ALÉNA: pas si vite l'optimisme

Publié le 06/04/2018 à 15:07

ALÉNA: pas si vite l'optimisme

Publié le 06/04/2018 à 15:07

Par Catherine Charron

123rf.com

Huitième cycle de négociations devancé, optimisme de la classe politique, mention de décision « gagnant-gagnant-gagnant »... Les discussions entourant la modernisation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) semblent prendre un nouveau tournant à quelques mois des élections de mi-mandat américaine et présidentielle mexicaine. Ne criez pas victoire trop vite.


Difficile pour des observateurs extérieurs aux négociations de confirmer ou d’infirmer si l’ALÉNA est dans un «momentum positif» comme Justin Trudeau l’a affirmé jeudi, affirme Ari Van Assche, directeur du département des affaires internationales à HEC Montréal.


« Il reste encore des points litigieux, notamment le mécanisme de règlement des différends entre investisseurs et États. Néanmoins, il semble que les différends d’origine s’amenuisent », soutient-il.


La mention d’un accord de principe par plusieurs acteurs des négociations prouverait qu’un consensus est possible. La signature d’un tel document plutôt qu’un réel accord est surprenante après ce genre de négociations, souligne Guy-Philippe Wells, chercheur au Centre d’études sur l’intégration et la mondialisation.


En effet, cela aisserait des questions en suspens. Une entente dissiperait toutefois l’incertitude autour de l’avenir même de l’accord, puisque les différentes parties consentiraient aux grandes lignes de celui-ci.


Guy-Philippe Wells croit que cette signature servirait d’abord un dessin politique. « Si c’est important politiquement d’afficher une volonté commune actuellement, une pseudo-entente sera signée, mais les détails seront renégociés », précise-t-il.


Ari Van Assche estime qu’un accord sera signé, mais moins rapidement qu’on le pense, alors que la période de 180 jours proposée au début des négociations est arrivée à échéance. Il ne serait d’ailleurs pas surpris si l’un des membres se lève de la table des négociations en clamant son désaccord.


La partie de ping-pong entre Donald Trump et Xi Jinping accélère-t-elle les discussions ?


Bien que les procédures semblent s’accélérer en marge des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine, il n’existe pas de lien de causalité entre ces deux événements selon les experts sondés.


Cet empressement, présent dans l’esprit des gens depuis janvier selon Guy-Philippe Wells, serait plutôt nourri par des pressions domestiques reliées à l'élection présidentielle au Mexique et à l'élection de mi-mandat aux États-Unis.


 


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