Afrique du Sud: 30 grévistes tués dans une mine en partie détenue par Xstrata

Publié le 17/08/2012 à 06:19, mis à jour le 17/08/2012 à 06:47

Afrique du Sud: 30 grévistes tués dans une mine en partie détenue par Xstrata

Publié le 17/08/2012 à 06:19, mis à jour le 17/08/2012 à 06:47

Par AFP

Le bilan exact de la fusillade de Marikana est encore inconnu. Photo: Bloomberg

Plus de trente personnes ont été tuées jeudi lorsque la police a ouvert le feu contre des mineurs grévistes armés à la mine de platine Lonmin de Marikana, dans l'une des interventions policières les plus meurtrières en Afrique du Sud depuis la chute de l'apartheid en 1994.

Trente-six morts selon le syndicat des mines NUM, "plus de 30" selon le ministre de la Police Nathi Mthethwa. Ces bilans, donnés vendredi matin, s'ajoutent aux dix morts dans les violences entre syndicats survenues depuis dimanche sur ce site minier exploité par la société Lonmin, où plusieurs centaines de grévistes réclamaient d'importantes augmentations de salaires.

"De mémoire, nous n'avons jamais rien vu d'une telle ampleur" depuis la chute de l'apartheid et l'avènement de la démocratie en 1994, a affirmé à l'AFP Daniel Silke, analyste en sciences sociales.

"Je pense que c'est un signe d'une grande tension sociale en Afrique du Sud", marquée par de violentes rivalités entre syndicats, ajoute-t-il.

La police a ouvert le feu jeudi après-midi sur un groupe de mineurs armés de machettes, de gourdins, de barres de fer et d'armes à feu. Ils refusaient de se disperser après avoir rejeté un ultimatum de la direction de la mine, qui leur intimait l'ordre de reprendre le travail sous peine de licenciement.

Selon des sources concordantes, cette poussée de fièvre a été provoquée en partie par la surenchère du syndicat AMCU, dissident du puissant syndicat NUM, qui a promis aux mineurs de négocier un triplement de leurs salaires.

"Il y a eu très peu d'amélioration dans la vie des gens depuis des décennies, souligne Daniel Silke, et le gouvernement n'a pas été capable de faire face à cette frustration".

Le ministre de la Police, qui est apparu très affecté, a déploré cette explosion de violence, rappelant que les forces de l'ordre avaient négocié pendant trois jours avec les grévistes.

"Ceci ne devait pas arriver, a-t-il dit, nous avons toujours insisté sur le fait que nous avons des lois dans ce pays, qui permettent aux gens de faire grève, de se rassembler pour manifester, et nous pensons que les gens ne doivent pas ignorer ces piliers de notre système (...) c'est une situation terrible pour tout le monde".

Peu avant, un porte-parole de la police sur place avait affirmé que les forces de l'ordre n'avaient pas eu le choix. "La police a été attaquée lâchement par le groupe, qui a fait usage d'armes variées, dont des armes à feu. Les policiers, pour protéger leur vie et en situation de légitime défense, ont été obligés de répondre par la force".

Le président sud-africain Jacob Zuma a également déploré ces violences: "Nous croyons qu'il y a assez de place dans notre système démocratique pour que les différends soient résolus par le dialogue, sans violation de la loi et sans violence".

"J'ai donné instruction aux responsables des forces de l'ordre de faire tout leur possible pour reprendre le contrôle de la situation et pour amener les auteurs de violences devant la justice", a ajouté le chef de l'Etat.

À suivre dans cette section


image

Usine 4.0

Mardi 24 septembre


image

Marché du cannabis

Mercredi 23 octobre


image

Service à la clientèle

Mercredi 23 octobre


image

Communication interne

Mardi 26 novembre


image

Gestion de la formation

Mardi 03 décembre


image

Marché de l'habitation

Mercredi 04 décembre


image

Sommet Énergie

Mardi 21 janvier


image

Santé psychologique

Mercredi 22 janvier


image

Forum Contrats publics

Mardi 11 février

À la une

Les entrepreneurs, ces héros

Édition du 21 Septembre 2019 | Marine Thomas

ÉDITO. It’s lonely at the top. Qu’on le veuille ou non, la dynamique change lorsqu’on grimpe les ...

Pour une intervention sensée en santé mentale

Édition du 21 Septembre 2019 | Simon Lord

DROIT DES AFFAIRES. Une des fortes tendances en matière de relations de travail cette année est celle des cas...

Catherine Dagenais, la première femme à la tête de la SAQ

18/09/2019 | Karl Moore

BLOGUE INVITÉ. «N’hésitez pas à vous lancer, à dire à vos supérieurs ce que vous voulez apprendre», dit Mme Dagenais.