Analyse: Astral Media est en bonne position pour rebondir

Publié le 11/09/2008 à 00:00

Analyse: Astral Media est en bonne position pour rebondir

Publié le 11/09/2008 à 00:00

Par Dominique Beauchamp

Grâce à sa gestion rigoureuse, à sa première position en radio et à la popularité de ses chaînes de télévision spécialisées, Astral Media demeure le média canadien le mieux placé pour émerger sans trop de mal du ralentissement économique.


Déjà, le titre bénéficie d'un retour des investisseurs qui avaient boudé le secteur des médias pendant la montée en flèche des prix de plusieurs denrées, dit Marie-Ève Savard, analyste chez Investissements Standard Life. Il a rebondi de 19% après avoir atteint un plancher d'un an de 25,76 dollars le 15 juillet.


Le titre d'Astral Media reste bon marché, s'échangeant à 10,5 fois le bénéfice par action de 2,91 dollars prévu en 2009.


Pour l'exercice annuel terminé en août, dont les résultats seront publiés à la fin d'octobre, les analystes prévoient une croissance de 12% du bénéfice par action; pour 2009, la croissance prévue est de 10%.


Les analystes croient que le radiodiffuseur poursuivra sa croissance rentable une fois que les effets du ralentissement s'estomperont. Trois d'entre eux jugent que son titre peut s'apprécier de 13% à 27% d'ici 12 mois.


Plus prudente, Monique Malo, gestionnaire chez CIBC Gestion globale d'actifs, estime pour sa part que le ralentissement pèsera sur les revenus publicitaires d'Astral en 2009. Elle établit un cours cible d'un an de 34 dollars. «Je m'attends à ce que le titre affiche un meilleur rendement que le marché, mais il ne s'appréciera pas beaucoup», précise Mme Malo.


Quant à la direction de l'entreprise, elle a accru le dividende annuel de 25%, à 50 cents en décembre 2007, et a récemment doublé la taille du rachat d'actions à 5% des actions en circulation, dit Mme Savard.


«Sa croissance est moins rapide qu'avant, mais elle possède les bons médias, les gère bien et dispose d'un bon bilan. C'est un exploitant solide dans une industrie en défaveur», dit Carl Bayard, analyste chez Genuity Capital.


Astral tire de 45% à 50% de ses revenus des abonnements à ses chaînes de télévision spécialisées que prélèvent pour elle les câblodistributeurs et les exploitants de télévision par satellite. Cela rend ses revenus moins sensibles à l'humeur des annonceurs que d'autres médias.


Des obstacles à franchir


Pour que son titre progresse de façon durable, Astral Media doit toutefois franchir certains obstacles, dit M. Bayard.


Les financiers aimeraient notamment voir le nombre des abonnés à ses six canaux de télévision payante croître plus rapidement, car ces chaînes lui procurent encore 20% de son bénéfice d'exploitation.


Au troisième trimestre, la croissance de ses abonnés à la télévision payante n'a été que de 2%, en rythme annuel. «L'ère des taux de croissance de 7% à 8 % est révolue, mais une progression de 5 % des abonnements est réaliste», précise M. Bayard.


Le retour en ondes de séries populaires, comme Entourage et Dexter, après la grève des scénaristes aux États-Unis, devrait attirer des auditeurs, dit Adam Shine, analyste à la Financière Banque Nationale.


La relance du titre d'Astral dépendra aussi des effets de la première refonte en 15 ans des règles que le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) impose aux radiodiffuseurs, attendue en octobre.


Si le CRTC se plie aux demandes des télédiffuseurs généraux qui veulent aussi toucher des redevances de diffusion pour leurs chaînes, la facture mensuelle du câble ou de la télévision par satellite pourrait grimper de 5 dollars.


«Une telle hausse inciterait des abonnés à éliminer la télévision payante de leur forfait pour réduire leur facture. Ou encore, les câblodistributeurs pourraient enlever certaines chaînes des forfaits pour atténuer la hausse des tarifs», dit M. Bayard. Tant que cette menace pèsera sur l'industrie, la relance du titre d'Astral sera laborieuse, selon lui.


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