Les fabricants de métaux du Québec prennent d'assaut le web

Publié le 08/11/2019 à 07:55, mis à jour le 08/11/2019 à 11:02

Les fabricants de métaux du Québec prennent d'assaut le web

Publié le 08/11/2019 à 07:55, mis à jour le 08/11/2019 à 11:02

Par Catherine Charron

(Photo: 123RF)

Pour permettre aux entreprises du secteur de la fabrication métallique d’affirmer leur présence sur le web et les réseaux sociaux, l’Alliance Métal Québec lance son Réseau de commercialisation numérique.

« La mission première du réseau, c’est d’emmener nos membres en 2019, de leur permettre d’utiliser la puissance du web pour développer leur marché, et de les accompagner là-dedans », explique d’entrée de jeu le directeur général de l’Alliance Métal Québec, Philippe Blais.

Le réseau aura deux vocations. D’une part il mettra en place une plateforme web, qui servira à la fois registre et de moyen de communication entre les entreprises répertoriées et de futurs clients. De l’autre, elle accompagnera chaque année une vingtaine d’entreprises supplémentaires qui, moyennant une cagnotte d’une dizaine de milliers de dollars, auront droit à des ressources qui développeront leur présence sur Internet.

Le réseau ne servira donc pas qu’à faire de la publicité en ligne pour les PME qui y seront archivées : il leur permettra de développer une stratégie adaptée sur le Net pour courtiser une nouvelle clientèle à l’international.

Philippe Blais, le directeur général de l'Alliance Métal Québec (Photo: courtoisie)

Pour faire partie du Réseau de commercialisation numérique de l’Alliance Métal Québec, les entreprises doivent obligatoirement exporter leur marchandise. Et c’est aux États-Unis qu’est basé l’essentiel de leur clientèle.

Après la salve de tarifs douaniers imposés par l’administration Trump pendant près d’un an, les entreprises exportatrices du secteur veulent se tourner vers d’autres horizons, comme l’Europe.

« L’outil permettra de faciliter la pénétration de nouveaux marchés, et le client éventuel pourra, à travers la plateforme, communiquer, envoyer des demandes de soumission aux entreprises », illustre le directeur général.

Pourquoi accroître leur présence sur le web ? Parce que leurs concurrents, eux, y sont bel et bien présents : « Certaines entreprises avaient près de 20 000 abonnés sur leurs réseaux, alors que les membres de notre alliance n’ont même pas de réseaux sociaux. Il y a une bonne marche à monter. »

Grâce à la force du nombre, ces entreprises qui, au paravent, n’auraient pas eu ni les ressources en temps ni la main-d’œuvre nécessaire peuvent maintenant profiter de ce que le web a à leur offrir.

Et puisque le secteur se porte bien, tout comme le reste de l’économie du Québec, c’est un moment propice pour implanter de nouvelles méthodes pour garnir les carnets de commandes selon M. Blais.

Pallier le manque de ressources

Ce n’est pas la première fois que l’Alliance Métal Québec tente d’affirmer la présence de ses membres sur le Net. Elle a d’abord tâté le terrain en 2012 en développant le site web et la stratégie de communication d’une douzaine d’entreprises du secteur de la fabrication métallique. Un échec :

« La majorité n’avait pas retouché au site. On y retrouvait encore les nouvelles vieilles de quatre ans ! On s’est bien rendu compte que l’utilisation du web n’était pas au rendez-vous », témoigne Philippe Blais.

En effet, par manque de temps et de ressources à l’interne pour alimenter leur site web, les PME glissaient cette corvée bien souvent à la fin de la liste des tâches. Un phénomène qui a pris de l’ampleur alors que les effets de la pénurie de main-d’œuvre se font de plus en plus sentir dans une industrie qui n’a pas été créée autour du numérique.

Malgré le manque de ressources en TI dans l’organigramme de ses membres — ce qui expliquerait notamment le retard accusé par le secteur dans l’adoption du web selon lui — M. Blais observe que ce vecteur de communication a gagné en popularité dans les dernières années.

Déjà en 2015, après une période plus difficile pour l’industrie, un projet de salon virtuel mis en place par le pôle transport du réseau Accord a suscité l’intérêt des fabricants de métaux, qui n’adhéraient toutefois pas au projet dans son ensemble.

Un comité formé par une vingtaine de PME s’est joint à l’Association et ses partenaires comme Export Québec pour développer un outil qui répondrait à leurs besoins, « un projet bâtit par les entreprises », tient à souligner le M. Blais.

Travailler en collaboration

Bien qu’il ait été initié par l’Alliance Métal Québec, qui travaille principalement avec des sociétés de Lanaudière, cet outil sera accessible à des membres d’autres créneaux pour promouvoir le savoir-faire d’entreprises de partout au Québec et répondre au besoin des clients qui consulteront ce registre.

Pour l’instant, une centaine de manufacturiers québécois y sont répertoriés pour couvrir tous les sous-secteurs de la fabrication métallique.

La vingtaine d’entreprises qui a collaboré au développement de l’outil ont pu profiter du service d’accompagnement complet qu’offrira le Réseau, déboursant 10 000 dollars sur deux ans. Une vingtaine d’autres s’ajoutera annuellement à cette liste à partir de 2020.

Philippe Blais souhaite que tous les secteurs d’activités du Québec puissent profiter de la formule que l'association a développée. « D’autres directions de créneau de la province suivent de près ce que l’on fait […] on va développer nos partenariats dans d’autres régions pour être près des entreprises », explique-t-il

La collaboration, au centre de la démarche du Réseau de commercialisation numérique de l'Alliance Métal Québec, s’observe même entre ses membres. Elles se côtoient de plus en plus, et développent des liens de confiance, ce qui leur permettra de se « mailler pour pouvoir soumissionner sur de plus gros contrats à l’étranger », estime le directeur général.

L’Alliance travaille maintenant à faire voyager physiquement le réseau, en présentant ses membres dans des foires commerciales un peu partout dans le monde.

Elle développe aussi un outil qui permettra aux entreprises québécoises de profiter de la réalité virtuelle pour visiter des chantiers de leur clientèle, peu importe où elle se trouve dans le monde.


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