Projet de 7 G$ au Saguenay pour exporter du gaz naturel liquéfié

Publié le 19/06/2014 à 15:26

Projet de 7 G$ au Saguenay pour exporter du gaz naturel liquéfié

Publié le 19/06/2014 à 15:26

Par Suzanne Dansereau

Un promoteur et un capital risqueur américains, associés à un ancien dirigeant de l’aluminerie Alouette annoncent aujourd’hui un projet de plus de 7 milliards de dollars (G$) visant à bâtir un grand complexe de liquéfaction de gaz naturel à Saguenay en vue l’exporter par bateau en Europe, en Asie et en Amérique latine.

Appelé «Énergie Saguenay», le projet comprend également la construction, au coût de 2 à 3 G$, d’un nouveau pipeline de 650 kilomètres pour acheminer du gaz naturel (à l’état gazeux) à l’usine de liquéfaction. Ce pipeline, espèrent les promoteurs, pourrait être installé le long du pipeline actuel de Gaz Métropolitain. Gaz Métro est d’ailleurs en train de réaliser une étude de pré-faisabilité sur le sujet. L’étude sera prête d’ici la fin de l’été.

Le promoteur américain est Freestone International, une entreprise de Palo Alto en Californie, crée voilà un an et demi. Son président fondateur, Jim Illich, est un ancien dirigeant de la firme multinationale d’ingénierie Bechtel. M. Illich a à son actif la construction d’une dizaine d’usines de liquéfaction de gaz naturel dans le monde.

Le capital risqueur est Jim Breyer, président de Jim Breyer Capital et co-fondateur de la firme de capital de risque Accel qui a investi dans Facebook et dans la start-up montréalaise Lightspeed. Ces deux hommes se sont associés à Michel G. Gagnon, ex-vice-président finances et développement des affaires chez Alouette, et ils ont créé LNG Québec, propriétaire de Energie Saguenay.

«La demande de gaz naturel va doubler d’ici 20 ans, et avec l’insécurité crée par la crise en Russie et en Ukraine, beaucoup de pays se tournent vers l’Amérique du Nord pour combler leur besoins en gaz naturel, une énergie moins chère et moins polluante que le pétrole ou le charbon» a déclaré le promoteur américain Jim Illich, lors d’une entrevue à Les Affaires.

Si le projet trouve du financement, l’usine sera de calibre internationale: elle produira 42,5 millions de mètres cubes de GNL par jour. Desnavires pouvant transporter 145 000 mètres cubes de GNL quitteraient Saguenay trois à quatre fois semaine pour alimenter les acheteurs. Le pipeline, exploité par un tiers (Gaz Metro) et financé par d’autres partenaires, s’approvisionnerait de sources diverses.

Les promoteurs de Energie Saguenay lors de la conférence de presse annonçant leur projet. 2ème à gauche: Jim Illich, président de Freestone International, Lise Castonguay, conseillère principale, communautés de LNG Québec et Michel G. Gagnon, président de

Par sa taille et le marché auquel il se destine, ce projet diffère des deux projets de liquéfaction de gaz naturel annoncés récemment au Québec. «Il est dix fois plus gros et vise principalement des marchés étrangers», explique M. Illlich. Le 18 mars dernier, la coentreprise norvégienne Stolt LNG Gaz a annoncé la construction d’une usine de liquéfaction à Bécancour pour alimenter la Côte-Nord du Québec en gaz naturel liquéfié. D’autre part, la société québécoise Tugliq est en démarche pour organiser le même genre de projet avec des partenaires, mais elle n’a pas encore finalisé le lieu de l’usine. Elle veut également couvrir le grand nord.

Pour sa part, M. Illich ne rejette pas l’idée de fournir du gaz naturel à la Côte-Nord si un partenaire veut se joindre à son projet.

Le projet de Energie Saguenay pourrait créer 1500 emplois durant la construction de l’usine, ainsi que 100 emplois directs et 300 emplois indirects durant l’exploitation. On est toutefois loin de la coupe aux lèvres. Le projet doit traverser des évaluations environnementales aux deux niveaux, fédéral et provincial, pour ensuite trouver les milliards nécessaires. Pour l’instant Energie Saguenay se concentre sur l’obtention de l’acceptabilité sociale pour son projet. Avant de présenter sa description de projet en vue des évaluations gouvernementales, il prévoit un dialogue avec toutes les parties prenantes au Saguenay: citoyens, organismes de tourisme, gens d’affaires, groupes autochtones etc. «Nous voulons que la communauté puisse avoir son mot à dire avant de présenter notre projet aux instances gouvernementales», explique M. Illich, ajoutant que c’est là une des grandes leçons qu’il a apprises avec les autres projets auxquels il a été associé. On vise 2019 pour l’ouverture de l’usine. Des partenaires financiers potentiels ont déjà été approchés de façon informelle. Energie Saguenay n’entend toutefois pas solliciter du financement de l’État, autre que les prêts ou garanties de prêts habituels auxquels des projets privés peuvent avoir accès.

 


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