Québec à la rescousse du Lac Bloom

Publié le 08/12/2014 à 16:34

Québec à la rescousse du Lac Bloom

Publié le 08/12/2014 à 16:34

Par Suzanne Dansereau

(Photo: Bloomberg)

Un «groupe tactique» formé par des dirigeants d’Investissement Québec vient d’entrer en scène dans le but de redémarrer «le plus vite possible» la mine de fer du Lac Bloom.

C’est ce qu’a indiqué lundi le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand, lors d’un point de presse tenu en marge du Forum stratégique sur le ressources naturelles organisé par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

«Il s’agit pour nous de voir en quoi le gouvernement peut aider, à titre de partenaire», a poursuivi le ministre, ajoutant que des investisseurs étrangers examinaient eux aussi le dossier.

La mine du Lac Bloom employait près de 600 personnes lorsque son propriétaire, l’américaine Cliff Natural Resources a annoncé sa fermeture, le mois dernier. Acquise à haut prix en 2011, la mine n’a jamais été rentable, même lorsque le prix du fer s’élevait à plus de 80$US la tonne. Ces jours-ci, il oscille autour de 70$US.

Chez Investissement Québec (IQ), la porte-parole Chantal Corbeil a confirmé que le directeur général de la filiale Ressources-Québec Denis Williams, Louis Roquet, président du conseil d’administration d'IQ, ainsi que deux officiers responsables des investissements, se sont rendus à Cleveland au siège social de Cliff Natural Resources la semaine dernière pour discuter avec la direction de l’entreprise afin d’obtenir le plus d’informations possible pour un éventuel repreneur.

«Ce qu’on cherche, c’est un bon opérateur pour redémarrer la mine», a déclaré Mme Corbeil.

Mal conçue

Mais qui voudrait acheter une mine, dont le grand patron lui-même (Lourenco Goncalves) dit qu’elle n’est pas rentable et qu’elle a été mal conçue? La mine, selon M. Goncalves, a besoin d’un investissement de 1, 2 milliard de dollars pour devenir rentable. C’est le montant que coûterait sa phase, 2 qui lui permettrait de hausser la production et donc de réduire le coût unitaire. De plus, la mine a des engagements de plus de 650M$ envers le transporteur ferroviaire QNSL appartenant à la minière IOC avec qui elle a conclu une entente de transport du minerai. Les engagements ont été pris en vertu de la formule «Take or Pay», qui oblige la minière à payer des pénalités si elle n’utilise pas le transporteur.

Mais Cliffs est aussi propriétaire de terrains et d’un lien ferroviaire dans le Port de Sep-îles, de même que de la mine Wabush - en fin de vie lorsqu’elle a été fermée l’an dernier - et d’une usine de bouletage, à Sept-iles, fermée elle aussi.

Or, les actifs dans le port de Sept-îles font l’objet d’une dispute avec l’autorité du port et avec le gouvernement du Québec, car depuis le différend avec le port, Cliff bloque l’accès au nouveau quai qui doit accueillir dès l’été 2015 des bateaux de type Chinamax (des immenses navires) pouvant charger plus de minerai à moindre coût. Ce problème coûte cher aux minières comme Tata Steel qui veulent expédier du minerai de fer à un prix raisonnable. Québec menace d’exproprier Cliff si le problème n’est pas réglé. Parions que cette question pèse dans les discussions entre Quebec et Cleveland.

Des acheteurs potentiels

Par ailleurs, selon ce que Les Affaires a appris, des minières et investisseurs actifs dans la fosse du Labrador examinent actuellement les actifs de Cliffs.

Dans une entrevue publiée dans l’édition de décembre 2014 de la revue Global Mining Observer, le président de la minière Champion Iron, propriétaire du projet de mine de fer Fire Lake North près de Fermont, s’est montré intéressé par des actifs de Cliffs.

«On a l’embarras du choix», a déclaré Michael O-Keeffe, qualifiant de «festin» ce que Cliffs abandonne dans la fosse. Michael OKeeffe est un Australien qui a fait fortune lors du dernier boom minier et a acheté la minière Mamba en Australie, laquelle a été fusionnée avec Champion Iron. Cette minière étudie avec Québec la faisabilité d’un troisième chemin de fer dans la Fosse. Joint par Les Affaires, la porte-parole de Champion a indiqué que M. OKeeffe n’avait pas d’autres commentaires à ajouter.

Selon le même article, une autre minière, Alitus, serait elle aussi un partenaire potentiel. Établie à Terre-Neuve, Altius détient des propriétés dans la Fosse du Labrador (avec Century Iron Mines) de même que des royautés dans le projet Kami de Alderon, près de Fermont également.

Quant aux investisseurs étrangers, mentionnons que les chinois ( Wisco, Hebei Iron and Steel Group) indien (Tata Steel) et japonais (Mitsubishi) sont déjà présents dans la fosse du Labrador, où le fer est parmi les plus purs au monde, bien que faible en teneur.

 

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