Henry Paulson change de cap

Publié le 12/11/2008 à 00:00

Henry Paulson change de cap

Publié le 12/11/2008 à 00:00

«La situation a changé et les conditions économiques financières se sont empirées», soutient Henry Paulson pour justifier ce virage alors que le Congrès lui avait donné le feu vert pour acheter des actifs invendables. Cette première proposition, dit Henry Paulson, n’aurait pas été aussi efficace.



Ces changements au programme constituent un écart considérable par rapport à la nature des mesures présentées au Congrès lors de l’adoption du plan. Henry Paulson se défend d’avoir induit le Congrès en erreur en septembre dernier.



«Je ne m’excuserai pas pour avoir changé de stratégie alors que le contexte a changé. J’aurais eu à m’excuser si je n’avais pas changé de stratégie quand les faits ont changé», lance-t-il.



Désormais, les 700 milliards de dollars américains disponible en en deux tranches de 350 milliards chacune, seront déployés différemment.


Atteindre les institutions financières non-règlementées



Un montant de 250 milliards de dollars américains a déjà été identifié pour être investi dans des actions privilégiées de banques réglementées, consolidant ainsi leur capital et leur permettant de prêter davantage.



Henry Paulson veut désormais élargir l’accès à ces fonds aux institutions financières qui ne sont pas des banques et qui ne sont pas réglementées. Une telle ouverture implique que les fonds seront investis de manière plus risquée, réduisant ainsi le degré de protection pour le contribuable.


Réduire les saisies immobilières



Le Trésor veut aussi aider directement les emprunteurs aux prises avec des remboursements trop élevés pour leur budget afin de prévenir les saisies immobilières. Ceci implique une forme de «subvention» à ces emprunteurs ou aux banques concernées. Les fonds seront donc dépensés tout de bon sans possibilité de retour sur investissement pour le contribuable.


De plus, les fonds du plan de sauvetage seront aussi utilisés pour tenter de remettre à flots le marché des titres adossés à des actifs. Ce marché, dont dépend 40% des prêts aux consommateurs, est désormais inerte, les investisseurs s’en méfiant comme de la peste.


Enfin, Henry Paulson veut se garder une marge de manœuvre pour répondre rapidement aux risques systémiques qui, dit-il ne sont pas écartés.


Une autre solution pour le secteur automobile


En revanche, les fonds ne seront pas utilisés pour venir en aide à l’industrie automobile. «Tel n’est pas l’objectif du fonds qui a été mis sur pied pour soutenir le secteur financier uniquement» souligne le secrétaire au Trésor.


Toutefois, si le Congrès voulait venir en aide à ce secteur, des fonds fédéraux pourraient être disponibles après un amendement à la loi 136 qui a déjà été votée à cet effet. L'administration insistera toutefois pour que les aides visent à promouvoir une solution de long terme pour ce secteur.


Malgré ces changements, Henry Paulson estime que les 700 milliards de dollars américains seront suffisants pour lui permettre de juguler la présente crise.


Au G20 en trainant les pieds



L’administration américaine se prépare aussi à la réunion des pays du G20 qui se tiendra à Washington à partir du 15 novembre. Perçue en Europe comme un «nouveau Bretton Woods», cette rencontre a pour but de réformer le système financier mondial.



«Avant de nous engager dans des réformes, nous devons être en mesure de comprendre la nature des problèmes. Or, nous ne pouvons pas y prétendre tant que la crise ne sera pas totalement révolue», affirme Henry Paulson. Il concède toutefois que des avancées pourront être faites sur le plan de certains aspects de la réglementation.



Tout en admettant les faiblesses de la réglementation américaine qui ont conduit à la crise, Henry Paulson se refuse à analyser la crise sous l’angle de la régulation uniquement. Il veut aussi que les débats portent sur les déséquilibres financiers mondiaux qui ont certes porté les Américains à surconsommer, mais qui ont aussi induit les pays asiatiques et les exportateurs de pétrole à sous-consommer.


Ces déséquilibres se sont traduits par des excès de capitaux à la recherche de rendement supérieur, menant à une prise de risque excessive.



«Si on ne tient pas compte de ces aspects de la crise, les pressions financières se reconstitueront d’une façon ou d’une autre engendrant une autre bulle quelque part ailleurs», avertit-il.


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