Osisko: la Caisse aurait-elle pu faire mieux ?

Offert par Les Affaires


Édition du 12 Avril 2014

Osisko: la Caisse aurait-elle pu faire mieux ?

Offert par Les Affaires


Édition du 12 Avril 2014

Par Suzanne Dansereau

La Caisse de dépôt et placement du Québec joue un rôle singulier dans le mariage Yamana Gold-Osisko, visant à faire échec à l'offre non sollicitée de Goldcorp. La Caisse s'est en effet engagée à financer une partie de la transaction en échange d'un contrat de fourniture d'or garanti. En vertu de cette entente - qu'on appelle streaming dans le jargon minier -, elle verserait 275 millions de dollars en échange de 37 500 onces d'or par année à 42 % du prix officiel du métal précieux. C'est une première dans son histoire.

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Mais nombre d'analystes et d'actionnaires d'Osisko sont déçus par ce partenariat. Pourquoi ? Parce qu'ils se retrouvent avec 50 % de la future société, avant même que leur bébé, Osisko, n'entre dans ses plus belles années, ont-ils dit à Les Affaires. De plus, Osisko devra livrer de l'or au rabais à la Caisse - avec un rendement de 8 % garanti, alors que, dans une entente standard de streaming, rien n'est garanti. Qui plus est, la société sera endettée, car le partenariat prévoit aussi que l'Office d'investissement du Régime de pensions du Canada étendra sa ligne de crédit de 275 M$.

Au Québec, plusieurs se demandent si la Caisse n'aurait pas pu faire mieux pour garder son fleuron québécois. Au lieu de réaliser un investissement fort prudent sous forme de contrat de fourniture d'or garanti, pourquoi n'aurait-elle pas pu simplement augmenter sa participation dans Osisko sous forme d'actions ? Comme elle l'a fait par le passé avec Rona, menacée par une offre d'achat non sollicitée ? La Caisse est déjà actionnaire à hauteur de près de 5 % d'Osisko.

«La Caisse a un double mandat : réaliser un rendement et, en même temps, être un partenaire à long terme d'entreprises québécoises en démarrage, plaide un proche d'Osisko sous le couvert de l'anonymat. Au lieu de cela, elle empoche 8 % de rendement sans aucun risque et ampute les actionnaires d'Osisko de la moitié de l'entreprise. C'est le scénario du "chéri, j'ai réduit la mine". Cela dénote en tout cas que la Caisse ne croit pas en une forte remontée de l'or», conclut notre interlocuteur.

Selon nos sources, le scénario souhaité aurait été que la Caisse élève sa participation dans Osisko à 20 % et qu'on trouve un partenaire stratégique prêt à n'acheter que 40 % de l'entreprise. Sauf qu'on n'a pas trouvé ce partenaire. Aucune minière n'était prête à payer une prime d'offre publique d'achat pour ne détenir qu'une participation minoritaire dans Osisko.

Pour ce qui est de l'investissement dans Rona, on connaît la suite : la Caisse a vu le prix de l'action chuter après son implication dans le dossier.

Selon Yvan Allaire, président de l'Institut sur la gouvernance des organisations privées et publiques, cela démontre que, «si on veut vraiment protéger un fleuron québécois d'une prise de contrôle non sollicitée, il faut changer les règles du jeu».

Lors d'une conférence téléphonique avec les analystes, le 8 avril, le président d'Osisko, Sean Roosen, a dévoilé un record de production de 140 029 onces d'or au premier trimestre de 2014, d'une teneur inusitée. Ce faisant, il a tenu à rassurer ses actionnaires : «ce n'est pas vrai que le partenariat avec Yamana Gold est compliqué, il est simple ! Cette transaction est de loin supérieure à l'offre non sollicitée de Goldcorp [...] On connaît bien Yamana, et les deux compagnies ont la même culture. Nos comités sont déjà formés».

Malgré cela, bien des actionnaires d'Osisko croisent les doigts et espèrent que Goldcorp bonifiera son offre. «On serait mieux avec une légère bonification de l'offre de Goldcorp qu'avec cette entente alambiquée», a dit à Bloomberg l'analyste Joseph Fazzini, de Dundee Capital Markets. Goldcorp devrait faire connaître sa position d'ici le 15 avril.

19 445 580 - Au 31 décembre 2012, la Caisse détenait 19 445 580 actions d'Osisko, d'une valeur de près de 150 millions de dollars, et pour 36 M$ de débentures convertibles, soit un total de 191 M$.
Source : Caisse de dépôt et placement

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