Trump inflexible sur le mur, le bras de fer budgétaire se poursuit

Publié le 02/01/2019 à 15:08

Trump inflexible sur le mur, le bras de fer budgétaire se poursuit

Publié le 02/01/2019 à 15:08

Par AFP
Le président américain, Donald Trump, devant un immense drapeau des États-Unis.

Le président américain, Donald Trump. (Photo: Getty)

Au 12e jour d'un «shutdown» qui paralyse partiellement l'administration américaine, Donald Trump s'est montré inflexible sur le mur qu'il veut édifier à la frontière du Mexique, assurant que le blocage budgétaire pourrait durer.


La paralysie s'explique par «le refus des démocrates de financer la sécurité aux frontières», a martelé le président américain, quelques heures avant de recevoir les ténors du Congrès des deux bords à la Maison Blanche.


«Cela pourrait durer longtemps», a-t-il ajouté, laissant entendre qu'il pensait être en train de gagner la bataille de l'opinion publique. «Je crois que les gens de ce pays pensent que j'ai raison», a-t-il poursuivi lors d'une intervention de plus d'une heure et demie en présence de son équipe gouvernementale et de journalistes.


À la veille de la mise en place du nouveau Congrès - le 116e de l'Histoire - où les démocrates contrôleront désormais la Chambre des représentants, les négociations sur la loi budgétaire sont à l'arrêt, les deux camps se renvoyant la balle dans un débat stérile.


Donald Trump réclame plus de 5 milliards de dollars pour édifier son mur afin de lutter contre l'immigration clandestine. Ses adversaires politiques s'y opposent, jugeant que le «magnifique mur» vanté par le magnat de l'immobilier n'est en aucun cas une réponse adaptée au débat complexe sur l'immigration.


5,6 milliards de dollars


«Les 5,6 milliards sont un montant tellement petit et il s'agit de sécurité nationale», a martelé M. Trump, tout en refusant de dire explicitement si ce chiffre était négociable.


Le locataire de la Maison Blanche a une nouvelle fois défendu l'efficacité de son projet: «La roue, le mur: il y a des choses qui ne vieillissent jamais».


Il a aussi ironisé sur ceux qui jugent que construire un mur à la frontière est immoral, soulignant que le Vatican était entouré «du plus grand mur qui soit».


Les responsables du camp démocrate au Congrès, Nancy Pelosi et Chuck Schumer, sont attendus, avec leurs homologues républicains, en milieu d'après-midi à la Maison Blanche pour une réunion centrée sur «la sécurité aux frontières», selon les termes de l'exécutif. 


Leur dernière visite dans le Bureau ovale, le 11 décembre, s'était très mal passée, donnant lieu à des échanges particulièrement tendus et agressifs. 


Donald Trump, qui a renoncé cette année à ses vacances dans son luxueux club de Mar-a-Lago, en Floride, multiplie depuis plusieurs jours les tweets rageurs, parfois contradictoires, sur le mur et son financement.


«La plus grande partie du mur a déjà été complètement rénovée ou construite», a-t-il tweeté mercredi matin, contre toute évidence. 


Jeux politiques


Mme Pelosi a proposé d'adopter les budgets de la plupart des administrations jusqu'au 30 septembre tout en ne finançant que jusqu'au 8 février le budget sensible du département de la Sécurité intérieure, qui supervise notamment la sécurité des frontières. 


Les républicains ont toujours le contrôle du Sénat mais toute loi budgétaire devant être adoptée par 60 voix sur 100 à la chambre haute, ils ne peuvent se passer des démocrates. 


Mercredi matin, l'élu républicain à la Chambre des représentants Steve Scalise a tenté de dramatiser le débat en appelant les démocrates «à arrêter de jouer avec la sécurité des États-Unis». «Le temps des jeux politiques est révolu. Des vies sont en jeu», a-t-il lancé dans une tribune publiée sur Fox News. 


Le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, a annoncé qu'il attendrait désormais d'être certain qu'un texte puisse passer les deux chambres puis être promulgué par Donald Trump avant de le soumettre au vote.


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