Anticosti, un eldorado de l'or noir ?

Publié le 17/09/2009 à 00:00

Anticosti, un eldorado de l'or noir ?

Publié le 17/09/2009 à 00:00

Anticosti, la plus grande île de la province, pourrait bien être assise sur une petite mine d’or… noir. En fait, celle-ci se trouve à l’extrémité nord-est d’une plateforme – qui borde le front des Appalaches jusqu’au Texas – détenant plusieurs champs d’hydrocarbures de classe mondiale, explique Bernard Granger, chef-géologue chez Pétrolia, une des quatre entreprises qui se partagent les permis d’exploration de l’île.

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Non loin de là, les récentes découvertes de pétrole à l’ouest de Terre-Neuve, sur la péninsule de Port-au-Port, dénotent d’un contexte géologique favorable. Ceux de Garden Hill renfermeraient entre 70 et 130 millions de barils de pétrole, pour une production quotidienne atteint 8000 barils. Dans cette perspective, le « bassin d’Anticosti » serait très prometteur, selon le scientifique.

Mais il y a loin de la coupe aux lèvres. Même si une quinzaine de forages ont été effectués (Shell, Hydro-Québec, Corridor Ressources...) au cours des dernières années et que l’exploration sismique continue d’avoir cours, on en reste à l’étape de collecte de données.

Seulement quelques forages récents ont été implantés dans le but de valider cette nouvelle thématique d’exploration. Des forages qui ont démontré la présence de réservoirs de type hydrothermal dont certains possèdent des caractéristiques exceptionnelles.

« Nous avons découvert des roches-réservoirs », élément essentiel à la création de sites propices à l'activité pétrolière, explique Bernard Granger. Car voilà, pour constituer une matière première intéressante à exploiter, les hydrocarbures doivent migrer et se concentrer dans un réservoir poreux et perméable. La roche-réservoir en est un. Reste maintenant à savoir si celles d'Anticosti contiennent le précieux liquide.

Pétrolia a l'oeil sur Anticosti

En entrevue avec LesAffaires.com, André Proulx, président de Pétrolia, se montre optimiste : « En mai 2008, nous voulions commencer à forer pour vérifier le potentiel ». Mais son partenaire canadien Corridor Ressources s'est désisté à la dernière minute. Ce n’est que partie remise, assure-t-il. Pour preuve, il vient de renouveler ses permis d’exploration sur l’île pour une période de dix ans, le temps nécessaire pour colliger les informations afin de déterminer le réel potentiel géologique de la région.

Pétrolia entretient des ambitions notables et Anticosti en fait partie. La semaine dernière, alors qu’elle annonçait le forage en Gaspésie de ce qui pourrait être le premier puits de pétrole commercial de la province, l’entreprise de Rimouski a souligné ses ambitions commerciales. D'ici 4 ans, Pétrolia désire produire jusqu'à 5 % de la consommation de pétrole du Québec, ce qui devrait représenter une production d’environ 20 000 barils par jour.

Junex ne mise plus sur Anticosti

L’engouement pour Anticosti n’est cependant pas partagé par Junex. L'entreprise qui détient de nombreux permis sur l’île a remisé ses ambitions pétrolières dans la région. « À moyen – voire à long terme – nous ne comptons pas y exécuter des activités d'exploration », indique Jean-Yves Lavoie, pdg de la société, indiquant qu’il préfère se concentrer sur le gaz découvert entre Montréal et Québec.

Le reste du Québec

Rappelons qu’au cours des 10 dernières années, c’est près de 100 millions de dollars qui ont été dépensés en exploration au Québec. Une reprise attribuable aux découvertes effectuées dans des bassins avoisinants ayant un contexte géologique similaire à ceux observés au Québec.

Depuis 1995, le nombre d’hectares sous permis d’exploration a septuplé, passant d’un million d’hectares à plus de sept millions. Mais force est de constater que ce regain n’est aucunement comparable aux activités d'exploration effectuées dans les provinces où le potentiel en hydrocarbures est reconnu.

Environ 350 puits ont été creusés, mais aucun n’a obtenu un rendement pouvant être qualifié de commercial. À ce jour, les résultats des recherches effectuées sur le territoire québécois ont permis de découvrir quatre gisements, dont trois de gaz :

• Saint-Flavien, situé à environ 50 kilomètres au sud-ouest de Québec (gaz);
• Pointe-du-Lac, situé à l'ouest de Trois-Rivières (gaz);
• Galt, situé près de Gaspé (gaz);
• Haldimand, situé près de Gaspé (pétrole).

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