Le mot d'ordre : rajeunir la clientèle


Édition du 02 Avril 2016

Le mot d'ordre : rajeunir la clientèle


Édition du 02 Avril 2016

[Photo : Shutterstock]

Le mantra de l'industrie : attirer les retraités à un âge le moins avancé possible et conserver ses résidents le plus longtemps possible. Certaines résidences se spécialisent dans les soins dits lourds (fin de vie, perte d'autonomie sévère, etc.), mais elles sont de moins en moins nombreuses. La plupart des résidences proposent plutôt des unités de soins légers à moyens qui ne nécessitent que des infirmières, des infirmières auxiliaires et des préposés aux bénéficiaires.

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Plutôt que de garder les résidents vieillissants aux prises avec des pathologies qui exigent beaucoup de soins, très onéreux, les gestionnaires se concentrent sur l'âge d'arrivée de leurs résidents, qu'ils espèrent bien voir diminuer. «La tendance est de rajeunir notre clientèle», résume Yves Desjardins, pdg du Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA).

L'âge moyen des résidents est encore élevé, puisqu'il atteint en moyenne 85 ans, selon le RQRA. L'objectif serait d'attirer les retraités dès qu'ils arrivent à 70 ans, voire avant. «On veut promouvoir un changement de culture en faisant valoir qu'il vaut mieux planifier et venir plus tôt en résidence au lieu d'attendre d'être malade pour le faire», dit M. Desjardins.

Une nouvelle génération de résidents

Pour attirer les personnes âgées encore très dynamiques et autonomes, le modèle des résidences a changé. «La nouvelle génération veut avoir de la nourriture et des activités diversifiées et de qualité. On nous demande des appartements avec une ou deux chambres et une cuisine complète, alors que la génération précédente voulait une chambre et la pension complète», explique Frédéric Soucy, président du conseil du RQRA et vice-président exécutif et responsable du réseau des résidences pour personnes âgées de Cogir.

Cuisine équilibrée et raffinée concoctée par des chefs expérimentés conjointement avec des experts nutritionnistes, service aux tables dans une belle vaisselle, activités diversifiées, dont des pièces de théâtre, l'apprentissage d'une autre langue, la lecture, etc. «C'est fini le temps où les activités se limitaient aux casse-tête et aux vidéos», lance Yves Desjardins.

Afin que ses locataires disposent de nombreux services de proximité, Cogir a mis en place l'année dernière, dans une dizaine de résidences, des centres multiservices. Des bureaux y sont loués à la demi-journée ou à la journée à des comptables et à d'autres professionnels.

De son côté, le Groupe Maurice implante souvent ses résidences en zone urbaine, «où les résidents sont branchés sur les ressources communautaires et [bénéficient d']une bonne offre commerciale à distance de marche», précise Luc Maurice, pdg du Groupe.

Mixer les générations

Pour accueillir ces «jeunes» personnes âgées, «la nouvelle tendance, c'est la résidence mixte qui accueille des gens très autonomes, d'autres un peu moins et [qui a] quelques unités de soins», précise Yves Desjardins. Ainsi, au fur et à mesure qu'ils vieillissent, les résidents peuvent rester dans le même environnement.

Plusieurs complexes sont conçus sur ce modèle. À L'Ancienne-Lorette, le Jardin des Pionniers, du Groupe Résidences du patrimoine, qui vise la clientèle des «jeunes retraités et préretraités actifs», propose des appartements à des locataires de 50 à 70 ans.

Le défi pour attirer les plus jeunes des retraités ou préretraités, c'est «qu'ils ne veulent pas être entourés seulement de personnes de leur âge ou plus âgées. Ils tiennent aussi à vivre près de leur famille», estime Frédéric Soucy.

La résidence du futur devra donc mixer les populations. «On pourrait envisager un complexe dans lequel une partie des logements pourrait être destinée aux personnes actives, à de jeunes familles [et comprendre] une garderie au rez-de-chaussée du bâtiment et des commerces, par exemple, et une autre partie serait consacrée aux aînés, poursuit-il.

«Ainsi, dans les espaces communs comme le hall d'entrée, la piscine ou la salle de sport, les générations pourraient se côtoyer.»

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