Terrains contaminés: le fardeau du TCE

Publié le 03/03/2014 à 06:35

Terrains contaminés: le fardeau du TCE

Publié le 03/03/2014 à 06:35

L'usine Stanley Tool de Roxton Pond. Photo: Ugo Giguère.

Shannon, Waterloo et Roxton Pond… Chacune de ces petites municipalités a dû faire face à une contamination au trichloroéthylène (TCE) de leur eau potable. Utilisé comme dégraissant et produit nettoyant, le trichloréthylène est reconnu comme cancérogène pour l’humain par l’Agence de protection de l’environnement américaine, mais pas par le gouvernement québécois.


Le cas de Shannon est sans doute le plus connu dans la province. Un recours collectif a permis aux citoyens de faire reconnaître la responsabilité du gouvernement du Canada et de ses Forces armées dans la contamination au TCE de la nappe phréatique autour de la base de Valcartier.


Consultez notre carte interactive portant sur les terrains contaminés au Québec


Dans un jugement de la Cour supérieure rendu en juin 2012, le gouvernement fédéral, General Dynamics Produits de défense et système tactiques et la Société immobilière Valcartier ont été condamnés à verser des dommages-intérêts aux citoyens de Shannon. Le dossier fait toutefois l’objet de procédures d’appel des deux côtés.


Les citoyens espèrent arriver à démontrer un lien de causalité entre la présence du contaminant dans l’eau depuis 1980 et la multiplication de cancers. Dans le document de cour, 13 cas de cancers sont cités: sept du colon et deux du cerveau.


Facture salée à Waterloo


Comme un peu partout au Québec, le passé industriel a laissé un lourd héritage à Waterloo. La faillite de l’usine Croname, rue Taylor, a laissé un fardeau à la municipalité: celui d’une importante contamination au trichloréthylène.


Ce produit de dégraissage et de nettoyage hautement toxique s’est retrouvé non seulement sur le terrain de l’entreprise, mais aussi dans les eaux souterraines et l’aqueduc.


«On a enlevé plusieurs sources de contamination et on devrait réaliser la dernière phase de décontamination en 2014», avance le directeur général de la Ville de Waterloo, Éric Sévigny.


Les coûts de décontamination de la nappe phréatique seront assumés à 50% par le gouvernement provincial, jusqu’à concurrence de 1 M$.


Cinq ans sans eau potable


À Roxton Pond, la Stanley Tool a fourni des emplois durant plus de 100 ans, mais à son départ en 1984, elle a laissé un cadeau empoisonné dans l’eau souterraine. Ce n’est qu’en 2001 que le ministère de l’Environnement a fait la découverte de TCE dans la nappe phréatique au centre du village.


L’importante contamination, qui contenait aussi des métaux lourds et d’autres produits nocifs, a privé une grande partie des quelque 3000 citoyens d’eau potable durant plus de cinq ans. Ceux-ci ont dû consommer de l’eau embouteillée jusqu’en 2006.


Des TCE à Bedford?


Comme bien des vestiges industriels du siècle dernier, la vieille Exeltor de la rue Rivière à Bedford a aussi laissé des séquelles. D’après le registre du ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs, l’eau souterraine est là aussi contaminée au TCE.


Élu pour une première fois en novembre dernier, le maire de Bedford Yves Lévesque a dit ne pas être bien au fait du dossier. «À ce qu’on m’a dit, ce serait contaminé, mais léger», a-t-il simplement indiqué sans vouloir s’avancer en terrain inconnu.


Du côté de Place Excelsior, l’entreprise qui a converti l’usine en motel industriel, la directrice Diane Alarie dit être au courant de la présence de contaminants, mais pas dans l’eau.


Selon le rapport d’expertise dont elle dispose, la contamination du sol serait peu profonde. «L’usine a les pieds dans l’eau. S’il y avait eu contamination, on l’aurait su», fait remarquer la propriétaire. La vieille Exeltor surplombe la rivière aux Brochets.


Diane Alarie affirme s’être avancée auprès de la municipalité pour une éventuelle décontamination, mais seulement une fois que «l’entreprise va (lui) permettre un lousse financier».


Le directeur général de la municipalité, Yvon Labonté affirme avoir l’intention de vérifier jusqu’où la contamination s’est répandue. Il précise cependant que l’eau potable du réseau d’aqueduc est puisée dans le lac Champlain à St-Armand.


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