à 06:18

Québec modifie son entente avec Rio Tinto en échange d'investissements

Publié le 25/07/2018 à 06:18

Par La Presse Canadienne

Rio Tinto pourrait investir au moins 710 millions $ en sol québécois d'ici 2025 en vertu de modifications aux modalités de l'entente de continuité entre Québec et le géant minier australo-britannique.

La multinationale a injectera ainsi 200 millions $ dans son usine d'électrolyse Arvida, au Saguenay, afin d'y prolonger les activités jusqu'en 2025. Cela s'ajoute à un investissement de 250 millions $ annoncé en février pour sa raffinerie d'alumine Vaudreuil afin qu'elle continue de fonctionner au-delà de 2022.

Cela permettra de consolider environ 2000 emplois.

L'annonce a été effectuée mardi dans le cadre d'une conférence de presse au complexe Jonquière par la ministre de l'Économie, Dominique Anglade, et le directeur exécutif des opérations Atlantique de Rio Tinto, Gervais Jacques, notamment.

Parmi les autres projets étudiés, l'usine d'Alma pourrait faire l'objet d'investissements et le géant minier devrait ajouter 16 cuves à l'usine AP60 d'Arvida, ce qui se traduirait par une augmentation de 50 pour cent de la production annuelle, actuellement estimée à 60 000 tonnes.

«Ces deux projets représentent environ 300 millions $, a dit M. Jacques, au cours d'une entrevue téléphonique. Dans les deux cas, c'est d'ici la fin de l'année que l'on devrait annoncer si nous allons de l'avant ou pas.»

Mise à jour

La nouvelle mouture de l'entente remplace celle qui avait été conclue en 2006 entre le gouvernement Charest et Alcan, avant que celle-ci ne soit avalée par Rio Tinto. L'échéance a été prolongée de quatre ans, soit jusqu'à la fin de 2025.

D'après Mme Anglade, les nouvelles modalités permettent de s'assurer que Rio Tinto respecte ou dépasse le programme d'investissements de 2,1 milliards $ évoqué dans l'entente de 2006.

«À l'époque, ce qui était prévu, c'était la construction d'une nouvelle usine, a-t-elle expliqué, au cours d'un entretien téléphonique. Donc, nous prolongeons l'entente, garantissons les investissements et les emplois, mais il ne s'agira pas du plan initial parce que le contexte d'affaires a complètement changé.»

M. Jacques s'est montré satisfait des nouvelles conditions, puisqu'à son avis, le contexte actuel ne se prête pas à une augmentation de production de 400 000 tonnes d'aluminium, comme il était initialement prévu.

«Nous continuons à investir, a-t-il souligné. Nous le démontrons en nous tournant vers d'autres projets pour consolider notre présence, conserver nos emplois et moderniser nos actifs.»

Changements énergétiques

Rio Tinto pourra continuer de bénéficier de tarifs hydroélectriques préférentiels jusqu'à la fin de l'entente.

Toutefois, la nouvelle entente n'oblige plus Hydro-Québec à racheter les surplus d'électricité de la multinationale. En vertu d'une entente conclue avec le gouvernement québécois, celle-ci peut produire l'énergie dont elle a besoin.

«Avec les investissements à Arvida et Vaudreuil, il ne devrait pas y avoir de surplus pour Rio Tinto, a dit Mme Anglade. Mais s'il y en avait, Hydro-Québec ne serait pas tenue d'en racheter.»

Dans le contexte commercial actuel, où les exportations canadiennes d'aluminium sont frappées de tarifs de 10 pour cent à la frontière américaine, l'annonce a été accueillie favorablement par Unifor, qui représente les travailleurs d'Arvida et Vaudreuil.

«C'est un signal fort pour l'avenir des installations, des emplois et de cette industrie primordiale pour l'économie régionale et québécoise», a souligné le directeur québécois du syndicat, Renaud Gagné, par voie de communiqué.

À plus long terme, si les conditions de marchés continuent de s'améliorer, le dirigeant de Rio Tinto n'a pas écarté une deuxième phase pour l'usine d'Alma ainsi qu'une expansion des activités utilisant la technologie AP60. Actuellement, le prix de la tonne d'aluminium se négocie aux alentours de 2070 $ US, comparativement à près de 1700 $ US il y a un an.

Mme Anglade a par ailleurs assuré que la nouvelle entente de continuité n'offrait pas de répit à Rio Tinto en matière de présence québécoise, d'emploi et de développement régional.

L'entreprise continuera notamment à rendre disponible annuellement un volume d'aluminium afin de favoriser la réalisation de projets de transformation d'aluminium. De plus, le Centre de recherche et de développement Arvida poursuivra ses activités.


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