Vitalité économique : la Gaspésie et le Bas-Saint-Laurent en queue de peloton

Publié le 14/12/2016 à 15:30

Vitalité économique : la Gaspésie et le Bas-Saint-Laurent en queue de peloton

Publié le 14/12/2016 à 15:30

Par Marc Gosselin

Qu’ont en commun les régions de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine et du Bas-Saint-Laurent? Plusieurs municipalités de ces deux régions du Québec se retrouvent dans le bas du classement de l’indice de vitalité économique des territoires, publié aujourd’hui par l’Institut de la statistique du Québec (ISQ).


Ce nouvel indice remplace l’indice de développement socioéconomique élaboré depuis 2002 par le ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire (MAMOT). Il tient compte du taux de travailleurs de 25 à 64 ans, du revenu total médian des 18 ans et plus et du taux annuel d’accroissement moyen de la population sur 5 ans.


La valeur de l’indice est négative ou positive. Par exemple, la municipalité de Rivière-à-Claude, en Gaspésie, affiche un indice de vitalité économique de -25,91. Selon l’ISQ, cela signifie que la localité accuse un retard en vitalité économique par rapport aux autres localités québécoises. L’inverse est aussi vrai lorsqu’une municipalité est en territoire positif : elle affiche alors un résultat supérieur à la plupart des collectivités.


Les régions québécoises ne sont pas toutes égales dans cet indice. Par exemple, 90,5% des localités en Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine présentent un indice négatif. Dans le Bas-Saint-Laurent, environ les deux tiers des municipalités sont en territoire négatif.


À l’inverse, ce sont surtout les villes de la banlieue nord de la région de Québec qui occupent les plus hauts échelons de l’indice de vitalité économique, particulièrement celles situées dans la MRC de La Jacques-Cartier. Des 10 localités présentant l’indice le plus élevé au Québec, cinq se trouvent dans cette MRC : Lac-Delage (1er rang, 28,22), Sainte-Brigitte-de-Laval (2e rang, 27,44), Shannon (3e rang, 26,68), Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier (7e rang, 21,86) et Lac-Beauport (9e rang, 21,17).


Lac-Delage, qui a une population de 629 habitants, affiche un revenu total médian des 18 ans et plus de 54031$, nettement supérieur à la moyenne québécoise, et a connu une importante croissance démographique de 2009 à 2014.


En fouillant un peu dans les données publiées par l’ISQ, on constate que les localités dans les derniers quintiles de l’indice sont caractérisées par une faible densité de leur population, une population en décroissance et vieillissante et un degré élevé de dépendance à l’égard des transferts gouvernementaux.


Par exemple, les revenus des résidents du dernier quartile de l’indice représentaient, en 2014, 28,3% des revenus totaux déclarés. En comparaison, dans l’ensemble du Québec, la part relative des transferts gouvernementaux représentait 14,1% des revenus déclarés. Dans le premier quartile, cette proportion était encore plus basse, à 11,1%.


L’ISQ explique qu’en raison d’un taux de travailleurs relativement faible, les municipalités dévitalisées ont davantage recours, toutes proportions gardées, aux prestations d’assurance emploi, d’aide sociale, de RRQ et de sécurité de la vieillesse.


Cette réalité vaut non seulement pour les travailleurs, mais également pour les localités qui se classent dans le dernier quintile, note l’ISQ. Dans les municipalités du dernier quintile, les transferts en provenance du gouvernement du Québec comptent pour un peu plus de 19% de leurs revenus de fonctionnement, tandis que cette proportion est de seulement 6% au sein des localités du premier quintile.


Outre les municipalités de la couronne nord de Québec, les localités de l’Abitibi-Témiscamingue et du Saguenay–Lac-Saint-Jean ont amélioré leur position relative par rapport au dernier indice. En Abitibi-Témiscamingue, le nombre de municipalités dans le dernier quintile est passé de 24 en 2002 à 13 en 2014. L’amélioration de la situation économique dans cette région est attribuable, en bonne partie, à la vigueur du secteur minier, affirme l’ISQ.


Montréal tire de l’arrière parmi les grandes villes


Du côté des grandes villes de 100000 habitants et plus, Lévis arrive en tête avec un indice de 11,54. Elle est suivie de Terrebonne (11,36) et de Gatineau (10,56). Québec arrive au quatrième rang de ce groupe avec un indice de 9,19, tandis que Montréal est avant-dernière avec un indice de 1,62. Seule Trois-Rivières, en Mauricie, fait pire que la métropole avec un pointage de 1,20.


Les auteurs de l’indice soutiennent que la position de Montréal s’explique par le fait qu’elle présente un revenu médian des particuliers et un taux de travailleurs relativement faible par rapport aux autres grandes villes québécoises. À l’échelle de l’ensemble du Québec, Montréal arrive au 427e rang sur 1098 municipalités.


La métropole n’a jamais mieux fait qu’une 374e place. C’était lors du premier indice produit par l’ISQ, en 2002.


L’indice de vitalité économique des territoires aide le ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire (MAMOT) à répartir les montants ajoutés au Fonds de développement des territoires. Ce fonds a été créé en avril 2015 et est doté d’une enveloppe de 420M$ pour la période 2016-2019. Ce fonds permet aux MRC de soutenir des mesures de développement local et régional.


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