Vente du Cirque du Soleil: le premier ministre interpelle Guy Laliberté

Publié le 26/03/2015 à 14:34

Vente du Cirque du Soleil: le premier ministre interpelle Guy Laliberté

Publié le 26/03/2015 à 14:34

Par La Presse Canadienne

Guy Laliberté.

Philippe Couillard lance un appel à Guy Laliberté pour qu'il s'assure de conserver à Montréal le siège social et les employés locaux du Cirque du Soleil. 


L'homme d'affaires milliardaire, qui contrôle actuellement 90% de l'entreprise de divertissement évaluée à 2 milliards $, aurait accepté de vendre la majorité de sa participation pour ne conserver que 10% du capital.


Le processus de vente serait dans sa dernière ligne droite, a rapporté mercredi le quotidien The Globe and Mail.


En point de presse, jeudi, avant la réunion du caucus libéral, le premier ministre Couillard a demandé au fondateur du Cirque de se souvenir de ses racines et de ne pas laisser filer le siège social de l'entreprise à l'étranger.


«C'est un de nos grands entrepreneurs, c'est une grande source de fierté pour le Québec et je veux lui dire que pour les Québécois, pour le gouvernement et pour l'ensemble des partis politiques représentés ici, il est très important que non seulement le siège social reste à Montréal, mais les activités clés, dont les activités créatives, restent également à Montréal», a déclaré le premier ministre.


M. Couillard a voulu faire vibrer la corde patriotique de M. Laliberté, rappelant que le gouvernement du Québec avait contribué à lancer la grande aventure du Cirque du Soleil lors de ses modestes débuts dans Charlevoix dans la première moitié des années 1980. 


«Souvenons-nous de l'histoire du début du Cirque du Soleil, c'est beaucoup les gouvernements, le gouvernement du Québec qui l'a soutenu, donc les contribuables. Je crois que sans minimiser le fait que c'est son entreprise et que c'est lui qui fait la transaction, je voudrais lancer cet appel aujourd'hui», a dit M. Couillard, faisant allusion à la subvention de 1,5 million $ consentie à la troupe de M. Laliberté par le gouvernement de René Lévesque.


À titre de Québécois, M. Laliberté sera «certainement très sensible» à l'importance de maintenir au Québec le siège social de l'entreprise et les activités «créatives» qui y sont rattachées, pense le premier ministre. 


«Je lance cet appel comme premier ministre, au nom des Québécois, d'abord pour lui dire à quel point on est fier de lui, on est fier du Cirque du Soleil et pour lui demander, et je suis sûr qu'il le fera, de considérer le lien important entre les Québécois et le Cirque du Soleil», a-t-il soulevé. 


Le quartier général du Cirque du Soleil dans la métropole emploie 1400 personnes. 


En chambre, les péquistes et les caquistes ont pressé le gouvernement de trouver une solution pour éviter de laisser l'entreprise passer à des mains étrangères.


«Depuis des mois, le gouvernement est au courant de l'intention du fondateur du Cirque du Soleil de se départir d'un gros bloc de ses actions. Le processus de vente est rendu dans les derniers kilomètres. Depuis le début, c'est le silence radio du côté du gouvernement», a dénoncé le porte-parole du Parti québécois en matière d'économie, Pierre Karl Péladeau.


Vitrine «mondiale de notre créativité», le Cirque du Soleil risque d'échapper au Québec pendant que le ministre de l'Économie Jacques Daoust reste les bras croisés, s'est insurgé l'actionnaire de contrôle de l'empire Québecor.


«Le ministre nous a déjà instruits de son appréciation envers les entrepreneurs en les caricaturant de rois du village. Pourtant, le cirque a commencé dans Charlevoix. C'est une des plus grandes fiertés internationales des Québécois que le ministre laisse filer à des investisseurs étrangers», a-t-il lancé. 


Québec n'intervient pas dans la négociation actuelle et n'a pas l'intention de «nationaliser le Cirque du Soleil», a fait savoir M. Daoust. 


Néanmoins, le ministre a indiqué que «des groupes québécois sérieux» sont impliqués dans la transaction «depuis un bon moment». La Caisse de dépôt et placement est aussi dans le coup.


«Je peux vous dire que, depuis un bon moment, confidentiellement, il y a des Québécois sérieux qui sont au coeur de cette transaction-là, et on n'a pas attendu quelque téléphone opportuniste des deux partis d'opposition pour agir dans ce dossier-là», a-t-il dit. 


L'échange entre MM. Péladeau et Daoust s'est envenimé lorsque le député péquiste a reproché à son vis-à-vis de ne «rien faire pour stimuler nos créneaux d'excellence» et de ne «rien faire pour stimuler les emplois».


Le ministre a rétorqué que les propos récents de M. Péladeau sur les périls de l'immigration n'ont guère contribué à instaurer un climat propice aux affaires.


«Je vais lui donner quelques conseils: baissez le poing, monsieur le député; changez de ton, monsieur le député; aimez les immigrants, monsieur le député; abandonnez votre projet d'indépendance, monsieur le député; créez un climat de confiance, monsieur le député», a-t-il dit.


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