Débat des chefs: les prévisions d'investissements dominent

Publié le 24/11/2008 à 00:00

Débat des chefs: les prévisions d'investissements dominent

Publié le 24/11/2008 à 00:00

Par La Presse Canadienne
La chef péquiste Pauline Marois, la seule des chefs des trois principaux partis à rencontrer la presse en cette journée de préparation en vue du débat télévisé de mardi soir, a accusé les libéraux d'avoir fait preuve d'amateurisme dans leurs prévisions d'investissements privés au Québec.

Selon un article publié dans l'édition de lundi du Journal de Montréal, les projets d'envergure d'entreprises telles qu'Alcoa, Rio Tinto Alcan ou Bombardier s'élèveraient à 5,2 milliards $ et non pas 16,3 milliards $, tel que l'indiquait la mise à jour économique présentée par Mme Jérôme-Forget la veille du déclenchement de l'élection.

Mme Marois a affirmé que cet écart de plus de 11 milliards $, obtenu par le quotidien après vérification auprès des entreprises, sème le doute sur la rigueur des autres chiffres et sur les prévisions de croissance présentées dans le document, qui promettait l'équilibre budgétaire pour l'exercice en cours et le suivant.

"Les deux tiers de ces projets-là ne sont pas prévus par les entreprises elles-mêmes, a déclaré Mme Marois lors d'un point de presse. Vous ne trouvez pas que c'est un peu inquiétant d'avoir un gouvernement qui agit de telle façon? Ca fait amateur, finalement, pour des gens qui sont à la tête du gouvernement depuis maintenant six ans."

En tournée au Saguenay-Lac-Saint-Jean, Mme Jérôme-Forget a maintenu que les prévisions d'investissements privés sur lesquelles son ministère s'était basé étaient exactes.

"Le ministère des Finances est en contact constamment avec les entreprises, le ministère des Finances suit ces entreprises-là, le ministère des Finances s'assure avant de publier quelque chose comme ça que c'est bien dans le pipeline, a martelé Mme Jérôme-Forget. Est-ce que des gens ont décidé de le retarder de six mois ou d'un an? C'était-là une liste sur cinq ans."

Selon Mme Marois, cette information peut avoir un impact sur le cadre financier actuel des partis politiques, dont le sien, étant donné que les prévisions économiques sont établies à partir de ces informations, qui étaient incluses dans la dernière mise à jour économique du gouvernement.

De son côté, le porte-parole de l'Action démocratique en matière de finances, Gilles Taillon, a qualifié de "maquillage éhonté" les données d'investissement présentées par Mme Jérôme-Forget.

"Ce n'est qu'une preuve de plus qu'on camoufle la réalité pour essayer d'arracher des gains dans l'élection, a-t-il estimé. C'est prendre les électeurs pour des caves!"

L'attitude de Mme Jérôme-Forget et de M. Charest démontre une "irresponsabilité" qui va au-delà de l'incompétence, d'après M. Taillon.

Le ministère des Finances a senti le besoin d'intervenir, par le biais d'un communiqué dans lequel il maintient que les investissements mentionnés dans son document et auxquels la ministre faisait référence existent bel et bien.

Québec solidaire a pour sa part présenté lundi, à Montréal, son cadre financier. Le parti de gauche propose notamment de puiser dans le Fonds des générations (500 millions $), dans les redevances sur l'eau (600 millions $) et dans le fonds d'urgence des exercices financiers précédents (1,1 milliard $) pour réaliser divers investissements destinés à adoucir les effets de la crise économique pour les Québécois.

Une fois la crise passée, Québec solidaire verrait à augmenter les revenus de l'Etat.

Plutôt que de réduire les impôts pour les individus et les entreprises, la formation politique ajouterait un palier d'imposition pour les particuliers, ce qui serait susceptible de rapporter à l'Etat 1,3 milliard $. Plus concrètement, Québec solidaire instituerait un palier unique d'imposition aux particuliers gagnant plus de 84 000 $.

Parmi les autres sources de revenus, Québec solidaire avance la perception de redevances sur les ressources naturelles dont l'Etat tirerait 815 millions $.

Notons enfin que les résultats d'un questionnaire distribué aux partis politiques par une dizaine de groupes environnementaux révèlent que même si l'environnement occupe de plus en plus les débats, les engagements que prennent les différents partis ne sont toujours pas à la hauteur.

Sur les 25 questions posées aux partis, seuls Québec solidaire et le Parti vert ont obtenu une note parfaite. Suivent au classement le Parti québécois, avec 16 engagements favorables à l'environnement, l'Action démocratique du Québec, qui en compte huit, et le Parti libéral du Québec, qui ferme la marche avec cinq réponses favorables.

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