Coup de pouce aux coops qui veulent fusionner

Publié le 11/02/2014 à 16:29

Coup de pouce aux coops qui veulent fusionner

Publié le 11/02/2014 à 16:29

BUDGET FÉDÉRAL 2014. Suivant la tendance du marché financier, plusieurs coopératives canadiennes veulent se consolider, c’est-à-dire grossir pour mieux concurrencer les banques notamment. Le gouvernement répond à leur souhait et propose de simplifier le processus de fusion des coopératives de crédit.

Un fonctionnaire fédéral du domaine financier présent au huis clos du budget confirme que cette mesure fait suite à une demande de coopératives de l’Ouest et de l’Ontario de favoriser la consolidation interprovinciale.

Cela irait donc de pair avec une autre intention du gouvernement conservateur mentionnée dans le budget 2014, c’est-à-dire d’« encourager la concurrence sur le marché des services financiers ».

Pour le moment, une coopérative de crédit qui veut fusionner avec une ou plusieurs de ses semblables à l’extérieur des limites de sa province doivent passer par deux étapes: la transition d’un cadre provincial vers un cadre fédéral et la fusion en tant que telle.

Ainsi «le Bureau du surintendant des institutions financières cessera de participer à la surveillance conjointe des centrales de coopératives de crédit provinciales ». Entre d’autres mots, l’équipe de fonctionnaires qui planchent sur cette question suggèrent qu’une seule étape soit nécessaire. Le gouvernement fait ainsi deux pierres d’un coup en réaffirmant son intention de concentrer les pouvoirs de réglementation en matière de services financiers vers Ottawa.

Desjardins dans tout ça?

«Il ne serait pas étonnant que plusieurs coopératives de crédit de l’Ouest veuillent fusionner afin de suivre la tendance des autres instituions financières qui tentent de plus en plus par ce moyen à faire des économies d’échelle», croit l’économiste de Desjardins, François Dupuis.

Desjardins, déjà numéro un des institutions financières canadiennes, ne tirerait toutefois pas profit de cette nouveauté, étant sous un système de charte provinciale.

Le gouvernement fédéral pourrait d’ailleurs souhaiter avoir sous sa gouverne le géant coopératif québécois. «Dans le cas d’une crise économique, avec son importance dans le marché financier, si Desjardins était en difficulté, cela pourrait avoir un impact systémique sur le système financier québécois et par ricochet canadien», mentionne François Dupuis.

De son côté, Desjardins prend de plus en plus d’ampleur. Récemment, elle a notamment acquis les activités canadiennes de la mutuelle américaine State Farm, l’entreprise Western Financial Group et des actifs dans la compagnie Qtrade. La coopérative se targue aussi d’établir de plus en plus de partenariats avec d’autres coopératives et mutuelles et d’accroître sa présence dans le marché à l'extérieur du Québec.

Pourrait-elle un jour vouloir intégrer le cadre fédéral avant que d’autres coopératives en expansion commencent à prendre de plus grosses bouchées à plus faibles coûts dans le marché canadien? La question se pose.

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