Sa cause, faire travailler les moins nantis

Publié le 27/03/2010 à 00:00

Sa cause, faire travailler les moins nantis

Publié le 27/03/2010 à 00:00

Louise Bellavance a passé les 30 dernières années au service des personnes malentendantes vivant avec un handicap associé.

En 1979, cette religieuse fonde le Centre communautaire Handi A. Au fil des ans, elle met sur pied un volet de formation, un centre d'hébergement et une fondation. Et en 1991, elle crée une entreprise d'économie sociale, l'Atelier Le Coup de Main. Spécialisé en travaux de post-impression et autres travaux de finition, l'Atelier est adapté pour les personnes sourdes, afin de leur permettre de gagner leur vie.

Confrontée à la baisse de la demande de ses principaux clients, l'entrepreneure a récemment ajouté un créneau écorespesponsable à son Atelier : le démantèlement d'ordinateurs en fin de vie.

Les Affaires - Le 9 avril, vous serez accueillie au sein de l'Académie des Grands Québécois, qui honore des Québécois qui se sont illustrés au cours de leur carrière. Que direz-vous à ceux qui s'étonnent de voir qu'une religieuse a la bosse des affaires ?

Louise Bellavance - Comme si une religieuse ne pouvait pas avoir des capacités d'entrepreneure ! Pour les avoir, il faut être une personne passionnée qui aime vraiment ce qu'elle fait. Il faut aussi être bien dans sa peau, avoir un désir profond d'avancement et savoir exercer un leadership qui permet d'administrer et de gérer.

L.A. - Vous carburez à quoi ? À ce désir d'avancement ?

L.B. - Ma première motivation quand j'ai ouvert le Centre était vraiment par appel de Dieu. Mais je dirais que c'est la nécessité de créer à partir des besoins des personnes, pour leur donner une place dans la société et qu'ils soient heureux. Vous savez, le travail ou le fait d'appartenir à un groupe aide les gens psychologiquement. Notre mission consiste à leur donner une place dans de la vie, à les faire évoluer, à leur donner un milieu d'appartenance où tous les jours ils peuvent vivre en langage gestuel, où ils peuvent communiquer et se valoriser par un travail adapté à leur condition.

L.A. - C'est surtout grâce au bouche à oreille que plusieurs entreprises bénéficient des services de l'Atelier. Pourquoi pensez-vous que d'autres entreprises gagneraient à faire affaire avec vous ?

L.B. - D'abord, nous faisons un travail de qualité qui arrive à temps. Aussi, certaines entreprises sont fières de donner du travail à un organisme d'économie sociale. Surtout ces temps-ci, beaucoup d'entreprises désirent aider, pas nécecessairement financièrement, mais en faisant travailler des gens, en leur accordant des contrats de travail.

L.A. - En quoi pensez-vous que les entreprises ont un rôle à jouer quant à l'accessibilité à l'emploi des gens qui vivent avec un handicap ?

L.B. - Je pense qu'il faut d'abord avoir de la compassion pour les moins nantis. Les gens nous disent qu'ils veulent aider une entreprise comme la nôtre parce qu'ils ont reçu beaucoup et qu'ils veulent redonner à la société.

L.A. - Vous avez maintenant un chiffre d'affaires d'un demi-million de dollars, mais vous n'êtes pas encore rentable. Avez-vous déjà voulu tout lâcher quand vous éprouviez des difficultés pour faire survivre votre entreprise ?

L.B. - Non, parce que j'aime ce que je fais et que je suis passionnée. Nos valeurs spirituelles nous aident à nous articuler, même si parfois c'est à midi moins 10 ! Mais nous avons toujours surmonté nos difficultés.

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