Fin de grève en vue chez General Motors aux États-Unis

Publié le 16/10/2019 à 13:36

Fin de grève en vue chez General Motors aux États-Unis

Publié le 16/10/2019 à 13:36

Par AFP

(Photo: 123RF)

Après presque cinq semaines de grève aux États-Unis, le syndicat UAW a annoncé mercredi un accord préliminaire avec la direction du groupe automobile General Motors qui pourrait mettre fin à ce mouvement sans précédent depuis plus d’une décennie.

Le texte doit encore être approuvé par le Conseil national du syndicat lors d’un vote jeudi avant qu’il ne soit soumis aux adhérents, précise un communiqué de l’UAW. Le Conseil national décidera alors si la grève continue jusqu’à l’adoption finale du texte ou si elle s’arrête le 17 octobre.

« Les négociateurs nationaux élus ont voté pour recommander au Conseil national UAW-GM d’accepter cet accord préliminaire parce qu’il apporte des gains importants aux membres du syndicat », selon le communiqué.

Pour l’heure, le syndicat n’a donné aucun détail sur l’accord lui-même, en attendant que le Conseil national l’approuve.

GM est resté encore plus discret, se contentant de confirmer « ce que dit l’UAW dans son communiqué sur un accord préliminaire ».

Si le feu vert est donné, le texte de l’accord préliminaire sera partagé avec tous les membres pour qu’ils puissent se prononcer dessus.

« Cet accord ne sera ratifié que si les membres UAW-GM l’adoptent », souligne le communiqué.

Après des hoquets ces derniers jours, les choses se sont décantées entre direction et syndicat.

Mary Barra, la PDG de GM avait rejoint mardi la table des négociations, laissant à penser qu’un dénouement était proche pour une grève qui paralyse la production du constructeur automobile aux États-Unis depuis le 16 septembre, et qui a forcé à la mise au chômage technique de milliers d’employés y compris au Canada et au Mexique.

GM et l’UAW avaient repris leurs négociations lundi, après une impasse due au rejet, la semaine dernière, de l’offre du constructeur sur les intérimaires et la pérennisation des emplois.

Les négociations achoppaient notamment sur le traitement des intérimaires ayant travaillé pour GM pendant quatre ans au moins.

Grève dure

Les deux parties auraient trouvé un compromis selon lequel ces salariés pourraient être titularisés au bout de trois ans, selon une source syndicale. Il n’est pas exclu que la durée retenue varie d’ici la finalisation d’un accord.

Près de 50 000 salariés américains syndiqués de GM sont en grève. Ils réclament des hausses des salaires et l’amélioration de la situation des employés embauchés après le sauvetage historique du groupe de la faillite en 2009 par l’administration Obama.

« Tout le monde est affecté par ces cinq semaines de grève », avançaient mardi les analystes du cabinet Bank of America Merrill Lynch.

Pour GM, qui produit normalement 8 400 véhicules par jour aux États-Unis, l’arrêt de production occasionne 100 millions de dollars de perte quotidienne environ, calculent les experts.

« Nous estimons la perte d’exploitation à 2 milliards de dollars pour GM », avance Bank of America, tandis que le manque à gagner est, selon la banque, de plus de 4 000 dollars nets par salarié. 

Samedi, l’UAW a annoncé une hausse de 25 dollars de l’indemnisation hebdomadaire versée par le syndicat aux grévistes, à 275 dollars, et surtout l’autorisation de travailler à temps partiel ailleurs que chez GM sans voir cette enveloppe amputée, « à condition d’aider à tenir les piquets de grève ». 

Le syndicat avait aussi lancé des appels aux dons et à la solidarité et offrait des repas gratuits par exemple, les employés ayant souvent du mal à boucler les fins de mois et se voyant forcés à puiser dans leurs économies.

Une ouvrière de GM avait confié à l’AFP la semaine dernière qu’elle s’était vue forcée de contacter l’United Way, une organisation caritative, pour obtenir un soutien financier dans le paiement de ses factures d’énergie et de son prêt hypothécaire.

« Je ne sais pas comment on peut nourrir cinq enfants avec 250 dollars par semaine », avait lâché Betty Johnson. 

Outre GM et les salariés nord-américains, la grève pèse également sur les fournisseurs de composants automobiles du constructeur, comme le groupe Magna.


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