Des personnalités canadiennes pressent les élus français de rejeter l'accord UE/Canada

Publié le 15/07/2019 à 11:59

Des personnalités canadiennes pressent les élus français de rejeter l'accord UE/Canada

Publié le 15/07/2019 à 11:59

Par AFP
Les drapeaux canadien et européen.

(Photo: 123RF)

Une coalition d’une cinquantaine d’élus, de syndicalistes, de militants associatifs et écologistes canadiens ont appelé lundi l’Assemblée nationale française à rejeter l’Accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada (CETA, ou AECG en français), impuissant selon eux face aux « problèmes majeurs du XXIe siècle ».

« Nous, organisations de la société civile et citoyens du Canada et du Québec (…) appelons les membres de l’Assemblée nationale et du Sénat à voter contre cette entente », écrivent-ils dans cette lettre ouverte transmise à l’AFP.

Ce traité « complique grandement l’adoption de règlements et favorise un nivellement par le bas, dans l’intérêt des entreprises (…), mais pas dans celui des populations », accusent les signataires.

Parmi eux figurent Jagmeet Singh, le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD, opposition de gauche au Parlement fédéral), Elizabeth May, la cheffe du Parti Vert du Canada, cinq autres députés fédéraux ou provinciaux, ainsi que le dramaturge et militant écologiste Dominic Champagne. 

Aux côtés de ces personnalités canadiennes, se trouvent également des associations environnementales, des syndicats d’agriculteurs, de fonctionnaires, d’ouvriers métallurgistes, d’infirmiers et d’enseignants, ainsi que des universitaires. 

« L’AECG est insuffisant et n’offre rien pour s’attaquer aux problèmes majeurs du XXIe siècle, soit les changements climatiques et les inégalités sociales », estiment ces signataires qui ont adressé leur missive aux députés et sénateurs français.

« Sur le plan de l’agriculture, les deux parties perdent », affirment-ils, tout en se disant « grandement » inquiets par « l’ouverture des marchés publics ».

En outre, ce traité négocié pendant sept ans « empêche les gouvernements de se donner les moyens nécessaires pour entreprendre d’urgence une transition écologique plus que nécessaire, par des investissements publics, des nationalisations, des réglementations et un soutien à l’économie locale et écoresponsable », poursuivent-ils.

« Honteusement, aucune disposition de l’AECG n’oblige les pays signataires d’implanter les ententes de l’Accord de Paris » sur le climat, remarquent les opposants canadiens.

Approuvé en février 2017 par le Parlement européen, et entré en vigueur de manière provisoire dans sa quasi-totalité en septembre 2017, le CETA (ou AECG en français) doit être approuvé par les 38 assemblées nationales et régionales d’Europe. 

En France, le gouvernement, qui vante une progression des exportations vers le Canada de 6,6 % entre 2017 et 2018, a approuvé au début du mois cette ratification par l’Assemblée nationale, attendue ce mercredi, malgré la vive opposition de 70 organisations (Attac France, CGT, Greenpeace, UFC-Que Choisir, etc).


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