L'avenir du Saguenay-Lac-Saint-Jean serait menacé sans GNL Québec

Publié le 10/12/2020 à 08:21

L'avenir du Saguenay-Lac-Saint-Jean serait menacé sans GNL Québec

Publié le 10/12/2020 à 08:21

Par La Presse Canadienne
Une image de la centrale

C'est ce que clament des partisans du projet de terminal gazier GNL Québec. (Photo: courtoisie)

Les partisans du projet de terminal gazier GNL Québec contre-attaquent: selon eux, l’avenir du Saguenay–Lac-Saint-Jean est menacé si le projet ne se réalise pas. 

Au lendemain de la présentation d’une pétition de plus de 110 000 noms contre ce chantier industriel controversé à Saguenay, ceux qui appuient le projet ont tenu à livrer un message au gouvernement Legault devant l’Assemblée nationale.

Rappelons que le projet GNL Québec consiste en la construction d’un gazoduc de 750 km transportant du gaz naturel de l’Ouest, à partir de l’Ontario, jusqu’à une usine de liquéfaction à Saguenay, pour acheminer ensuite le gaz naturel liquéfié (GNL) à l’étranger par bateau.

Selon les partisans, la majorité de la population au Saguenay–Lac-Saint-Jean soutient le projet et la décision ne doit pas appartenir à des écologistes montréalais. 

Les militants du groupe GNL Sag−Lac plaident donc qu’il faut diversifier l’économie de la région avec ce méga−projet, pour ne plus dépendre du géant de l’aluminium Rio Tinto 

« La démographie dans la région est à la baisse depuis 30 ans, c’est le temps qu’il se passe quelque chose chez nous », a plaidé le porte-parole du groupe GNL Sag−Lac, Yvon Laprise. Sa page Facebook compte 37 000 abonnés. 

« Si ce projet ne passe pas, je ne pense pas que, demain matin, d’autres investisseurs viendront dans la région. La région est menacée. On a juste une locomotive de l’économie, c’est Rio Tinto. Demain matin, Rio Tinto ferme, on fait quoi? »

M. Laprise a indiqué que le « momentum » est toujours aussi bon pour le projet,  même si des dirigeants ont quitté le navire et que le financement de plus de 10 milliards $ n’est pas assuré. 

À ses yeux, il faut justement un tel projet pour assurer une reprise économique après la pandémie et payer une dette publique colossale. 

M. Laprise a assuré que ni lui ni son groupe n’est financé par le promoteur de GNL Québec. Il n’est pas en contact avec l’équipe du promoteur non plus. Il a précisé qu’il « parle beaucoup » avec Éric Tétrault, le président de l’Association de l’Énergie du Québec, « qui m’alimente beaucoup », a-t-il précisé. 

Le porte-parole du regroupement a affirmé que 85 % de la population de la région est « favorable » ou « potentiellement favorable » au projet, en citant un sondage Segma réalisé en septembre et financé par le promoteur du projet, Énergie Saguenay.  

M. Laprise a par ailleurs balayé les risques environnementaux soulevés par les opposants au projet. Rappelons qu’ils évoquent les millions de tonnes de gaz à effet de serre (GES) générés sur l’ensemble de la filière, de l’extraction des sables bitumineux jusqu’à leur combustion. Également, on s’inquiète de la hausse considérable du trafic maritime dans le fjord, qui nuirait à la population de mammifères marins déjà à risque.  

Le porte−parole du groupe de partisans dit toutefois qu’il respectera les conclusions du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), qui a tenu des audiences et qui doit déposer un rapport.

« Si le BAPE dit que c’est néfaste et voit des choses que je n’ai pas vues, je vais fermer ma page Facebook », a-t-il dit. 

Rappelons que mardi, une pétition de plus de 110 000 signataires opposés au projet a été présentée par plusieurs groupes écologistes, dont Greenpeace.  

Le premier ministre François Legault a souvent exprimé son appui au projet, tout en ajoutant qu’il devait passer le test de l’acceptabilité sociale. Sa ministre du Développement régional, Marie-Eve Proulx, était allée un peu plus loin en affirmant que « tout le monde est d’avis que le projet peut apporter énormément pour l’économie des régions ».

 

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