Le gouvernement se contredit en achetant des logiciels sans appel d'offres

Publié le 07/02/2013 à 17:16, mis à jour le 08/02/2013 à 08:54

Le gouvernement se contredit en achetant des logiciels sans appel d'offres

Publié le 07/02/2013 à 17:16, mis à jour le 08/02/2013 à 08:54

Par Valérie Lesage

Le Secrétaire général du gouvernement de Pauline Marois, Jean Saint-Gelais.

PRIMEUR. Le Secrétaire général du gouvernement de Pauline Marois, Jean Saint-Gelais, a autorisé le pdg du Centre des services partagés du Québec à acquérir des licences Microsoft sans appel d’offres, considérant que cela «ne servirait pas l’intérêt public». Dans une lettre datée du 4 octobre 2012 et dont Les Affaires a obtenu copie, M. Saint-Gelais justifie sa décision sur une disposition de la Loi sur les contrats des organismes publics adoptée par décret par le gouvernement Charest et alors décriée par le PQ.

«Nous sommes en train de nous faire rouler avec ce décret», avait réagi la députée péquiste Marie Malavoy en novembre 2011, dans une entrevue au quotidien Le Devoir. Elle et son ancien collègue Sylvain Simard ont ouvertement milité pour la cause du logiciel libre ces deux dernières années, y voyant une source d’économies pour l’État québécois.

Le décret numéro 1111-2011 donne au Centre des services partagés, le fournisseur des biens et services de l’appareil étatique, le droit de conclure, sous certaines conditions, des contrats de gré à gré pour l’acquisition de logiciels. Le décret favorise précisément Microsoft, Oracle Canada, McAfee, IBM Canada, Adobe et Symantec.

La lettre envoyée par Jean Saint-Gelais à Claude Blouin, ancien directeur du CSPQ, qui a été remplacé récemment par Jean-Marie Lévesque, prévoit notamment le renouvellement de 800 licences Microsoft et de 1400 licences Exchange pour effectuer la migration vers la suite Office 2010 des postes de travail du ministère du Conseil exécutif, donc la tête du gouvernement Marois.

«Je suis entre le désespoir et la colère, a réagi Cyrille Béraud, président de l’entreprise Savoir-Faire Linux et de la Fédération québécoise des industries et communautés du libre. L’État travaille avec les multinationales au lieu de travailler pour le bien commun.»

Pas plus tard que l’été dernier, la députée Marie Malavoy reprochait à Jean Charest de renoncer à des économies de 450 M$ en transigeant avec Microsoft pour renouveler 500 000 postes informatiques dans les réseaux de la Santé et de l’Éducation au lieu d’ouvrir la porte au logiciel libre.

«Le logiciel libre implique que l’État se réapproprie ses systèmes d’information et qu’il bâtisse son patrimoine numérique au lieu de simplement utiliser des outils. Le logiciel libre est avant tout une innovation organisationnelle qui permet de partager le savoir-faire et l’expertise et les réalisations. Actuellement, les ministères travaillent en silos et on achète à peu près dix fois quasiment la même chose», se désole M. Béraud, qui a gagné en 2011 une poursuite contre la Régie des rentes du Québec, laquelle avait renouvelé des licences Microsoft sans procéder à un appel d’offres.

Le ministère du Conseil exécutif n’a toujours pas répondu aux questions de Les Affaires au sujet de la décision de M. Saint-Gelais.

 


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