Journal de Montréal : l’offre patronale jugée inacceptable par les syndiqués

Publié le 12/10/2010 à 19:54, mis à jour le 12/10/2010 à 19:51

Journal de Montréal : l’offre patronale jugée inacceptable par les syndiqués

Publié le 12/10/2010 à 19:54, mis à jour le 12/10/2010 à 19:51

Par La Presse Canadienne

Bloomberg

Les lock-outés du Journal de Montréal ont rejeté dans une proportion de 89,3 pour cent, mardi, la dernière offre patronale déposée dans le cadre d'une médiation spéciale pour ce conflit qui dure depuis près de 21 mois.

Cette offre était basée sur une hypothèse de 229 départs. Le Syndicat des travailleurs de l'information du Journal de Montréal compte 253 membres.

En tenant compte des travailleurs à temps partiel, en bout de ligne le quotidien aurait conservé une cinquantaine d'employés, dont une trentaine à la rédaction et 18 dans les bureaux, a précisé le président du syndicat, Raynald Leblanc, lors d'une rencontre avec les journalistes après l'assemblée.

De plus, l'employeur exigeait la fermeture du site internet de Rue Frontenac, le quotidien virtuel mis sur pied par les journalistes en lock-out du Journal de Montréal.

Les employés qui acceptaient les indemnités de départ devaient également s'engager par écrit à ne pas aller travailler pour La Presse ou Cyberpresse.

Non-concurrence

Cette clause d'interdiction de travailler pour la concurrence, qui valait pour la moitié de la période couverte par l'indemnité de départ reçue jusqu'à un maximum de six mois, a été un élément déterminant pour de nombreux syndiqués interrogés.

M. Leblanc a admis que n'eut été de cette clause de non-concurrence, les offres auraient certes été considérées plus sérieusement et auraient peut-être même été acceptées ou, en tout cas, elles auraient donné un vote plus serré. Mais les syndiqués y ont vu un affront. "C'est un des pires bouts", s'est-il exclamé en faisant référence à la demande de mettre fin au site ruefrontenac.

M. Leblanc précise qu'en maintenant ce site, il pensait pouvoir ainsi "sauver 50, 60 jobs de plus" chez les journalistes qui auraient quitté le Journal de Montréal.

Les indemnités de départ pour les salariés réguliers à temps plein et à temps partiel équivalaient à un minimum de 26 semaines et à un maximum de 84 semaines.

L'employeur se réservait aussi le droit de refuser le retour au travail d'un salarié, auquel cas celui-ci devait accepter l'indemnité de départ proposée.

La direction de Quebecor affirme que le montant prévu pour les indemnités de départ avait été bonifié à hauteur de 20 millions $ et que, par la suite, "ce montant n'existerait plus", selon le document remis aux syndiqués lors de l'assemblée.

Selon M. Leblanc, au début du conflit, l'employeur voulait obtenir 233 changements à la convention collective. "On en a compté 702 dans la dernière ronde", a-t-il rapporté.

Maintenant

Le lock-out au Journal de Montréal a été décrété par la direction le 24 janvier 2009.

Difficile de prévoir ce qu'il adviendra maintenant de ces négociations en présence du médiateur spécial Jean Poirier nommé par le ministre du Travail.

"On est toujours en médiation", a lancé M. Leblanc.

Toutefois, la documentation remise aux syndiqués fait référence aux déclarations de l'employeur affirmant que "le rejet de l'offre et du contenu de la présente hypothèse de règlement rendrait très difficile la poursuite de la médiation, ainsi qu'un règlement de la convention collective à court et moyen termes".

Les syndiqués, loin d'être dépités, semblaient plutôt gonflés à bloc à leur sortie de l'assemblée. Le comité de négociation a été ovationné. Certains ont même débouché une bouteille de champagne.

"Les millions qu'il avait mis sur la table, il faut quand même considérer qu'il a sauvé cette somme-là, il ne l'a pas dépensée. Ce sont nos salaires, finalement, de la première année de lock-out. Donc, dire que c'est une offre financière sérieuse, ce serait très discutable", a commenté en entrevue Philippe Rezzonico, journaliste à la section culturelle du Journal de Montréal.

Réaction de l'employeur

De son côté, par voie de communiqué, la direction du Journal de Montréal s'est dite "profondément déçue du vote" des syndiqués.

"La direction du Journal demeure convaincue qu'il s'agissait d'un règlement honorable et satisfaisant pour les deux parties" et qui aurait permis d'assurer la pérennité du quotidien, affirme son vice-président aux affaires corporatives et institutionnelles, J. Serge Sasseville. La direction assure que son offre contenait "des gains substantiels quant aux indemnités de départ".

Elle fait valoir que "50 employés étaient appelés à réintégrer l'équipe, incluant 35 professionnels de l'information" et que ces employés "seraient demeurés parmi les mieux payés de l'industrie des journaux".

La direction réitère que son offre demeure valable jusqu'au mercredi 13 octobre à 23h59 et qu'elle s'inscrit "dans la volonté résolue de l'employeur de mettre fin au conflit".

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