Métaux 2015: pessimisme avec des éclaircies d'optimisme

Publié le 29/12/2014 à 16:38

Métaux 2015: pessimisme avec des éclaircies d'optimisme

Publié le 29/12/2014 à 16:38

Par Suzanne Dansereau

[Photo : Bloomberg]

Les investisseurs dans le fer au Canada devraient continuer d’en arracher en 2015, mais ceux qui privilégient le zinc et le nickel font face à de meilleures perspectives.


«Le zinc figure parmi les métaux ayant le mieux performé en 2014 et cela, parce qu’on s’attend à un épuisement des ressources, explique Pat Mohr, vice-présidente et spécialiste des matières premières à la banque Scotia. D’autres mines vont fermer en 2015 et en 2016. L’offre va donc continuer diminuer, tandis que la demande devrait être «raisonnablement bonne», indique Mme Mohr qui a publié le 18 décembre dernier, une étude sur les perspectives pour 2015 couvrant 22 matières premières.


D’un prix moyen de 87 cents US la livre en 2013, et de 98 cents en 2014, elle prévoit une hausse à 1,25 $ US la livre en 2015. Les Chinois, explique-t-elle, utilisent de l’acier galvanisé recouvert de zinc dans la fabrication des automobiles.


Chez RBC Marché des Capitaux. dans un document de perspectives 2015 daté du 7 décembre et signé Chris Drew, c’est le même scénario de croissance, mais à 1,10 $ US la livre.


Depuis que l’Indonésie a interdit l’exportation de son nickel non transformé en janvier 2014, la Chine s’approvisionne des Philippines. Mais son inventaire commence à baisser et on s’attend à un déficit qui donne espoir aux mines et aux projets de nickel canadien - produisant du concentré, indique Mme Mohr. De 6,80 $ la livre en 2013, à 7,67 $ en 2014, elle prévoit un prix de 9,00 $ US la livre en 2015.


Chez RBC Marché des Capitaux, on prévoit un prix spot encore plus élevé en 2015, à 10 $ US, ainsi qu’à 11,50 $ US en 2016 et 13 $ US en 2017.


Ces prévisions optimistes sont de bonnes nouvelles pour les producteurs de nickel : Mine Raglan et Nunavik Nickel au Québec, de même que Royal Nickel Canada qui cherche du financement pour un projet dont la faisabilité vient d’être complétée. 


Aluminium


Du côté de l’aluminium, la demande est en augmentation, alimentée par la volonté des fabricants dans l’aérospatiale et l’automobile de construire plus léger pour réduire les coûts de combustibles. Mais on est encore en situation de surplus, note Pat Mohr, notamment parce que la Chine bâtit de nouvelles alumineries. Sauf que l’écart entre l’offre et la demande se rétrécit, si bien qu’on prévoit une augmentation du prix de l’aluminium en 2015». Ce prix selon son étude passerait à 91 cents la livre en 2015. Il était à 84 cents US la livre en 2013, et devrait se chiffrer en moyenne à 85 cents US la livre pour 2014. Chez RBC on prévoit un prix de 95 cents US la livre en 2015. A long terme, RBC voit un prix de 1,10 $ US la livre, mais indique que cette prévision dépend du taux de croissance mondiale. « Une réduction de 1 % de la croissance ferait baisser notre prévision de croissance de 6,7 % à 5,6 % » signale Chris Drew.


Les experts sont moins optimistes à l'égard du prix du cuivre. Le marché du cuivre a été en déficit au cours des six premiers mois de 2014, mais s'est retrouvé en surplus dans la deuxième moitié de l’année, constate RBC. Pour 2015, on prévoit encore un léger surplus, mais on croit que le prix ne baissera pas sous la barre de 3 $ US la livre.


Chez Scotia, Pat Mohr prévoit que plusieurs projets vont se réaliser au Chili, Pérou, Congo, Zambie et aux États-Unis. Elle voit un prix de 3,05 $ US la livre, qui pourrait descendre sous la barre de 3 $ US en 2016.


Mais le métal qui lui inspire le moins  confiance, au point où elle préfère ne pas faire de prévisions, c’est le fer. « Sinistre » est l’adjectif qu’elle a employé lors d’une entrevue à LesAffaires.com. Tandis que le prix du fer avait grimpé à 136 $ US la tonne en décembre 2013, il a fait un plongeon à 69,10 $ US la tonne (pour du fer à 62%) lorsque le niveau des importations de la Chine a atteint son plus bas niveau en 16 ans, le 17 décembre. « La vraie histoire dans cette industrie, c’est que les grands joueurs sont en train d’expulser du marché les producteurs à coûts élevés, et ils vont réussir à le faire encore pendant un certain temps », dit-elle.


Chez BMO, dans un rapport publié le 26 novembre, on indique que la tonne de fer pourrait se vendre sous la barre de 60 $ US en 2015. Chez RBC, on prévoit un prix moyen de 80 $ US la tonne en 2015, un cours qui se maintiendra à moyen terme.


Pour ce qui est de l’or, Pat Mohr de la Banque Scotia se montre pessimiste. Elle s’attend à une devise très forte aux États-Unis, ce qui la porte à croire que le prix de l’once pourrait baisser à 1 100 $ US en 2015, alors que le prix moyen s’élevait à 1 267 $ US en 2014. Chez PwC, une firme conseil, une étude publiée en novembre dévoilait que 60 % des producteurs d’or croient que le prix du métal précieux va descendre avant de remonter. Mais il remontera. Selon une moyenne faite à partir des prévisions des producteurs interrogés, PwC établit un prix moyen de l’once à 1 266 $ US pour 2015.


Un mot sur le prix du baril de pétrole: selon Pat Mohr, à moins de 60 $ US le baril, ce cours n’est pas soutenable. Par conséquent, l’activité de forage devrait diminuer aux États-Unis et au Canada dans les prochains mois, ce qui fera remonter le prix vers le milieu de 2015.


 


 


 


 


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