Analyse : peut-on encore investir dans les ressources naturelles?

Publié le 05/09/2008 à 00:00

Analyse : peut-on encore investir dans les ressources naturelles?

Publié le 05/09/2008 à 00:00

Investir dans le secteur de l’énergie et des matériaux, c’est oser un pari sur la croissance mondiale. Or, à chaque nouvelle publication de prévisions économiques les perspectives pour l’année 2009 s’assombrissent.

Cependant, pour l’heure, la crainte de récession mondiale se voit davantage dans les niveaux des indices boursiers que dans les cours des matières premières. Le pétrole faiblit légèrement à 107,45 dollars américains le baril mais reste au dessus du seuil psychologique de 100 dollars américains.

Certes, les prix du pétrole ou encore de l’or ont corrigé de leur pic de juillet 2008 mais restent pour la plupart plus élevés que leurs niveaux de l’année passée. Ils sont soutenus par l’idée selon laquelle toute baisse de demande de la part des États-Unis serait compensée par une augmentation de la demande des pays émergents et notamment de la Chine.

Découplage?

De nombreux analystes sont maintenant refroidis de cette hypothèse. «Les exportations comptent pour 40% du PIB de la Chine. Je ne vois pas comment la Chine être découplée alors que le commerce mondial fléchit», soutient Clément Gignac, stratège et économiste en chef à la Financière Banque Nationale.

C’est aussi l’avis de Jacques Chahine, économiste pour Factset. «La Chine est moins touchée pour le moment mais nous pensons que l’état de santé de ses gros clients ne peut la laisser intacte», dit-il.

Ces économistes prédisent l’éclatement de la bulle des matières premières. «L’éclatement de la bulle aura raison de la santé insolente des pays exportateurs de pétrole, dont la Russie», ajoute Jacques Chahine. «2009 va marquer le fonds de la crise»,ajoute-t-il.

Les analystes à contre-courant

Les prévisions des économistes semblent pourtant laisser les analystes spécialistes de ce secteur de marbre. «Nous allons vers une période longue de croissance très faible», pense Martin Roberge, spécialiste des matériaux chez Dundee Securities.

Il pense que les conditions monétaires soutiennent encore la croissance dans les pays de l’OCDE, que le dollar américain est encore faible alimentant les exportations et que les pays émergents investissent toujours autant. À cela s’ajoute la hausse de productivité «très méconnue» des sociétés de ces secteurs et la dépréciation du dollar canadien qui dope les bénéfices.

Martin Roberge anticipe un cours du pétrole qui évoluerait, au mieux, à l’horizontale mais sur des actions du secteur de l’énergie et des matériaux en hausse.

Cet analyste n’est pas prêt à se départir des actions de compagnies de ce secteur. « Les analystes n’ont jamais utilisé les cours aussi élevés que 147 dollars pour le baril de pétrole dans leurs estimations de bénéfices. Celles-ci restent donc d’actualité malgré la correction des cours des matières premières. La baisse récente des multiples d’évaluation n’est pas à son avis un piège de valeur», écrit-il.

Même son de cloche à la BMO où Randy Ollenberger, analyste, souligne que les actions du secteur des producteurs de pétrole et de gaz reflètent des estimations de prix des matières premières «bien inférieures» à leur cours actuel.

Martin Roberge ajoute que «à chaque fois que les cours du pétrole ont connu une correction depuis 2000, les actions du secteur de l’énergie ont affiché de meilleures performances que le pétrole lui-même».

Ces deux analystes recommandent de surpondérer les portefeuilles de titres du secteur de l’énergie.

Le pétrole enflamme les analystes

On ne peut parler du pétrole sans oublier, dans le camp des optimistes, les irréductibles de la hausse du prix du baril. Jeff Rubin, économiste en chef à la CIBC, en est le plus farouche défenseur. Il recommande de surpondérer le secteur de l’énergie et des matériaux.

Dans sa dernière note du mois d’août, il persiste et signe, estimant que, si la baisse de la demande ne fait pas débat, les investisseurs oublient qu’elle est compensée par une réduction de l’offre.

Dans ce camp, on retrouve aussi Morgan Stanley qui a réitéré son estimation de baril à 150 dollars américains.

Cependant, la CIBC et Morgan Stanley apparaissent cependant de plus en plus isolés...

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