Le Quartier des lumières sera «un anti-Griffintown», assure son promoteur

Publié le 12/06/2019 à 12:00, mis à jour le 12/06/2019 à 12:45

Le Quartier des lumières sera «un anti-Griffintown», assure son promoteur

Publié le 12/06/2019 à 12:00, mis à jour le 12/06/2019 à 12:45

Par Martin Jolicoeur

Photo: Groupe Mach

Le développement du Quartier des lumières, censé voir le jour sur l’immense quadrilatère actuellement occupé par Radio-Canada à Montréal, sera tout sauf un deuxième Griffintown, assure son promoteur.

Au cours d’un entretien avec Les Affaires, le vice-président immobilier du Groupe Mach, Christopher Sweetnam-Holmes, a cherché à déconstruire toutes les inquiétudes qui puissent circuler à propos du chantier monstre de près d’un milliard de dollars, actuellement en préparation dans ses bureaux du Vieux-Montréal.

La population, insiste-t-on, rue Saint-Paul Ouest, n’a pas à craindre une répétition des erreurs de Griffintown, ce quartier du sud-ouest du centre-ville de Montréal devenu le symbole de toutes les bévues ou fautes urbanistiques qu’une ville en contrôle de son développement doit chercher à éviter. 

«Le quartier que nous avons imaginé sera tout sauf une réplique de ce secteur, insiste  Christopher Sweetnam-Holmes. Au contraire, enchaîne-t-il, on pourrait même dire que ce sera son antithèse… Le Quartier des lumières sera un anti-Griffintown.»

Une ville dans la ville

Le projet immobilier en question impressionne par son ampleur. Coincé entre le boulevard René-Lévesque Est au nord et l’autoroute Ville-Marie au sud, le quadrilatère bétonné et dominé en son centre par la tour de Radio-Canada, occupe une superficie de 4,5 millions de pieds carrés (pi2). 

À compter de 2020, et ce sur une période qui a toutes les chances de s’étirer sur près d’une décennie, le promoteur cherchera à redonner vie à ce site anciennement habité du Centre-Sud, connu sous le nom de faubourg à m’lasse. Ce quartier, où vivaient 5000 personnes, a été rasé au début des années 1960 pour y construire la Maison de Radio-Canada.

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En lieu et place, le Groupe Mach se lance pour défi de construire un tout nouveau quartier, où se côtoieront des usages résidentiels, commerciaux et de bureaux de manière la plus harmonieuse possible. À terme, Mach prévoit la construction d’un million de pi2 de bureaux (l’équivalent de la Place Ville-Marie), 900 000pi2 de stationnements souterrains, 80 espaces commerciaux de tailles diverses (1000 à 80 000pi2), et pas moins de 4000 unités d’habitation, de type condominium (1500), locatif (1900) et social (600). 

Des modifications apportées

Ce site deviendra un village, un «quartier total» où l’on trouvera toutes les fonctions nécessaires au travail et à la vie en communauté, «sans pour autant qu’il se referme sur lui-même», explique M. Sweetnam-Holmes. Ce quartier, poursuit-il, saura comprendre tous les commerces de proximité nécessaires à la vie d’un quartier (épiceries, cafés, restos, nettoyeurs, coiffeurs, clinique médicale, etc.) tout en s’inscrivant dans le prolongement des vies environnantes, notamment celles du quartier des affaires à l’ouest, du Village au nord, et même du redéveloppement à venir du site du siège de la Brasserie Molson, aux abords du fleuve.

Pour parvenir à une telle intégration, le Groupe Mach affirme demeurer à l’écoute et avoir entrepris des échanges avec de nombreux organismes et représentants communautaires des environs. «Nous avons compris que pour créer une véritable mixité sociale, dans un quartier populaire, il faut d’abord saisir le génie des lieux qui nous accueillent et n’oublier personne», peut-on lire sur le site que vient de créer le promoteur pour rendre compte de ses actions et intentions d’ici à la fin des travaux, prévus pour 2028.

Les plans préliminaires, tels qu'imaginés par le Groupe Mach. Photo: Courtoisie

Les échanges entrepris auraient déjà permis des modifications au projet présenté initialement. Entre autres choses, le promoteur affirme avoir prévu la cession d’un parc municipal de 56 000pi2 situé sur le flanc nord-ouest de l’actuelle tour de Radio-Canada, une école primaire de 40 000pi2 sur cinq étages que pourrait louer ou acheter à ses fins la Commission scolaire de Montréal (CSDM), et plus de 40 000pi2 d’espaces réservés à un usage social ou communautaire (bibliothèque, centre de loisirs, groupes communautaires). 

Des discussions préliminaires auraient déjà été entreprises avec les représentants des commerces environnants, la Corporation de développement communautaire Centre-Sud et l’organisme Entremise, afin d’obtenir l’appui du milieu. «Nous croyons que pour intégrer un tel milieu, il faut vraiment savoir écouter les quartiers voisins et tenter de faire tout ce qui est en notre contrôle pour rendre un projet acceptable aux yeux du milieu.»

Pression sur les prix du logement

Outre la crainte que ce projet entraîne une réduction des revenus pour les détaillants de la rue Saint-Catherine Est, des voix s’élèvent dans le secteur contre le risque que ce projet vienne encore accroître la pression sur le marché locatif, et vienne encore réduire l’accès au logement et à la propriété abordables dans les quartiers centraux de Montréal. Un question chère à l'administration de la mairesse Valérie Plante.

Sur ce, M. Sweetnam-Holmes estime au contraire que la construction de 4 000 nouveaux logements dans le secteur viendra alléger la pression sur le marché locatif. Ce dernier précise que du nombre de ces logements, 400 (10% de l’ensemble) seront à vendre ou à louer à des prix jugés abordables, et que 600 autres (15% de l’ensemble) seront des logements sociaux.

Pour ce qui est des unités restantes (75% de l’ensemble), le vice-président préfère ne pas trop s’avancer, affirmant que les prix pourraient encore fluctuer en fonction. Les logements résidentiels seront regroupées dans cinq grands ensembles d’immeubles de 14 étages.  

«Je m’attends à ce que leurs prix soient abordables, qu’ils s’approchent de ceux que l’on retrouve dans Griffintown, affirme le patron de la division immobilière de Mach. Ce ne serait pas 2000$ ou 1000$ le pi2 comme on en retrouve actuellement à Montréal. On parle davantage probablement de 500$ ou 600$ le pi2. C’est difficile à prédire. Plus précisément, je ne saurais vous dire.» 

La taille de ces logements variera du studio de 380pi2 à des appartements beaucoup plus grands pouvant comprendre trois chambres à coucher et stationnement souterrain. Au total, on estime que 6000 personnes pourraient éventuellement y habiter. Si tout va comme prévu, la livraison des logements devrait débuter à compter de 2023. 

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