É-U: un plan de relance peu probable à l'approche du scrutin

Publié le 26/10/2020 à 11:32, mis à jour le 26/10/2020 à 13:22

É-U: un plan de relance peu probable à l'approche du scrutin

Publié le 26/10/2020 à 11:32, mis à jour le 26/10/2020 à 13:22

Par AFP

(Photo: Getty Images)

Plus l’élection présidentielle américaine du 3 novembre se rapproche, plus l’annonce d’un accord sur un plan de soutien à l’économie du pays paraît hors d’atteinte même si la Maison Blanche et les démocrates discutent encore.

Lundi, le principal conseiller économique de la Maison Blanche Larry Kudlow s’est montré circonspect: « je ne veux ni être optimiste, ni pessimiste », a-t-il dit sur la chaîne d’information financière CNBC, ne voulant « faire aucune prédiction sur le sujet ».

Il a néanmoins assuré que si les discussions entre la Maison Blanche, les républicains au Congrès et les démocrates à la Chambre avaient « clairement ralenti », elles n’étaient « pas terminées ». 

Cependant, à ce stade, même un compromis de la dernière heure demanderait plusieurs semaines voire plusieurs mois pour être mis en place et à aider concrètement les entreprises et les ménages américains en difficulté à cause de la pandémie de Covid-19.

« Le gros problème est que, bien que nous soyons proches, il y a encore de grandes différences qui nous séparent », a ajouté le conseiller de la Maison Blanche qui estime que les démocrates « devraient faire davantage de compromis ». 

Il a indiqué que le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin, qui négocie pour la Maison Blanche, devait s’entretenir lundi en début d’après-midi avec la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, en charge des négociations côté démocrate.

Les deux responsables ne se sont plus parlé depuis jeudi s’accusant mutuellement de « déplacer les buts ».

Après des semaines de volte-face et d’atermoiements mal accueillis par les marchés financiers, l’administration Trump, les républicains au Congrès et les démocrates n’arrivent toujours pas à se mettre d’accord sur une nouvelle enveloppe d’aide.

Wall Street a ouvert en forte baisse lundi, démoralisée par l’intensification de la pandémie en Europe, mais aussi par l’absence d’accord sur un nouveau plan de soutien économique. En début de séance, à 11H30, le Dow Jones s’enfonçait de plus de 2 %.

 

« Pas de loi idéologique »

Les sénateurs républicains s’opposent notamment à des aides qui iraient aux collectivités locales, et plus particulièrement aux États très affectés par la pandémie, dont un grand nombre sont gouvernés par des démocrates. Ils veulent aussi protéger les entreprises de poursuites judiciaires venant de salariés potentiellement infectés.

Selon M. Kudlow, il y a concordance de vues sur le fait que les petites entreprises, les compagnies aériennes ont besoin d’aide. Mais il a estimé qu’il n’y avait « pas besoin d’un gigantesque projet de loi idéologique ! ».

« Ce dont nous avons besoin, c’est d’une assistance ciblée », a-t-il martelé.

La semaine dernière, les responsables avaient soufflé le chaud et le froid sur l’avancée des discussions. Nancy Pelosi s’était montrée confiante, mais le président républicain du Sénat, Mitch McConnell, aurait en privé conseillé aux républicains de ne rien conclure avant l’élection.

Il s’oppose, depuis le début des négociations, au vote d’un plan de relance qu’il juge trop coûteux, estimant que 500 milliards de dollars sont suffisants.

Pour sa part, Steven Mnuchin, qui devait s’exprimer sur le sujet lundi, n’était pas paru optimiste en fin de semaine, affirmant qu’il y avait « encore des différences considérables » entre les deux parties.

Le président Donald Trump avait annoncé brutalement la fin des négociations il y a quelques semaines, avant d’opter pour des mesures ciblées ou de proposer un montant global de 1 900 milliards de dollars, plus proche des ambitions des démocrates (2 200 milliards).

La Maison Blanche met en avant « la solide reprise américaine en forme de V » après les dommages infligés par la pandémie de coronavirus et les fermetures généralisées des entreprises.

De nombreux économistes soulignent toutefois que la première économie mondiale n’a évité une récession pire que grâce aux presque 3 000 milliards de dollars d’aide rapidement injectés sous la forme d’allocations chômage supplémentaires et de prêts pour les entreprises de toutes tailles.

Début octobre, le président de la banque centrale américaine (Fed) Jerome Powell a prévenu que les conséquences seraient désastreuses pour l’économie s’il n’y avait pas de nouvelles aides.


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