COVID-19: Boris Johnson admis aux soins intensifs

Publié le 06/04/2020 à 15:50

COVID-19: Boris Johnson admis aux soins intensifs

Publié le 06/04/2020 à 15:50

Par AFP
Une image d'un centre hospitalier à Londres gardé par des policiers

Boris Johnson a été hospitalisé hier dans le centre de Londres. (Photo: Getty Images)

Contaminé par le nouveau coronavirus, le premier ministre britannique Boris Johnson a été transféré lundi en soins intensifs, son état de santé s’étant détérioré au lendemain de son hospitalisation.

Après avoir été diagnostiqué positif à la COVID-19 le 27 mars, M. Johnson, 55 ans, seul chef d’État ou de gouvernement d’une grande puissance à avoir été contaminé, avait été hospitalisé dimanche soir pour subir des examens, selon ses services, en raison de la persistance de symptômes de la maladie, notamment la fièvre.

« Au cours de l’après-midi, l’état de santé du premier ministre s’est détérioré et, sur le conseil de son équipe médicale, il a été transféré au service des soins intensifs de l’hôpital », a indiqué le porte-parole dans la soirée. 

« Le premier ministre a demandé au ministre des Affaires étrangères Dominic Raab (...) de le remplacer là où nécessaire », a-t-il ajouté dans un communiqué. Ce dernier l’avait déjà remplacé pour présider la réunion quotidienne consacrée à la COVID-19. 

Selon une source gouvernementale, Boris Johnson reste « conscient » et son transfert, intervenu vers 19H00, heure locale, a été décidé « par précaution au cas où il aurait besoin d’un respirateur ». 

Quelques heures à peine avant l’annonce de son admission en soins intensifs, le chef de la diplomatie Dominic Raab avait assuré qu’il avait passé une « nuit tranquille » à l’hôpital St Thomas, dans le centre de Londres, et qu’il restait « en observation ». 

« Son moral est bon » et « il continue à diriger le gouvernement », avait-il assuré durant la conférence de presse quotidienne de l’exécutif, pressé de questions sur la capacité du premier ministre à exercer ses fonctions malgré la maladie. 

Plus de 50 000 personnes ont été déclarées positives à la COVID-19 au Royaume-Uni, devenu l’un des pays d’Europe les plus violemment touchés, et 5 373 en sont mortes.  

Parmi les cas positifs figure également le prince héritier Charles, désormais guéri après avoir développé des symptômes légers du virus. Il a retrouvé lundi son épouse Camilla, testée négative, mais qui était restée confinée 14 jours par précaution.

Face à l’ampleur de la crise, la reine Elisabeth II, 93 ans, s’est adressée dimanche aux Britanniques pour les encourager à faire front et leur insuffler un message d’espoir. Cette allocution hors protocole, la quatrième seulement en 68 ans de règne, a été vue par plus de 23 millions de téléspectateurs.

Critiqué pour avoir tardé à prendre la mesure de la situation, le gouvernement a bâti en catastrophe des hôpitaux de campagne pour soulager un système de santé débordé, promis de décupler les tests qui manquent cruellement et débloqué des sommes gigantesques pour répondre au marasme économique et social.

Depuis l’annonce de sa maladie, Boris Johnson continuait à diriger la riposte du gouvernement en quarantaine, depuis son appartement de Downing Street d’où il postait des messages vidéos sur Twitter appelant ses compatriotes à rester chez eux.

Le quotidien de gauche The Guardian affirmait lundi que « Johnson était plus gravement malade que lui ou ses fonctionnaires n’étaient prêts à l’admettre, et a été vu par des médecins inquiets de sa respiration ».

Certains commentateurs jugeaient que le chef du gouvernement aurait dû se reposer.

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