Plus d'un milliard de marchandises bloquées au Québec

Publié le 17/02/2020 à 13:37

Plus d'un milliard de marchandises bloquées au Québec

Publié le 17/02/2020 à 13:37

Par François Normand

(Photo: 123RF)

Le blocage du transport ferroviaire dans l’est du Canada a immobilisé à ce jour pour une valeur de plus d’un milliard de dollars de marchandises au Québec, selon les estimations de Manufacturiers et exportateurs du Québec (MEQ).

Chaque jour, les entreprises manufacturières du Québec expédient pour quelque 120 millions dollars de marchandises. Comme les trains du Canadien National (CN) sont immobilisés dans l’est du pays depuis une dizaine de jours, la valeur des produits stockés au Québec dépasse donc le milliard de dollars.

Depuis plus d’une semaine, des contestataires autochtones ont installé des barrages sur d'importantes voies ferroviaires au Canada, et ce, afin de s’opposer à un projet de gazoduc Coastal Gaslink, destiné à exporter du gaz naturel en Asie.

Dans son état actuel, ce gazoduc traverserait le territoire ancestral des Wet'suwet'en, dans le nord-ouest de la Colombie-Britannique.

Le blocage du transport ferroviaire commence à avoir des impacts majeurs sur des entreprises du Québec, confie la PDG de MEQ, Véronique Proulx.

«Il n’y a pas encore de fermeture d’entreprises chez nos membres. Par contre, si la crise n’est pas réglée d’ici la fin de la semaine, une grosse entreprise manufacturière canadienne présente au Québec devra ralentir ou fermer des chaînes de production», dit-elle, sans pouvoir toutefois nommer cette société.

Et le transport par camion est une alternative assez limitée, souligne Mme Proulx.

D’une part, parce qu’il y a une pénurie de main-d’œuvre dans l’industrie du camionnage et, d’autre part, parce que les coûts sont beaucoup plus élevés que pour le transport ferroviaire.

Les coûts des entreprises augmentent rapidement

«Les coûts du camionnage étaient déjà plus élevés avant la crise, et, là, ils ont encore augmenté en raison du déséquilibre entre l’offre et la demande», déplore la patronne de MEQ.

La situation devient donc de plus en plus difficile pour les entreprises québécoises. Leurs coûts d’opération augmentent à plusieurs endroits, et ce, du transport à la perte de contrats en passant par leur main-d’œuvre payée, mais ne pouvant pas produire à pleine capacité.

Pour sa part, jointe par Les Affaires, l’Administration portuaire de Montréal confirme que le service ferroviaire au port de Montréal est «impacté» depuis une semaine.

Dans le vrac, le port n'a pas reçu de commodités (par exemple, du grain) de l'ouest du Canada depuis environ 5 jours.

Les exportations de conteneurs transitant par le réseau du CN sont aussi «en nette dimunution», explique la porte-parole Mélanie Nadeau. Quant aux conteneurs à l'importation, ils commencent à s'accumuler dans le port de Montréal, mais cette situation est toujours «gérable pour le moment».

Le premier ministre Justin Trudeau devait quant à lui se réunir ce lundi avec sept ministres afin de tenter de trouver une solution aux blocages ferroviaires qui commencent à miner l’économie canadienne.

 


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