Québec et la FTQ dans le même lit

Publié le 28/11/2009 à 00:00

Québec et la FTQ dans le même lit

Publié le 28/11/2009 à 00:00

Par Jean-Paul Gagné

Trois autres poids lourds viennent d'ajouter leur voix à celle de plusieurs dirigeants municipaux, organismes et observateurs crédibles pour demander une enquête sur la collusion et la corruption dans l'industrie québécoise de la construction. Ce sont l'Association des procureurs de la Couronne, l'Association des policiers provinciaux et la Fraternité des policiers de Montréal.

En réalité, il ne reste plus qu'un véritable allié au gouvernement Charest dans son refus d'ouvrir une enquête publique sur cette industrie. C'est la FTQ-Construction, qui compte des dizaines de milliers de membres dans cette industrie, et dont plusieurs entités sont soupçonnées d'avoir des liens incestueux avec des entrepreneurs. Il n'y a aucune surprise ici, car le copinage de certains leaders de la FTQ-Construction avec des entrepreneurs est bien établi (voyages de pêche, séjours sur le yacht de Tony Accurso, etc.). Des entrepreneurs ont compris qu'il valaient mieux veiller au bien-être de certains leaders syndicaux s'ils voulaient éviter des problèmes (intimidation, saccages, etc.) sur leurs chantiers, comme ce fut le cas à LG2, à Papiers Gaspésia, etc.

Avec tout ce qu'on sait aujourd'hui (irrégularités, scandales, enquêtes, dernier rapport du vérificateur général sur la gestion du ministère des Transports), et compte tenu de l'opinion des associations de procureurs et de policiers qui sont au coeur des enquêtes à mener (il manque encore plus de 30 policiers à l'escouade que la SQ constitue pour l'opération Marteau), une seule raison peut empêcher le déclenchement d'une enquête publique : la crainte que le Parti libéral se fasse éclabousser, comme c'est arrivé au Parti libéral fédéral à la suite de l'enquête sur les commandites.

Naturellement, la FTQ-Construction s'expose au même risque. Une enquête pourrait lui nuire, comme ce fut le cas dans les années 1970 lors de la Commission Cliche portant sur le saccage du chantier LG2.

Des tumeurs ont été détruites au sein de la FTQ-Construction, mais il est resté des cellules cancéreuses que la centrale syndicale ne parvient pas à éliminer.

Pourtant, la nécessité d'une enquête publique ne fait plus de doute pour diverses raisons :

1. La collusion, la corruption et les dépassements de coûts sur plusieurs chantiers coûtent cher aux contribuables, qui sont en droit de s'assurer que leurs impôts et leurs taxes sont bien gérés. Or, c'est le contraire qui se produit, selon le dernier rapport du vérificateur général du Québec : contrats accordés de gré à gré, sans motif valable; contrats accordés alors qu'un seul soumissionnaire a présenté une offre et qu'il y avait des concurrents dans le même marché; fractionnements de contrats pour rester sous le niveau (25 000 $) au-dessus duquel la loi exige un appel d'offres; contrats accordés à une entreprise qui a plaidé coupable à une accusation de collusion et contre laquelle le gouvernement a intenté une poursuite civile; autorisation de paiement de factures sans l'approbation du sous-ministre; non-évaluation de fournisseurs; manque de pièces justificatives; absence d'analyses et de comparaisons de coûts pour les contrats problématiques, etc.

2. Québec est en train de réaliser un ambitieux programme de renouvellement de ses infrastructures et autorisera bientôt la construction de deux complexes hospitaliers d'envergure. Hydro-Québec, la Ville de Montréal et des universités ont plusieurs chantiers et projets. Dans une période aussi fébrile, il faut absolument se prémunir contre les risques d'abus de confiance, de dépassement de coûts et de collusion en prenant de grandes précautions. Or, une commission d'enquête publique serait plus efficace pour éviter ces excès que des enquêtes policières, qui n'ont pas les mêmes moyens pour faire parler des témoins et réunir les preuves nécessaires pour porter des accusations.

3. Plusieurs Québécois doutent de la capacité du gouvernement de gérer efficacement ce dossier. Les conflits d'intérêts sont trop généralisés, les irrégularités sont trop nombreuses et le financement des partis politiques repose trop sur les dons des entrepreneurs pour que l'on puisse penser que les contrats de construction et d'approvisionnement sont gérés selon des règles de bonne gouvernance. Une enquête publique servirait la démocratie.


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