Investissement Québec: plus de pouvoirs et de moyens pour le ministre Fitzgibbon

Publié le 13/06/2019 à 06:51

Investissement Québec: plus de pouvoirs et de moyens pour le ministre Fitzgibbon

Publié le 13/06/2019 à 06:51

Par La Presse Canadienne

Le ministre Pierre Fitzgibbon va doter Investissement Québec (IQ), le bras financier du gouvernement, de pouvoirs élargis et de moyens financiers substantiels, lui conférant une sorte de statut de super-ministre de l'Économie, plus puissant que jamais.

Sauf erreur, on n'aura jamais vu au Québec un ministre de l'Économie doté d'autant de moyens pour attirer les investisseurs étrangers et favoriser les exportations, à la faveur du projet de loi 27 déposé mercredi à l'Assemblée nationale.

Le rayonnement de la société d'État devenue tentaculaire, dirigée par son ami Guy LeBlanc, s'étendra tant à chacune des régions du Québec que sur la scène internationale, en mettant à contribution le réseau des délégations présentes à travers le monde.

«Oui, nous avons les moyens qu'Investissement Québec n'a jamais eus dans le passé», a convenu le ministre Fitzgibbon, en conférence de presse, tenue dans une entreprise «innovante» de Québec.

Il précise que Québec a injecté 1 milliard $ dans le capital de l'organisme et un autre milliard $ pour favoriser la croissance des entreprises et protéger les sièges sociaux, des sommes qui pourraient générer jusqu'à 10 milliards $ d'investissements par année, par effet de levier.

La taille de la société d'État va doubler d'ici un an, accaparant des ressources actuellement éparpillées dans l'appareil gouvernemental.

La réforme d'Investissement Québec faisait partie des principales priorités du premier ministre François Legault, en matière de développement économique.

Le rendement ne sera plus prioritaire, la nouvelle IQ devant privilégier plutôt «le renforcement de l'économie du Québec», a précisé le nouveau président de la société d'État, Guy LeBlanc, qui promet de diriger un organisme «plus performant» à l'avenir.

IQ International

Le gouvernement veut doubler les investissements étrangers au Québec d'ici cinq ans (une moyenne de 3,4 milliards $ depuis quelques années).

Pour y arriver, la société d'État aura sa filiale internationale «IQ International», qui se dotera d'«une des meilleures équipes de chasseurs et de rabatteurs au monde», puisée notamment auprès d'autres entités, comme le ministère de Relations internationales et le ministère de l'Économie, a indiqué le ministre Fitzgibbon.

«La stratégie internationale, elle va émaner d'Investissement Québec», a-t-il ajouté.

IQ International devra assurer une meilleure cohésion, une meilleure coordination des actions entreprises actuellement à l'étranger par le ministère des Relations internationales, le ministère de l'Économie, mais aussi Montréal International et Québec International, tant pour la prospection d'investisseurs étrangers que la recherche de marchés à dénicher pour les PME exportatrices.

La nouvelle entité devra «accompagner l'entrepreneur du démarrage jusqu'à l'exportation», a indiqué M. LeBlanc.

IQ Régional

La société d'État promet aussi d'être plus présente que jamais sur tout le territoire québécois, dans chaque région.

On veut en faire la porte d'entrée unique pour les entreprises à la recherche de financement.

Pour ce faire, on procédera à la fusion des bureaux régionaux d'IQ avec ceux du ministère de l'Économie.

L'offre de services en régions sera renforcée et la société d'État prendra davantage de risques financiers, étant plus «agressive» sur le terrain, a promis le ministre, pour mieux jouer son rôle dans le développement économique du Québec.

On veut aussi réduire les délais de traitement des demandes de financement des entreprises et alléger la réglementation. Les projets les plus innovants, qu'on pense à l'intelligence artificielle, seront privilégiés.

Le Centre de recherche industrielle du Québec (le CRIQ) sera également fusionné à Investissement Québec. «Pour la première fois, les solutions d'innovation, grâce au CRIQ, et de financement seront à la même adresse», a commenté de son côté le nouveau président de la société d'État, dont la rémunération annuelle pourra atteindre avec les bonus tout près d'un million de dollars.

Il parle de cette fusion comme étant un «bienfait stratégique majeur pour les entrepreneurs».


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