Dollar canadien : la tempête n'est pas terminée

Publié le 24/12/2008 à 00:00

Dollar canadien : la tempête n'est pas terminée

Publié le 24/12/2008 à 00:00

Nos experts se prononcent :



Échaudés par le recul spectaculaire du huard, qui a perdu 30% en six mois, les experts ne se hasardent pas à des prévisions trop optimistes.

«Une économie qui se détériore et de futures baisses dans les prix des matières premières peuvent encore entraîner le dollar canadien vers le bas», avertit William Tharp de Dundee Securities.

De plus, une inconnue de plus est apparue avec la crise du secteur automobile qui menace près d’un demi-million d’emplois au Canada. «La perspective d’un effondrement du secteur automobile est un facteur qui pèse sur la valeur du dollar américain et canadien», pense Sherry Cooper, économiste en chef à la BMO.

Au chapitre des fondamentaux susceptibles d’entrainer la devise vers le bas, on relève aussi les indicateurs macro-économiques. «Tous les facteurs favorables au dollar canadien, tels les prix de l’énergie ou les excédents commerciaux et budgétaires, ont été éliminés un à un», fait remarquer Dominique Brodeur, directeur principal du pupitre devises à la Banque Nationale.

Pourtant, malgré ce portrait sombre, tout n’est pas perdu pour le dollar canadien.

Pris en étau

«Le dollar canadien est pris en étau entre deux forces. La première est la demande mondiale pour les matières premières dont tout porte à penser qu’elle restera faible pour encore un certain temps. De l’autre, par le dollar américain pour lequel on peut difficilement être optimiste», pense Doug Porter, économiste à la BMO.

En effet, le dollar américain s’est fortement apprécié en 2008 car de nombreux investisseurs ont été contraints d’acheter du dollar pour répondre à des appels de marge sur des placements qui se dépréciaient. Mais à plus long terme, ce sont les fondamentaux de l’économie américaine qui reprendront le dessus.

«Le déficit budgétaire américain devrait atteindre 1000 milliards de dollars, soit 7% du PIB. Et on peut se demander si ce déficit ne va pas être reproduit d’une année à l’autre», relève Doug Porter.

Au début de décembre 2008, les économistes des Nations-Unies avertissaient contre une correction trop rapide du dollar américain qui pourrait affaiblir encore les marchés financiers.

On s’attend donc à une appréciation naturelle du dollar canadien par rapport au billet vert. Quant à un raffermissement du huard par rapport aux autres devises, il faudra attendre une véritable reprise de la croissance mondiale qui stimulerait la demande pour les matières premières canadiennes.

Faiblesse temporaire?

Les différentes forces entrant en jeu pourraient entrainer le dollar canadien dans un mouvement baissier dans un premier temps.

«Nous estimons que le dollar canadien demeurera sous pression dans les prochains mois et pourrait toucher un nouveau creux au premier semestre de 2009», dit Craig Wright, économiste en chef à la RBC. «La devise canadienne pourrait gagner de la vigueur à la fin de 2009 quand les fondamentaux reprendront le dessus sur les facteurs cycliques», ajoute-t-il.

Mais attention, cette remontée ne porterait le dollar canadien qu’à 80 cents américains à la fin de 2009 et à 87 cents à la fin de 2010, selon les estimations de la RBC.

L’économiste principal de la Banque Nationale, Yanick Desnoyers, n’exclut pas non plus des phases de faiblesse pour le huard, mais il pense que la devise devrait se stabiliser vers son point d’équilibre, soit 83 cents américains.

Plus optimiste, François Bélanger, spécialiste des devises à la BMO, voit, pour sa part, le dollar canadien devrait revenir à 87 cents américains dès le premier trimestre de 2009. Mais il ne prévoit pas de retour à la parité de si tôt.


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