Pourquoi l'hydroélectricité n'est pas verte pour le Congrès

Publié le 09/01/2010 à 00:00

Pourquoi l'hydroélectricité n'est pas verte pour le Congrès

Publié le 09/01/2010 à 00:00

Par François Normand

Le Congrès ne considère pas la grande production hydroélectrique comme une énergie renouvelable.

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Voici pourquoi, selon les nombreux spécialistes américains à qui nous avons parlé.

1 De nouveaux emplois en énergie d'abord

Si les projets de loi à la Chambre des représentants et au Sénat visent à réduire les gaz à effet de serre (GES), ils cherchent aussi à créer des emplois dans le secteur énergétique.

Avec l'exclusion de la grande hydraulique, les autres producteurs d'énergies renouvelables (énergie éolienne, solaire, géothermique et de biomasse) pourront plus facilement croître et prendre des parts de marché aux États-Unis.

La création d'emplois est un sujet sensible chez nos voisins américains, qui en ont perdu plusieurs millions depuis 2008.

2 Non au transfert de richesse entre les États

Beaucoup d'États dépourvus de ressources hydroélectriques sur leur territoire, comme le Mississippi, la Georgie ou la Caroline du Sud, ont exercé un lobby pour que le Congrès ne reconnaisse pas l'hydroélectricité comme une énergie verte.

Le cas échéant, les distributeurs d'énergie de ces États - qui produisent leur électricité à partir du charbon et dans des centrales nucléaires - auraient pu acheter leur énergie dans les États avoisinants producteurs d'hydroélectricité, ce qui aurait entraîné un transfert de richesse.

De plus, pour réduire les GES à l'échelle nationale, les États disposant de ressources hydroélectriques auraient eu moins d'efforts à déployer que ceux s'alimentant d'énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz naturel).

3 L'hydroélectricité est controversée

L'industrie hydroélectrique américaine s'est développée entre 1930 et 1970. À partir de ce moment-là, elle est devenue la cible des environnementalistes. Ils reprochent aux producteurs de saccager les rivières et l'environnement, en plus d'émettre des GES. Plusieurs démocrates au Congrès sont sensibles à ces arguments, tout comme certains républicains.

D'après une étude fournie par Hydro-Québec, la production d'énergie hydraulique avec réservoir émet presque quatre fois moins de GES que la production d'énergie solaire photovoltaïque, mais elle en émet 65 % plus que l'énergie éolienne. C'est toutefois 15 fois moins que le gaz naturel à cycle combiné (gaz acheminé sur 4 000 km) et 31 fois moins que la production au charbon (charbon acheminé sur 482 km).

Qu'à cela ne tienne, sur la côte Ouest, il y a même une tendance à restaurer des rivières. Par exemple, à partir de 2020, PaficiCorp retirera quatre barrages sur la rivière Klamath, qui procurent de l'électricité à 70 000 clients. La filière hydraulique n'est pas moribonde pour autant. Elle pourrait même doubler sa production d'ici 2030 en augmentant la puissance des centrales existantes.

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