Ottawa dévoile sa stratégie pour réduire ses émissions de GES

Publié le 11/12/2020 à 16:25

Ottawa dévoile sa stratégie pour réduire ses émissions de GES

Publié le 11/12/2020 à 16:25

Par La Presse Canadienne
Le tuyau d'échappement d'une voiture

(Photo: 123RF)

Le gouvernement fédéral a dévoilé une stratégie de 15 milliards $ pour respecter ses objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre qui inclut une hausse annuelle de sa taxe sur le carbone pour les dix prochaines années.

«(On) ne devrait pas permettre que la pollution soit gratuite, nulle part au pays», a déclaré vendredi le premier ministre Justin Trudeau.

Le prix de la taxe sur le carbone augmentera de 10$ la tonne jusqu’à ce qu’il atteigne 50$ en 2022. Puis, la hausse annuelle passera à 15$ la tonne. 

D’ici 2030, le prix de la taxe sur le carbone doit être de 170$ la tonne — assez, disent les fonctionnaires fédéraux, pour augmenter le prix de l’essence à la pompe de 27,6 cents le litre.

M. Trudeau a souligné que la taxe continuerait de faire l’objet de remboursements et que la plupart des familles devraient récupérer plus qu’elles n’ont payé.

«Nous allons continuer d’augmenter le prix sur la pollution, en nous ’assurant que nous donnons encore plus d’argent aux Canadiens et aux familles», a déclaré le premier ministre.

«S’il y a des premiers ministres qui continuent de refuser d’accepter que le seul plan pour l’avenir de l’économie, c’est un plan aussi pour protéger l’environnement, soit. Mais nous allons nous assurer que partout au Canada, la pollution n’est plus gratuite», a aussi affirmé M. Trudeau devant les journalistes. 

Concernant le Québec, il a déclaré que le système de la province était «très robuste et ambitieux» et qu’il n’y avait pas lieu «d’imposer quoi que ce soit au Québec». 

Le plan fédéral dévoilé vendredi prévoit aussi des investissements supplémentaires de 8 milliards $ en environnement qui s’ajoutent aux 7 milliards $ déjà annoncés. 

Ces sommes vont servir à l’adaptation d’équipements comme les arénas et autres qui pourraient bénéficier de technologies d’énergie renouvelable, de biocarburant ou d’hydrogène ainsi que pour mettre fin à la dépendance au diesel dans les communautés isolées.

Un fonds de 3 milliards $ est aussi réservé pour encourager les grands pollueurs à adopter des stratégies vertes comme le captage du carbone.

Les collectivités doivent obtenir 1,5 milliard $ pour rénover les infrastructures et les villes éloignées, près d’un milliard de dollars, pour les aider à se débarrasser des combustibles fossiles.

La stratégie vise à atteindre une cible de 32% de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) par rapport à 2005 d’ici 2030, ce qui est légèrement plus que l’engagement des libéraux d’une réduction de 30%.

Ottawa espère même atteindre une baisse de 40% des émissions de GES lorsque les provinces auront mis à exécution leur propre plan de lutte aux changements climatiques.

 

Des questions en suspens

Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat−Énergie chez Greenpeace Canada, a salué la volonté d’Ottawa sur la tarification du carbone.

«L’augmentation proposée du prix sur le carbone est une mesure audacieuse permettant d’appliquer le principe de pollueur−payeur qui est un élément essentiel d’un plan climatique, au même titre que des réglementations strictes et des investissements dans les énergies propres», a−t−il déclaré par communiqué.

M. Bonin a toutefois ajouté que le Canada ne pouvait pas «continuer à prétendre qu’il peut résoudre la crise climatique tout en augmentant sa production de pétrole et de gaz et en construisant de nouveaux pipelines».

«Nous attendons encore le plan qui démontrera comment le fédéral accélèrera la nécessaire et inévitable transition des combustibles fossiles vers les énergies renouvelables (...)», a fait valoir M. Bonin.

Équiterre a dit accueillir favorablement les resserrements réglementaires prévus au nouveau plan climat du gouvernement fédéral. L’organisme a toutefois souligné par communiqué la nécessité de se doter de nouvelles cibles plus ambitieuses, «ce qui constitue une obligation pour affronter la crise climatique».

«Est−ce que cette fois−ci sera la bonne? Atteindrons−nous enfin nos objectifs? On l’espère! Mais l’Union européenne vient de dévoiler sa nouvelle cible d’au moins 55% de réduction des GES d’ici à 2030 par rapport au niveau de 1990», a relevé Marc−André Viau, directeur des relations gouvernementales d’Équiterre.

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