Pierre Karl Péladeau : le modèle Vidéotron pour ses médias

Publié le 18/11/2009 à 06:34

Pierre Karl Péladeau : le modèle Vidéotron pour ses médias

Publié le 18/11/2009 à 06:34

Pierre Karl Péladeau. Photo: LesAffaires.com

La crise qui affecte les médias écrits ressemble à celle qui a affecté et qui continue d’affecter les télécommunications, et c’est en s’inspirant des solutions apportées dans ce secteur qu’il sera possible d’y survivre.

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C’est ce qu’est venu dire le pdg de Quebecor, Pierre Karl Péladeau, au cours d’un colloque intitulé Dialogues organisé par la Caisse de dépôt et placement du Québec.

«Je suis confiant que nous pourrons opérer avec les médias écrits et traditionnels la révolution que nous avons opérée avec succès avec Vidéotron», a-t-il souligné, faisant référence au conflit de travail en cours au Journal de Montréal et à celui qui a eu lieu au Journal de Québec. 

M. Péladeau a rappelé que le succès phénoménal de Vidéotron, qui a enregistré un million de nouveaux clients à la téléphonie filaire en quatre ans, reposait sur un changement de culture profond qui suivi l’acquisition de l’entreprise par Quebecor en 2001. C’est au terme d’un long bras de fer avec le syndicat de l’entreprise que la direction de Quebecor a finalement été en mesure d’imposer sa vision.

«Nous avons peut-être dû brasser la cage un peu fort, a-t-il dit, mais nous n’avions pas le choix, car Bell avait décidé qu’il allait nous éliminer.»

«Les employés avaient l’habitude de penser que quand quelqu’un appelait pour se désabonner, c’était parce qu’il partait en vacances! », a-t-il rappelé.

Aujourd’hui, Vidéotron connaît du succès parce que c’est une entreprise centrée sur les besoins du client et qu’elle est en mesure d’offrir une panoplie de services au même endroit, ce que M. Péladeau appelle la convergence.

«Nous n’avons plus d’abonnés, nous avons des clients qui choisissent eux-mêmes les services qu’ils désirent. C’est une différence fondamentale», a-t-il relevé.

L’entreprise a aussi accru sa productivité grâce à des investissements massifs en technologie.

En bref, il s’agit pour le grand patron de Quebecor d’adapter le modèle d’affaires des médias écrits à une situation de concurrence accrue où consommateurs et annonceurs ont beaucoup plus de choix qu’auparavant. «L’internet fait que si nous n’offrons pas ce que veut le marché, les gens vont aller voir ailleurs. L’écosystème des médias traditionnels est bouleversé», a-t-il mentionné.

La situation de la télévision conventionnelle n’est d’ailleurs pas si différente de celle des médias écrits, et l’incapacité à s’adapter risque de mener à la même impasse, a prévenu M. Péladeau, en référence aux audiences qui se déroulent actuellement devant le CRTC.

«Ça fait longtemps que nous disons que nous allons rencontrer notre Waterloo si nous ne nous adaptons pas», a-t-il dit. Quebecor doit clarifier demain sa position sur d’éventuelles redevances à verser aux chaînes généralistes.

Au sujet du conflit de travail au Journal de Montréal, M. Péladeau a laissé peu d’espoir en ce qui a trait à un règlement rapide. «Nous sommes revenus à la case départ avec un syndicat qui a renié ses engagements pris au début des négociations», a dit le grand patron de Quebecor, qui paraissait déterminé à mener à terme la révolution en cours.

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