La québécoise NMG s'attaquera à un monopole de l'Asie à l'été 2021

Publié le 06/10/2020 à 15:31

La québécoise NMG s'attaquera à un monopole de l'Asie à l'été 2021

Publié le 06/10/2020 à 15:31

Par François Normand

L’Asie détient actuellement un monopole dans la production mondiale de graphite sphérique et de matériel d'anode. (Source photo: 123RF).

La minière québécoise Nouveau Monde Graphite (NOU.V, 0,28$) affirme pouvoir commencer à contester le monopole de l’Asie dans la production mondiale de graphite sphérique et de matériel d'anode pour les batteries lithium-ion destinées aux véhicules électriques à compter de l’été 2021.

«À partir de l’été 2021, on va commencer à s’attaquer au monopole de l’Asie avec des produits finis qui seront faits à 100% en Amérique du Nord, en l’occurrence au Québec», dit au bout du fil le PDG de l’entreprise, Éric Desaulniers, en marge de l’entente annoncée ce mardi avec l’américaine Forge Nano, une multinationale spécialisée en ingénierie de surface et en technologies de nanoenrobage de précision.

Fondée en 2013, Nouveau Monde Graphite est une PME québécoise qui compte parmi ses actionnaires le groupe britannique Pallinghurts (spécialisé dans les métaux pour les batteries), la Caisse de dépôt et placement du Québec, Investissement Québec et le Fonds de solidarité FTQ.

La minière détient un gisement de graphite (qui est notamment un intrant important dans la fabrication des batteries lithium-ion) sur sa propriété de Matawinie, située au nord de Joliette.

Elle exploite aussi une usine pilote qui produit du graphite à petite échelle (800 tonnes par année) pour qualifier son produit comme matériel d’anode auprès de ses futurs clients et développer une production verticale intégrée (1ière et 2e transformation) dans la filière du graphite pour les batteries lithium-ion.

Pour Nouveau Monde Graphite, cette entente avec Forge Nano —qui compte notamment dans ses partenaires et ses investisseurs le constructeur automobile allemand Volkswagen— est stratégique.

L’enrobage du graphite est la dernière étape du procédé requise pour compléter la gamme des produits finis de l’entreprise québécoise destinée aux secteurs des véhicules électriques et de l’énergie renouvelable.

Image de matériel d'anode (source Nouveau Monde Graphite)

L’entente avec Forge Nano survient quelques jours après que le président américain Donald Trump eût émis, le 30 septembre, un décret dans lequel il déclare l’état d’urgence pour créer de nouvelles sources d’approvisionnement en graphite en Amérique du Nord, tout en déplorant la dépendance des États-Unis à l'égard des importations de la Chine.

«Actuellement, 100% du graphite provient de la Chine. Il y a une préoccupation majeure en Amérique du Nord et en Europe à ce sujet», explique Éric Desaulniers, en soulignant que Nouveau Monde Graphite permettra bientôt d’offrir une nouvelle source d’approvisionnement à l’industrie — carbone neutre, qui plus est.

 

Les projets de Nouveau Monde Graphite

La minière doit faire encore des investissements pour atteindre son objectif.

D’une part, elle investira 350 millions de dollars pour construire une usine de concentrés de graphite sur le site de son gisement. Elle sera dotée à terme d’une capacité de 100 000 tonnes de concentrés par année (la minière produit en ce moment 800 tonnes par année qu’elle vend à ses clients).

La production commerciale (plus de 60% de sa capacité) devrait débuter au début de 2023, selon le PDG de Nouveau Monde Graphite.

D’autre part, l’entreprise construira aussi dans le parc industriel de Bécancour une usine (le coût n'est pas connu pour l'instant) afin de fabriquer du matériel d’anode pour les batteries lithium-ion destinées aux véhicules électriques.

«On débutera une petite production au milieu de 2021, pour lancer la production commerciale en 2023», précise Éric Desaulniers, en affirmant que la demande est de plus en plus grande pour le graphite destiné aux batteries de voitures électriques.

En 2029, l’industrie aura besoin de 2,5 millions de tonnes par année de graphite pour répondre à ses besoins, selon la firme britannique Benchmark Mineral Intelligence.

Et cela ne tient pas compte de la récente annonce du fabricant de voitures électriques Tesla. D’ici 2030, l’entreprise américaine estime qu’elle aura besoin à elle seule de 3 millions de tonnes par année de graphite pour répondre à ses besoins.

 

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