Une bonne vitesse de croisière pour l'économie canadienne

Offert par Les Affaires


Édition du 22 Septembre 2018

Une bonne vitesse de croisière pour l'économie canadienne

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Édition du 22 Septembre 2018

[Photo : 123RF]

Les comptes économiques nationaux publiés à la fin août ont révélé que l'économie canadienne avait progressé de 2,9 % à rythme annualisé au deuxième trimestre de 2018. Qu'est-ce qui explique cette forte croissance de l'activité au printemps et que penser de l'état actuel de l'économie canadienne ?


Une progression de près de 3 % du PIB réel canadien est un excellent résultat, puisque le taux de croissance potentielle de l'économie est estimé à un peu moins de 2 % au pays.


Cette très bonne performance fait toutefois suite à une croissance modeste de 1,4 % au premier trimestre de l'année. Une accélération de l'économie était donc attendue alors que les ménages ont recommencé à augmenter leurs dépenses de façon plus vigoureuse après une pause durant l'hiver.


Une poussée de plus de 12 % des exportations canadiennes a aussi gonflé la performance de l'économie canadienne au deuxième trimestre. Étant donné les tensions commerciales entre les États-Unis et le Canada, il peut sembler surprenant de voir le secteur extérieur être une importante source de croissance pour l'économie canadienne. On peut penser que certains achats ont été devancés avant la mise en place des tarifs, entre autres du côté de l'aluminium et de l'acier.


Les données sur le commerce extérieur du mois de juillet montrent toutefois que les exportations canadiennes demeurent fortes malgré un certain ressac du côté des biens visés par les tarifs américains. Au-delà des tensions commerciales, la poussée des exportations au printemps reflète un certain retour à la normale après une période de faiblesse difficile à expliquer depuis le milieu de l'année dernière.



Le secteur résidentiel se stabilise


La faible progression de l'économie canadienne en début d'année reflétait en bonne partie une chute de l'activité dans le secteur immobilier à la suite de la mise en place de nouvelles règles hypothécaires.


Après avoir baissé de plus de 10 % à l'hiver, l'investissement résidentiel a légèrement progressé au printemps grâce à une forte augmentation des dépenses de rénovation. Les autres statistiques du marché résidentiel semblent confirmer que la baisse de cadence du début d'année est en train de faire place à une stabilisation de l'activité et même à une certaine remontée, entre autres du côté de Toronto. De leur côté, les investissements des entreprises ont enregistré une progression assez modeste au printemps, mais les perspectives demeurent favorables alors que les entreprises restent optimistes et font état d'importantes pressions sur leurs capacités de production.


Une cadence plus adéquate


Au-delà de la volatilité inhérente aux statistiques économiques trimestrielles, il apparaît que l'économie canadienne continue de bien performer. Elle semble toutefois avoir repris un rythme de croissance plus soutenable depuis le commencement de 2018.


Rappelons-nous qu'une certaine euphorie semblait avoir frappé l'économie canadienne en 2017, lorsque la demande intérieure avait bondi en moyenne de 4 % par trimestre. Une telle poussée menaçait d'amplifier les vulnérabilités liées à l'endettement et de créer une surchauffe économique.


L'augmentation des taux directeurs par la Banque du Canada et les nouvelles mesures pour freiner le secteur immobilier semblent avoir réussi à ramener la croissance économique à un rythme assez proche du potentiel de croissance, sans entraîner de conséquences négatives importantes.


EXPERT INVITÉ
Mathieu D’Anjou
, CFA, est économiste principal aux Études économiques du Mouvement Desjardins.


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