Construction et collusion: «l’histoire se répète», dit Jean Cournoyer

Publié le 22/10/2012 à 08:43

Construction et collusion: «l’histoire se répète», dit Jean Cournoyer

Publié le 22/10/2012 à 08:43

Les bouleversements qui secouent l’industrie de la construction et les municipalités n’ont rien de nouveau pour l’ancien homme politique Jean Cournoyer. De 1969 à 1982, il a tour à tour été ministre de la Fonction publique, ministre du Travail et maire de Dollard-des-Ormeaux. Métro a profité de la parution de son autobiographie, Dans le feu de l’action, pour s’entretenir avec lui.

Le gouvernement doit abolir, le 1er décembre, la pratique du placement syndical sur les chantiers de construction. A-t-il raison de le faire?

Oui! Le pouvoir des syndicats sur les travailleurs est énorme. Actuellement, les entrepreneurs font appel aux syndicats et ces derniers décident de ceux qui travailleront et de ceux qui ne travailleront pas. Un petit groupe d’amis des contremaîtres profite du placement syndical. Ceux qui n’ont pas ce genre de relations sont perdants.

Pourquoi l’industrie de la construction semble-t-elle si difficile à gérer?

Les travailleurs n’ont pas d’appartenance fixe. D’un chantier à l’autre, ils peuvent changer quatre et cinq fois d’employeurs dans la même année et ça donne lieu à des conflits qui donnent souvent lieu à la violence. Dans les années 1970, la Commission Cliche m’a recommandé d’abolir le placement syndical et j’ai donné l’ordre de le faire. Comme j’ai perdu mes élections plus tard la même année, le placement syndical est resté. L’histoire se répète aujourd’hui.

L’industrie est-elle prête à vivre ce changement?

C’est impossible de remplacer le système de référence actuel par une centrale comme la Commission de la construction du Québec (CCQ). Le pouvoir des syndicats repose sur leur capacité à désigner les bons travailleurs aux bons endroits. Peut-on mettre le nom d’un ouvrier dans une machine et lui attribuer un employeur à l’autre bout? Je ne vois pas comment ça peut fonctionner.

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