Conférence de Montréal: les obstacles à l'usine intelligente

Publié le 13/06/2018 à 14:56

Conférence de Montréal: les obstacles à l'usine intelligente

Publié le 13/06/2018 à 14:56

Par François Normand

Le passage au modèle Industrie 4.0 a permis à Harley-Davidson de produire des motos qui répondent mieux aux exigences individuelles de ses clients.

Aux quatre coins du monde, des entreprises manufacturières changent leurs façons de faire et investissent dans la technologie pour rendre leur usine intelligente. Or, il y a plusieurs obstacles à cette transformation numérique, à commencer par la culture des entreprises.

C’est ce qu’ont expliqué des spécialistes lors du forum L’industrie 4.0 : une compétition mondiale tenu dans le cadre de la Conférence de Montréal, et qui était animé par le PDG d’Investissement Québec, Pierre Gabriel Côté.

L’un de ces obstacles est l’absence du «droit à l’erreur» dans trop d’entreprises, déplore Joris Myny, vice-président principal, usine numérique et industries de transformation, chez Siemens Canada.

«La peur de l’échec paralyse les employés», dit-il, en soulignant à quel point le personnel d’une entreprise manufacturière est important afin de réussir une transformation numérique.

Par conséquent, les dirigeants doivent accepter, voire valoriser, l’échec, car les entreprises doivent nécessairement faire des essais et des erreurs afin d’innover et d’implanter les meilleures pratiques de l’usine 4.0.

Selon Joris Myny, il faut aussi donner aux employés «le temps d’innover». Des employés débordés, toujours pris dans le train-train quotidien, sans perspective, peuvent difficilement déployer leur créativité afin d’améliorer la performance de leur entreprise.

Un autre obstacle est l’absence d’une stratégie claire chez plusieurs chefs d’entreprises par rapport à ce qu’ils doivent faire afin de rendre leur usine intelligente, affirme Jesper Vedso, associé, transformation numérique, chez PwC Global.

«Il faut savoir ce qu’on veut avant de choisir la technologie» dit-il.

Bref, la direction doit savoir pourquoi elle numérise sa production et quels sont ses objectifs commerciaux. Les dirigeants doivent aussi accepter de prendre des risques raisonnables et «d’embrasser le changement technologique».

«Plus on attend [pour faire sa transformation numérique], plus cela coûtera cher», affirme l’associé de PwC.

Peu de PME canadiennes sont vraiement 4.0

À ce jour, relativement peu de PME canadiennes sont réellement 4.0, selon Patrick Latour, premier vice-président, capital de croissance et transfert d’entreprise, à la Banque de développement du Canada (BDC).

Au Québec, 25 % des entreprises québécoises ont automatisé leurs processus, selon l'étude Le manufacturier avancé : enquête sur l'automatisation du secteur manufacturier au Québec, publiée en 2017 par l'Alliance canadienne pour les technologies avancées.

Aux États-Unis, 55% des entreprises l’ont fait et, en Allemagne, cette proportion grimpe à 75%.

L'automatisation des procédés est certes une étape importante pour rendre une usine intelligente. Par contre, pour être entièrement 4.0, une usine doit être avant tout interconnectée : les machines doivent se parler entre elles et s'ajuster en temps réel à l'offre et à la demande, disent les spécialistes.

C’est bien d’investir pour transformer son usine en usine intelligente, mais encore faut-il avoir «la bonne personne à la bonne place», souligne Stefani Pashman, chef de la direction d’Allegheny Conference on Community Development, une organisation de Pittsburgh qui fait du maillage entre les leaders des secteurs privé et public.

Bref, les entreprises doivent s’assurer d’avoir des employés ayant les compétences requises pour effectuer leur transformation numérique. «Ce n’est pas uniquement une question technique et d’argent», insiste-t-elle.

Dans certaines organisations, c’est parfois le chef de la direction financière qui est responsable de la transformation numérique, alors qu’il faudrait que cette tâche incombe plutôt à un chef de la direction technologique.

 

 


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