Colère et grogne pour le sommet du 70e anniversaire de l'OTAN

Publié le 03/12/2019 à 06:48

Colère et grogne pour le sommet du 70e anniversaire de l'OTAN

Publié le 03/12/2019 à 06:48

Par AFP

(Getty images)

Les dirigeants des pays de l'Otan se réunissent mardi et mercredi en sommet à Watford, près de Londres, pour le 70e anniversaire de l'alliance, mais l'ambiance est loin d'être festive à cause de multiples différends.

Le plus virulent oppose le président français Emmanuel Macron et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan. Il porte sur l'intervention lancée par Ankara dans le nord-est de la Syrie sans en informer les autres membres de l'Alliance.

Les deux dirigeants en sont arrivés a échanger des insultes et leurs partenaires espèrent qu'ils crèveront l'abcès mardi avant le sommet, au cours d'une réunion sur la Syrie à Londres avec la chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre britannique Boris Johnson.

L'autre inconnue sera le comportement de Donald Trump. Le président américain n'a qu'un seul sujet de discussion depuis son élection lorsqu'il vient à l'Otan: le partage du fardeau pour les dépenses militaires et son corollaire, l'augmentation des budgets de la défense des alliés européens et canadien.

Les responsables de l'Otan espèrent que l'accord pour réduire la contribution américaine au budget de fonctionnement de l'Alliance et les efforts financiers fournis par les alliés pour augmenter leurs dépenses militaires vont l'apaiser.

Le secrétaire général de l'Otan, le Norvégien Jens Stoltenberg, assure que l'année prochaine, les alliés non américains auront augmenté leurs dépenses pour la défense de 130 milliards de dollars depuis 2016.

Mais beaucoup redoutent que cela ne suffise pas et craignent un nouveau coup de sang de Donald Trump. L'année dernière à Bruxelles, il avait pris à partie Angela Markel, accusée de ne pas payer assez et de contribuer à l'effort militaire de la Russie avec ses achats massifs de gaz.

Les Européens en sont réduits à espèrer que la soirée à Buckingham Palace mardi soir divertira le président américain pour permettre un sommet apaisé le lendemain, a confié le chef de la diplomatie d'un pays très en retard pour ses dépenses militaires.

Les alliés se sont engagés en 2014 à consacrer 2% de leur PIB pour leurs dépenses militaires en 2024. Neuf pays ont atteint cet objectif en 2019 et si la France va l'atteindre en 2025, l'Allemagne est encore très loin du but.

M. Trump aura l'occasion d'en discuter avec M. Stoltenberg lors d'un petit-déjeuner mardi à Londres avant de rencontrer le président français Emmanuel Macron, dont les critiques contre l'Alliance, jugée en état de «mort cérébrale», ont choqué tous ses partenaires. La chancelière a dit sa réprobation et aucune capitale de l'Alliance n'a soutenu le président français.

Le jugement porté par M. Macron dénonce l'absence de concertation sur des décisions stratégiques prises par les États-Unis et par la Turquie.

Insultes

La charge d'Emmanuel Macron a ulcéré le président Erdogan qui a jugé le président français «en état de mort cérébrale».

Le dirigeant turc veut porter le différend au sommet. Paris a déploré ses insultes, mais Emmanuel Macron assume ses propos et n'entend pas renoncer à ses griefs.

Le président Erdogan ne sera pas beaucoup soutenu après sa décision d'acheter un système de défense anti-missile S-400 à la Russie, incompatible avec les équipements de l'Otan. Mais il sait que son pays ne peut pas être expulsé et l'appui de Donald Trump lui suffit.

Ces tensions risquent de gâcher la fête, car elle vont ruiner l'unité de l'Alliance, ce qui fait le jeu de la Russie, a déploré le ministre européen.

Le sommet sera bref: une session de travail de trois heures mercredi dans l'hôtel d'un golf prestigieux à Watford, dans la banlieue de Londres.

Mais les décisions seront significatives, car à Londres, l'espace va devenir un domaine d'opérations de défense pour l'Otan et l'Alliance va se positionner face à la montée en puissance de la Chine, second budget militaire du monde et très présente dans le cyberespace.

Jens Stoltenberg pourrait par ailleurs être mandaté pour conduire une réflexion demandée par la France sur la relation de l'Otan avec la Russie et sur les futurs grands enjeux de sécurité collective, comme la menace terroriste.


image

Expérience citoyen

Mercredi 26 août


image

Gestion de l'innovation 2020

Mercredi 09 septembre


image

Expérience client

Mercredi 16 septembre


image

Gestion agile

Mercredi 07 octobre

Sur le même sujet

Ottawa veut sévèrement punir les fraudeurs de la PCU

Un projet de loi prévoit des amendes allant jusqu’à 5000 $ et jusqu’à six mois d’emprisonnement pour les contrevenants.

Ottawa élargit son aide aux petites entreprises

Mis à jour le 19/05/2020 | La Presse Canadienne

Justin Trudeau a aussi dit que la frontière canado-américaine demeure fermée aux mêmes conditions pour 30 autres jours.

À la une

Bourse: Wall Street plus optimiste sur le front sanitaire

Mis à jour le 10/07/2020 | LesAffaires.com et AFP

REVUE DES MARCHÉS. Cette semaine, le Dow Jones est monté de 0,96 %, le Nasdaq de 4,02 % et le S&P 500 de 1,76%.

L'affaire Trudeau-WE Charity: on ne lésine pas avec l'éthique

10/07/2020 | Jean-Paul Gagné

Une apparence de conflits peut en effet être aussi dommageable pour sa réputation qu’un véritable conflit d’intérêts.

Se former à l'ère du «nouveau normal»

Édition du 17 Juin 2020 | Philippe Jean Poirier

FORMATION. Les entreprises ont tout intérêt à profiter de la timide reprise de leurs ...