Sacs jetables : formule gagnante recherchée

Publié le 16/02/2008 à 10:18

Sacs jetables : formule gagnante recherchée

Publié le 16/02/2008 à 10:18

Par lesaffaires.com

En quelques années seulement, le sac de plastique est passé d'un objet anonyme à une véritable plaie écologique qu'il faut éliminer.

La Société des alcools du Québec (SAQ) vient d'annoncer qu'elle n'offrira plus de sacs jetables à partir du 1er janvier 2009. IKEA Canada impose déjà des frais de 0,05 $ pour chaque sac jetable demandé par ses clients. Le secteur du commerce de détail, qui distribue des milliards de sacs de plastique chaque année à ses clients, hésite toutefois face à la meilleure approche à adopter. La carotte ou le bâton ?

Le Maxi & Cie de Sherbrooke est depuis peu le premier magasin d'alimentation au Québec à avoir volontairement éliminé les sacs de plastique. Même chose pour les sacs en papier, qui sont aussi de l'histoire ancienne. Deux succursales de Loblaws ont déjà mis en oeuvre une telle politique ailleurs au Canada, et la réaction a été jugée positive par l'entreprise. La grande surface de Sherbrooke a été choisie parce que les consommateurs de cette région affichent le plus haut niveau de réutilisation de sacs dans le réseau de Loblaws au Québec, qui comprend également la bannière Provigo.

"Un sondage interne révèle que 90 % de nos clients se disent prêts à changer leurs habitudes concernant les sacs de plastique. Nous avons donc confiance que notre initiative à Sherbrooke sera bien reçue ", indique Josée Bédard, directrice principale aux affaires de la société chez Provigo.

Afin de faciliter la transition, Loblaws n'a toutefois pas lésiné sur les moyens. Quelque 20 000 sacs réutilisables ont été distribués gratuitement, au porte-à-porte, à des gens habitant à proximité du Maxi & Cie de Sherbrooke. Le prix des sacs écolos a également été abaissé pour le premier mois de l'ère" post-sacs jetables", et plusieurs publicités dans les médias locaux ont expliqué la démarche du Maxi & Cie.

Numéro un de l'alimentation au Canada, Loblaws s'est donné comme objectif de réduire, d'ici un an, d'un milliard le nombre de sacs de plastique qui aboutissent dans les sites d'enfouissement. C'est 10 % de tous les sacs de plastique utilisés au Canada chaque année, tous secteurs confondus. Les yeux sur Sherbrooke Les concurrents de Loblaws suivent avec intérêt ce qui se passe à Sherbrooke." On regarde ce qui se passe, c'est certain", explique Anne-Hélène Lavoie, conseillère principale aux communications chez Sobeys Québec, mieux connue pour sa chaîne IGA dans la province.

Malgré l'attention qu'elles portent au Maxi & Cie de Sherbrooke, les autres chaînes sont toutefois unanimes dans leur désir de laisser le choix à la clientèle. "On préfère avancer avec le client plutôt que de lui imposer les sacs réutilisables", explique Marie-Claude Bacon, la directrice des affaires de la société chez Metro. "On ne prévoit pas pour l'instant bannir les sacs de plastique classiques", poursuit-elle.

Metro se dit toutefois très heureuse du succès remporté par la vente de ses sacs réutilisables, dont 800 000 ont trouvé preneur en seulement dix jours lors de leur lancement en 2006. Le groupe Metro estime depuis en avoir vendu" quelques millions", au prix d'un dollar chacun. Moins de sacs jetables ? La popularité des sacs réutilisables aurait un impact sur la quantité de sacs de plastique classiques, mais aucune des chaînes contactées dit pouvoir quantifier cette baisse. Metro évalue que 20 % des achats qui se font chez elles sont emportés dans un sac réutilisable.

Yanick Deschênes, porte-parole de Wal-Mart Canada, abonde dans le même sens." Nos caissières offrent systématiquement l'achat de sacs réutilisables aux clients qui n'en ont pas déjà, et ça fonctionne très bien. On en vend énormément", explique-t-il. Vu le succès de ses sacs écolos, Wal-Mart n'envisage pas de bannir les sacs de plastique jetables. Le changement de mentalité observé chez les Québécois n'est pas anodin, croit Mme Lavoie de Sobeys Québec. Elle rappelle que les supermarchés IGA s'étaient retrouvés avec des dizaines de milliers de sacs de coton, qui n'avaient jamais trouvé preneur il y a dix ans.

Ce texte est tiré du journal Les Affaires du 16 au 22 février 2008.

À la une

Le Canada se fait damer le pion par la Chine en Amérique du Sud

11/06/2021 | François Normand

ANALYSE. L'Europe s'inquiète de la perte de son influence économique dans le Mercosur. Le Canada, lui, regarde ailleurs.

Lumenpulse renonce à son retour en Bourse

11/06/2021 | Denis Lalonde

Lumenpulse, qui souhaitait revenir en Bourse à une valorisation d'un milliard de dollars, interrompt son PAPE.

Lumenpulse revient en Bourse avec une valeur d'un milliard

BLOGUE. Lumenpulse devient LMPG et revient en Bourse avec deux nouveaux partenaires québécois.