Une entreprise québécoise veut commercialiser un robot pour récolter des brocolis

Publié le 19/10/2021 à 14:57

Une entreprise québécoise veut commercialiser un robot pour récolter des brocolis

Publié le 19/10/2021 à 14:57

Par La Presse Canadienne

Québec a donné un appui financier de 1,3 million $ à l’entreprise. (Photo: La Presse Canadienne)

Le développement par une entreprise québécoise d’un robot capable de cueillir des brocolis est un exemple de projets en intelligence artificielle que soutient le gouvernement Legault pour devenir «un leader en productivité» et réduire les impacts négatifs de la pénurie de main-d’œuvre.

Lapalme Conception mécanique se prépare à commercialiser l’été prochain sa machine SAMI (pour système agricole multifonctionnel intelligent). L’appareil consiste en un tracteur de ferme qui pousse une machine où des bras robotisés sont installés sur les deux côtés. Ces robots font la cueillette de légumes.

Des tests effectués avec une machine à quatre bras robotisés dans des champs de brocoli ont donné des résultats prometteurs, selon Éric Lapalme, président de l’entreprise de Varennes en Montérégie.

L’été prochain, il prévoit commercialiser quatre machines qui contiendraient une vingtaine de bras robotisés, peut-être plus si les agriculteurs en expriment le besoin. M. Lapalme estime qu’un bras robotisé remplace un travailleur dans les champs.

Même si les agriculteurs réussissent à pourvoir leurs besoins avec la main-d’œuvre étrangère temporaire, le système actuel limite leur occasion de croissance, poursuit l’entrepreneur.

«Il y a plusieurs producteurs qui me disent qu’ils aimeraient étendre leur production maraîchère et diminuer leur production de grande culture, mais ils ne peuvent pas le faire, car ils ne sont pas en mesure de trouver plus de main-d’œuvre. Donc, ça limite énormément le développement des fermes maraîchères au Québec.»

 

Un soutien financier

Québec a donné un appui financier de 1,3 million $ à l’entreprise. Investissement Québec, pour sa part, lui a accordé un prêt d’un montant de 100 000 $.

Pierre Fitzgibbon, ministre de l’Économie et de l’Innovation, croit que le développement du SAMI est prometteur. «C’est un petit projet, mais ça m’excite, car c’est exactement ce qu’on veut faire comme gouvernement», dit le ministre en entrevue.

Il souligne qu’il y avait 194 000 postes à combler au Québec à la fin du deuxième trimestre, selon les plus récentes données de Statistique Canada. Or, «une bonne part» de ces postes sont au salaire minimum, ajoute le ministre.

Des projets d’automatisation comme celui du SAMI permettraient d’augmenter la productivité dans le secteur agricole, espère M. Fitzgibbon. «C’est un moyen d’être un leader. D’une part, on augmente la productivité. D’autre part, les emplois qui sont requis pour cueillir les brocolis vont peut-être disparaître. Ça peut paraître dur de dire ça, mais je pense que c’est important, car il faut requalifier la main d’œuvre dans des secteurs mieux rémunérés.»

Le remplacement massif des travailleurs dans les champs n’est toutefois pas pour demain. Lapalme Conception mécanique limitera la commercialisation l’été prochain à quatre machines afin de limiter les risques financiers et technologiques au début de la phase de production.

M. Lapalme veut toutefois accélérer la commercialisation après cette première phase. Il souligne que sa machine a été brevetée au Canada, aux États-Unis et en Europe. «L’idée est de prendre rapidement ces trois marchés-là. Il faut y aller rapidement, sinon le marché va voir ce qu’on fait et s’en inspirer et d’autres idées pourraient émerger de ça.»

L’entreprise n’a pas encore déterminé si elle vendra ses machines ou si elle adoptera un modèle de location où le tarif varierait selon la taille des récoltes. Si elle est vendue, le coût du SAMI varierait selon le nombre de bras robotisés installés, explique M. Lapalme. Il faut prévoir environ 400 000 $ pour le cœur de la machine et 100 000 $ par bras robotisé.

Pour le moment, le SAMI ne récolte que des brocolis, mais l’appareil pourrait être utilisé pour d’autres cultures comme l’asperge, le céleri ou les choux. Il pourrait aussi servir pour faire l’inventaire des récoltes dans les champs ou le désherbage.

 

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