Le dilemme de l'Opep

Publié le 23/10/2008 à 00:00

Le dilemme de l'Opep

Publié le 23/10/2008 à 00:00

«Nous allons réduire la production. De combien? Nous ne le savons pas. C'est là quelque chose que nous allons décider demain», a déclaré Chakhib Khelil, président de l'Organisation des principaux pays exportateurs de pétrole (Opep).

Une forte réduction de la production ferait certes remonter les prix mais ajouterait un poids de plus au ralentissement de l’économie mondiale. Ne pas réduire suffisamment la production équivaudrait à risquer des chutes de prix et brader des ressources rares.

Entretemps, les analystes tablent sur une réduction d’un million de barils par jour. Ceci équivaudrait à la réduction de la demande dans les pays de l’OCDE en raison de la récession.

Avancer des chiffres se révèle pourtant hasardeux. Car il ne s’agit pas seulement de s’entendre seulement sur des quotas mais aussi sur des cours cible. Et c’est là que, sous des allures de cartel solidaire, l’Opep cache un ensemble très disparate.

On voit d’un côté, le camp des agressifs avec en pôle position le Venezuela et l’Iran. Pour ces pays, c’est avec l’argent du pétrole que les gouvernants s’étaient permis des politiques sociales généreuses. La baisse des cours est un désaveu cinglant pour les dirigeants.

Dans le cas du Venezuela, malgré les assurances du président Hugo Chavez qui jure détenir 100 milliards de dollars américains de réserves, certains se demandent même si les réserves ne se situeraient pas plutôt aux alentours de 40 milliards de dollars américains. Et si elles sont suffisantes pour lui permettre de résister à la chute des cours.

Dans l’autre camp, l’Arabie saoudite peut survivre à une baisse des cours sans trop de dommages. Son coût de production se situerait aux alentours de 30 dollars américains. Dans le passé, l’Arabie saoudite a souvent passé outre les directives de l’Opep et a produit dépassé son quota de près de 500 000 barils par jour.

Chercher l’équilibre

En septembre dernier, quand le pétrole se transigeait à 100 dollars américains le baril, l’Opep jugeait le marché «équilibré». Depuis, la crise financière s’est aggravée et les prévisions de demande se sont tant détériorées que le baril est en chute libre.

À 67 dollars américains le baril, rien ne dit que le creux a été atteint. «Les cours de bourses des sociétés pétrolières reflètent implicitement un prix de 50 dollars américains le baril», estime Randy Ollenberger, analyste chez BMO Marché des Capitaux.

Si la réduction de la production semble imminente, l’effet d’une telle mesure sur les prix est incertain. L’Opep l’a bien vu dans les années 90 quand elle a décidé d’abandonner sa pratique de publier des prix cibles faute de les avoir atteints.

De plus, l’Opep, quoique influent, ne compte que pour 40% de la production mondiale de pétrole. En baissant unilatéralement sa production, il soutient les cours mondiaux mais se prive de revenus, aidant ainsi…les pays concurrents qui continuent pour leur part à pomper avec autant de zèle et à accumuler des réserves.

C’est pourquoi l’Opep a tenté une opération de médiation avec la Russie, un producteur de pétrole qui n’est pas membre de l’organisation. Le secrétaire général de l’Opep, Abdalla Salem el-Badri, a tenté de convaincre le président russe Dimitri Medvedev de réduire lui aussi sa production.

Mais la Russie ne s’est pas montrée très enthousiaste à emboiter le pas à l’Opep. Elle dépend de sa production de pétrole pour assurer les entrées dans les caisses de publiques.

Le défi de l’Opep sera donc double : baisser sa production sans trop ronger dans ses revenus nets et aussi….assurer la discipline dans les rangs de l’organisation. À défaut de quoi, c’est la raison d’être même de l’organisation qui pourrait être remise en question.





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