Que vont chercher C2 Montréal, les Cris et Olymel en Chine?

Publié le 27/10/2014 à 07:29, mis à jour le 04/11/2014 à 09:56

Que vont chercher C2 Montréal, les Cris et Olymel en Chine?

Publié le 27/10/2014 à 07:29, mis à jour le 04/11/2014 à 09:56

Par Suzanne Dansereau

Le premier ministre Philippe couillard et le ministre de l'économie, de l'innovation et des exportations Jacques Daoust étaient présents à la signature de l'entente entre Enerkem (représentée par Vincent Chornet, à droite) et le Shanghai marine diesel eng

SHANGHAI. Quelque 139 dirigeants d’entreprises québécoises, accompagnés du premier ministre Philippe Couillard, ont entamé dimanche une mission commerciale qui va les mener a Shanghai, Jinan et Pékin, en Chine.

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Ce genre d’opération n'est pas un cadeau de l’État. Chaque entrepreneur paie 750$ pour s’inscrire. À quoi s'ajoute un montant de 600$ s’il veut participer à un programme spécialisé dans son secteur d activités et 1800$ s’il veut qu’on lui organise des rencontres bilaterales privées.

Peu importe si l’entreprise est rendue à une étape exploratoire dans ses relations avec le plus grand marché du monde, ou qu’elle s’apprête à signer une entente, ceux qui sont maintenant en sol chinois calculent que le jeu en vaut la chandelle.

«Le fait d`être en compagnie d’un chef de gouvernement ajoute une grande crédibitilite à notre entreprise», signale Paul Beauchamp, premier vice-président d'Olymel, l’un des plus importants producteurs de porc du Québec. Demain, lorsque M. Couillard rencontrera le gouverneur de la province du Shandong, le patron d’Olymel fera partie d’un nombre limité de cinq représentants d’entreprises qui pourront lui serrer la pince. «C’est très important parce qu’en Chine, tout relève de la politique», note M. Beauchamp.

Les éleveurs de porcs du Québec exportent déjà en Chine – pas de la viande, mais des carcasses, les pieds, la tête, etc. Mais depuis les sanctions contre la Russie (leur troisième marché, la Chine étant le quatrième), ils veulent non seulement accroître leur part du marché Chinois, mais également grimper dans la chaîne de valeurs (filets, cotelettes, etc). En outre, ils veulent maintenant éviter les courtiers, coûteux et moins fiables, et vendre directement aux distributeurs. Cette semaine, dans le cadre de la mission, Olymel rencontrera des représentants de Cofco, le plus grand distributeur alimentaire en Chine, à qui il fait une cour assidue depuis l’an dernier.

Ainsi, depuis l’ouverture de la Chine, bien des exportateurs québécois sont arrivés à une autre étape dans leurs relations avec le géant.

Comme Olymel, ils ont compris la nature incontournable de ce marché, bien que la croissance de l'économie choinoise ait ralenti a 7,2% selon les plus récents chiffres.

Une technologie chinoise pour la communauté crie

Selon le ministre Jacques Daoust, les missions commerciales du passé ont porté fruit. Ainsi, lundi à Shanghai, la communauté crie de Wemindji, à la Baie James, annoncera l’achat d’une technologie chinoise couplant l’éolien et la biomasse pour réduire de 80% la consommation de diesel.

«Ce genre de partenariat a pris naissance lors de la mission du gouvernement Charest, voila trois ans.» Sans cette mission, les Cris auraient-ils identifié la solution chinoise à leur enjeu? On peut en douter. Ce faisant, les deux cultures ont réalisé qu’elles avaient des points en commun. On se ressemble dans notre facon de faire des affaires, relate Sam Gull, vice-president de United Cree Power, l’organisme qui conclut le partenariat. «Chose certaine, les deux peuples sont d’excellents négociateurs!», commente de son côté le ministre Daoust.

En entrevue, ce dernier nous explique comment sa présence peut servir les affaires. «J’ouvre des portes, j’accélère les partenariats, et parfois j’apporte les dernières ficelles aux transactions.» Comment? Par une garantie de prêt ou quelqu’autre soutien que le gouvernement du Québec peut offrir.

Lundi, jour 2 de la mission à Shanghai, une quinzaine d’ententes devraient être divulguées. Elles touchent plusieurs domaines: technologies de l’information, énergie, santé, etc. On prévoit aussi des ententes dans le secteur de l’éducation: les universités québécoises, imitant les canadiennes, cherchent à vendre leurs programmes aux Chinois, fervants du système universitaire canadien.

Le bois québécois est lui aussi en mode séduction. Il se positionne comme solution de construction domiciliaire à empreinte environnementale négative. Ainsi, Normand Hudon, de la firme Ecoarchirecture, doit rencontrer le Shanghai Institute of Building Science en vue d’un partenariat de recherche qui lui permettra deux choses: se familialiser avec les règles de conformité chinoises et faire la démonstration que les immeubles en ossature de bois tiennent, même lorsqu’ils comptent plus de trois étages (les règles chinoises existantes interdisent la consutrction en bois d’immeubles de plus de trois étages).

Si C2 Montréal, le superévénement du management et de la creativité, s’est lui aussi inscrit à la mission, c’est parce qu’il prévoit organiser une édition de C2Montreal à Shanghai en 2016. Son président Richard Saint-Pierre est donc ici pour rencontrer des promoteurs événementiels locaux et en identifier un avec qui conclure une entente.

Quant au gouvernement Couillard, il veut vendre son Plan Nord et sa stratégie maritime.

Rien n'est plus difficile en ce moment: les prix des métaux sont bas et le gouvernement chinois est en grande transition, ce qui veut dire que bien des décisions importantes sont en suspens.

Jacques Daoust le sait bien. «On est ici pour dire aux gens qu on travaille sur des infrastructures et que lorsqu’ils seront prêts, on le sera aussi.»

Le président du Port de Québec Mario Girard est lui aussi de la partie, car il veut faire valoir aux Chinois que son port est prêt à accueillir des bateaux Capesize (pouvant transporter jusquà 100000 tonnes de marchandises). «Il n’y a pas que la Fosse du Labrador, desservie par Sept-iles», mentionne-t-il. En effet plusieurs projets miniers du Nord du Québec seront desservis par le rail qui se rend à Quebec.

Actuellement, le Québec exporte chaque année pour 2,9 milliards de dollars canadiens en Chine. Il s’agit d’une hausse de 139% depuis 2009, due en grande partie a l’exportation de fer. Mais le premier ministre Couillard veut doubler ce montant. La mission commerciale s’intègre dans cette stratégie.

La culture n’est pas en reste. Le premier ministre a lancé sa mission dimanche en participant à une exposition de dessin collaboratif montée à Shanghai par un collectif d’artistes montréalais, invité par la Foire culturelle internationale de Shanghai. Leur projet consistait a ériger neuf totems de 3 mètres de haut sur lesquels ils créaient, en direct avec des artistes chinois, des dessins en noir et blanc. «La culture demeure encore le meilleur moyen d’unir les gens», a rappelé le premier ministre en visitant les artistes. Sauf que le modèle d’affaires est différent: les artistes attendaient encore dimanche le remboursement de leur billet d’avion et le paiement de leur perdiem des organisateurs qui les avaient invités.

Notre journaliste Suzanne Dansereau se trouve en Chine, où elle couvre la mission commerciale initiée par le gouvernement du Québec.

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