Le premier ministre doit superviser le virage vert du Québec

Publié le 14/02/2018 à 06:00, mis à jour le 14/02/2018 à 08:51

Le premier ministre doit superviser le virage vert du Québec

Publié le 14/02/2018 à 06:00, mis à jour le 14/02/2018 à 08:51

Par François Normand

Le gouvernement du Québec doit créer un secrétariat à l’économie verte afin de mieux coordonner la transition énergétique de la province, et ce secrétariat doit de plus relever du premier ministre.

Voilà la principale conclusion du Livre blanc pour une économie verte que publie ce 14 février Écotech Québec, la grappe des technologies propres qui regroupe notamment des entreprises, des financiers et des institutions d’enseignement et de formation.

«Ça nous prend un lead coach», affirme son président et chef de la direction, Denis Leclerc, en précisant que ce secrétariat doit être intégré au ministère du Conseil exécutif, qui appuie le premier ministre et le conseil des ministres dans la direction de l’État.

Selon le rapport de 28 pages, ce secrétariat devrait élaborer une stratégie québécoise en économie verte pour la période 2020-2030.

Il devrait aussi «coordonner et accélérer l’effort national que doivent apporter les différents ministères et organismes reliés en matière d’économie verte».

Manque de cohésion et de vision

Actuellement, trop de ministères et d’organismes ont des politiques -souvent en parallèle- pour mettre en place une économie verte au Québec, déplore Denis Leclerc.

Bref, il y a un manque de cohésion et de vision.

«Il faut une meilleure synergie, davantage de coordination et plus d’action», insiste le patron d’Écotech Québec, en donnant l’exemple d’une initiative du ministère de Économie, de la Science et de l’Innovation (MESI).

Il s’agit du Plan d’action sur la croissance et les technologies propres.

Présentement en cours, ce plan vise à renforcer la compétitivité de l’industrie des technologies propres au Québec, tout en rappelant à l’ensemble des entreprises de la province l’importance d’effectuer un virage vert.

«Cette initiative est louable, mais il nous faut une stratégie d’ensemble, dotée d’un secrétariat pour son déploiement», souligne Denis Leclerc.

L’aide à l’entraide

Parmi les 17 recommandations du livre blanc, une vise à favoriser de manière beaucoup plus efficace le maillage d’entreprises dans le secteur des technologies propres.

«Ça nous prend un réseau d’entraide afin de mieux partager l’expertise et l’expérience entre pairs de l’industrie», affirme Denis Leclerc.

Actuellement, il se fait du maillage et du réseautage au Québec. Mais selon le patron d’Écotech Québec, il faut une approche qui donne «plus de portée» à cette approche.

Il donne l’exemple de deux sociétés, la française Derichebourg et la québécoise Effenco, qu’il a lui-même mis en contact, en 2015, et qui sont devenues des partenaires d’affaires.

Derichebourg Canada exploite une flotte qui fait la collecte de déchets au Québec –la multinationale est aussi présente en France, en Italie et au Maroc. Effenco a développé une technologie qui permet de réduire la consommation d’essence des camions.

La bonne technologie à la bonne place

Aujourd’hui, 80% des camions que Derichebourg exploite au Québec sont munis de la technologie Active Stop-Start, qui permet d’éliminer l’usage du moteur lorsqu’un camion est immobile (les fonctions de base sont alors alimentées par un système électrique).

«À terme, nous souhaitons que la technologie d’Effenco se retrouve dans nos véhicules de collecte en France, en Italie, au Maroc et dans le département français de La Réunion, dans l’Océan indien», dit Cyrille Nottoli, directeur des activités chez Derichebourg Canada.

Il va sans dire que le partenariat d’Effenco avec la multinationale française a donné des ailes à la PME de Montréal. «Notre chiffre d’affaires triple chaque année», affirme Benoit Lacroix, cofondateur et vice-président des ventes et du marketing.

En 2017, Effenco a réalisé des revenus d’un million de dollars canadiens. Cette année, ils devraient atteindre trois millions pour bondir à dix millions en 2019.

«J’aimerais multiplier par 100 les exemples de Derichebourg et d’Effenco!», affirme Denis Leclerc, tout en admettant qu’Écotech Québec manque de ressources pour aider beaucoup d’entreprises à nouer des liens d’affaires.

En 2014, Écotech Québec avait publié un premier livre blanc sur l’économie verte qui contenait aussi 17 recommandations. À ce jour, une majorité entre elles est en cours ou en progression, selon les observations de la grappe des technologies propres.

Denis Leclerc fonde beaucoup d’espoir pour ce second rapport sur l’économie verte, car il pourrait entraîner des retombées importantes pour le Québec si le gouvernement Couillard appliquait l’ensemble des recommandations.

Selon Écotech Québec, cela créait des emplois, favorisait l’adoption de technologies propres au Québec, augmenterait la qualité de vie des Québécois, réduirait les coûts de la santé, sans parler de la création de la richesse en exportant ces technologies.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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