Québec veut plus de femmes sur les conseils d'administration

Publié le 09/01/2012 à 16:32, mis à jour le 09/05/2012 à 16:26

Québec veut plus de femmes sur les conseils d'administration

Publié le 09/01/2012 à 16:32, mis à jour le 09/05/2012 à 16:26

Par Marie-Claude Morin

Les femmes occupent encore trop peu de place sur les conseils d’administration des sociétés privées québécoises, déplore la ministre de la Condition féminine, Christine St-Pierre. Dans l’espoir d'améliorer la situation, elle a annoncé lundi après-midi la création d’une Table des partenaires influents.

Mme St-Pierre dit ne pas envisager pour le moment l’imposition d’un quota aux entreprises, comme l’a fait par exemple la Norvège. « Nous n’en sommes pas là. Il faut laisser travailler le comité, qui va établir une stratégie. » La ministre espère plutôt convaincre les grandes entreprises qu’elles peuvent faire une différence et encourager les femmes à s’engager davantage. « On veut engager un dialogue. »

La marche sera haute puisque les femmes occupent en moyenne 14 % des postes d’administrateurs dans les grandes sociétés québécoises. Si les choses progressent, le rythme est toutefois bien lent. Certaines grandes entreprises n’ont aucune femmes à leur conseil.

La Table des partenaires influents sera co-présidée par Monique Jérôme-Forget, ancienne ministre du gouvernement Charest et maintenant associée du cabinet de recrutement Korn/Ferry International, et Guy St-Pierre, qui a notamment dirigé SNC-Lavalin dans les années 1990. Y siègeront également Yvon Charest, pdg d’Industrielle Alliance, Jacinthe Côté, pdg de Rio Tinto Alcan, Paule Gauthier, avocate chez Stein Monast, Serge Godin, fondateur et président exécutif du conseil de CGI, Isabelle Hudon, présidente pour le Québec de la Financière Sun Life, Hubert T. Lacroix, pdg de Radio-Canada, Monique Leroux, présidente du Mouvement Desjardins et Brian Levitt, avocat-conseil chez Osler.

Selon Mme Jérôme-Forget, le comité ne produira pas nécessairement de rapport. « S’il y en a un, ce ne sera pas du bla-bla, promis. » Elle prévoit plutôt soumettre au gouvernement des recommandations jugées pertinentes par le comité, sans toutefois se contraindre à l’unanimité. Quant aux quotas, elle préfère ne pas s’avancer maintenant à savoir s’ils seront proposés dans les recommandations de la Table. « Est-ce que moi je vais les proposer un moment donné? Probablement. »

Mmes St-Pierre Jérôme-Forget espèrent que les membres du comité s’impliqueront activement pour la cause. C’est donc une table d’influence autant que de concertation. « Si chacun est prêt à rencontrer cinq grandes entreprises qu’il connait pour les convaincre d’accroître le nombre de femmes sur son conseil, on peut changer les choses », estime M. St-Pierre. L’administrateur rejette toutefois l’imposition de quotas, qu’il juge inefficaces.

Dans l’assistance, Louise Champoux-Paillé, présidente du Cercle des administrateurs de sociétés certifiés, s’est dite confiante que le comité présentera des recommandations musclées. « Ce n’est pas le genre de Monique Jérôme-Forget d’y aller de recommandations frileuses. » La création de la table s’inscrit selon elle dans la suite logique des développements.

Même enthousiasme du côté de Ruth Vachon, pdg du Réseau des femmes d’affaires du Québec : « C’est un bon pas en avant. Les gens autour de la table ne sont sûrement pas des gens qui voudront seulement parler, mais qui voudront plutôt bouger. »

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