Climat: Québec doit aller plus vite pour éviter l'explosion des coûts

Publié le 30/08/2018 à 14:19

Climat: Québec doit aller plus vite pour éviter l'explosion des coûts

Publié le 30/08/2018 à 14:19

Par François Normand

(Photo: 123rf.com)

Le Québec progresse dans sa lutte aux changements climatiques, mais c’est nettement insuffisant. Le prochain gouvernement doit donc «accélérer le pas» afin d’éviter une explosion des coûts sur la santé publique et les infrastructures.

Voilà la principale conclusion d’un nouveau rapport de l’Association québécoise de la production d’énergie renouvelable (AQPER), dont Les Affaires ont obtenu copie.

Les changements climatiques engendrent déjà des coûts au Québec, notamment en raison des inondations et de l’érosion des berges. Mais ces coûts pourraient atteindre près d’un milliard de dollars d’ici 2064, selon les estimations du consortium Ouranos.

Ainsi, le gouvernement devra débourser 372 millions pour les impacts liés à la chaleur, 359 M$ pour les allergies causées par le pollen, 61 M$ pour la maladie de Lyme ainsi que 35 M$ pour le virus du Nil occidental.

«Scientifiques et financiers sont unanimes : si nous n’agissons pas rapidement, les coûts des changements climatiques ne cesseront d’augmenter au point de bouleverser l’économie», souligne le rapport de l’AQPER.

Le Plan d’action 2013-2020 sur les changements climatiques prévoit que le Québec réduise, d’ici 2020, ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 20% par rapport aux niveaux de 1990.

Or, le Québec traîne la patte : à ce jour, il n’a atteint que la moitié de cet objectif à deux ans de l'échéance de 2020, déplore l’AQPER.

Les objectifs que le Québec s’est fixés dans le cadre de l’Accord de Paris sont tout autant ambitieux :

-réduction de 40% de la consommation de produits pétroliers.

-augmentation de 25% de la part des énergies renouvelables dans la production totale d’énergie.

-hausse de 50% de la production de bioénergie.

Dans son rapport, l’association recommande 30 mesures pour tenter de corriger le tir, regroupées en trois grands axes.

1.Valoriser les surplus d’Hydro-Québec dans l’économie québécoise

L’AQPER souligne que les surplus d’Hydro-Québec représentent des occasions d’affaires pour accroître les exportations d’énergie, mais aussi pour mieux développer l’économie québécoise.

Mais dans le même temps, l’association dénonce le fait que la société d’État semble ne plus avoir de surplus lorsque des demandes lui sont présentées.

«Il est singulier de voir qu’Hydro-Québec déclare qu’elle est en situation de surplus, mais fait valoir qu’elle est en situation de déficit quand elle a reçu des demandes de raccordement provenant de centres de calcul qui reposent sur une technologie émergente, les chaînes de blocs», peut-on lire noir sur blanc dans le rapport.

2.Créer un meilleur climat d’affaires pour les énergies vertes

Les politiques publiques seront le nerf de la guerre - plus que la taille de notre marché domestique – afin d’inciter des entreprises et des financiers étrangers à investir dans les projets d’énergie renouvelable au Québec, selon l’AQPER.

C’est pourquoi l’association propose entre autres à Québec d’implanter une norme de teneur minimale obligatoire de 10% d’éthanol dans l’essence (E10) et de 2% dans le diesel (B2) pour 2020, de même que de 5% pour le gaz naturel «vert» dans le gaz vendu en 2025.

3. Intensifier les efforts de réduction des émissions de GES

La décarbonisation du secteur des transports (responsable de 41,7% de nos émissions de GES en 2015) sera le principal défi du Québec pour espérer atteindre plus rapidement ses cibles de réduction de GES, selon l’AQPER.

Des réductions peuvent aussi être faites ailleurs, dans un contexte où le coût de revient des technologies solaires, éoliennes et des batteries diminue.

Selon Bloomberg, les gains d’efficacité de ces technologies avoisinent les 15% par année.

 

 


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