Rémi Marcoux, beauceron pur sang

Publié le 16/02/2012 à 00:00, mis à jour le 16/02/2012 à 09:13

Rémi Marcoux, beauceron pur sang

Publié le 16/02/2012 à 00:00, mis à jour le 16/02/2012 à 09:13

Le roi de la circulaire

Sa grande intuition de départ, ce sont les circulaires, un marché que les imprimeurs traditionnels servaient peu ou mal: "On imprimait alors des circulaires en noir et blanc sur du papier journal, se rappelle-t-il. Nous avons innové, car nous avons été les premiers au Canada à acquérir une nouvelle presse qui imprimait des produits nouveaux et de qualité pour les détaillants. Dès lors, ça a été une ascension vertigineuse."

À ce moment, le maillon faible de la chaîne, c'était la distribution. Les grandes chaînes cherchaient depuis longtemps de nouvelles options - autres que les quotidiens et la poste - pour une distribution totale et de qualité. Tablant sur sa crédibilité d'imprimeur, Transcontinental décide de mettre sur pied un service de distribution de porte en porte avec comme partenaire Maurice Daigle, qui présidera le secteur de la distribution pendant près de 20 ans. Nous sommes en 1978.

Aujourd'hui, la distribution publicitaire touche plus de 5 millions de foyers dans trois provinces et constitue un atout unique pour Transcontinental. Des technologies de pointe permettent d'indiquer aux détaillants la provenance de leurs clientèles et de cibler le contenu du Publi-Sac d'une rue à l'autre. Année après année, les enquêtes de consommation montrent que les circulaires comptent plus dans les décisions d'achat des consommateurs que la télévision ou les quotidiens et que les gens préfèrent de loin les recevoir par le Publi-Sac. Transcontinental implante la formule en Ontario où le Ad-Bag est distribué à plus de 2,5 millions de foyers. La concurrence des Metroland et des Netmar, qui défendent leur territoire, est féroce.

"Le Publi-Sac a changé notre manière d'annoncer, confirme Pierre Bossé. Les circulaires représentent jusqu'à 60% de notre publicité. Leur qualité et la ponctualité des livraisons est essentielle", dit le président d'Uniprix, qui ne reproche qu'une chose à Rémi Marcoux: un swing de golf encore trop modeste!

Rémi Marcoux mise aussi sur la circulaire pour s'imposer au Mexique grâce à l'acquisition de 51% de Reproducciones Fotomecanicas (Refosa). "Le marché mexicain ressemble beaucoup au marché québécois des années 70, déclare-t-il. Il y a un potentiel de développement considérable pour nous. Nous avons l'intention d'y devenir le principal imprimeur de circulaires et d'y créer un réseau de distribution comme au Canada."

La presse économique

En 1979, Rémi Marcoux réussit un autre coup de maître qui lui permettra de bâtir son secteur de l'édition: le rachat du journal Les Affaires alors imprimé par Transcontinental. Le propriétaire décédé, le journal est en train de faire faillite et doit 60 000 dollars à son imprimeur. À l'aube de Québec inc., Rémi Marcoux voit tout le potentiel de développement de cette publication. Malgré une situation financière serrée, il décide de l'acheter et de payer les trois semaines de retard aux employés.

"Les Affaires était le seul journal francophone à caractère économique et il n'était pas question qu'il disparaisse, raconte-t-il. Nous aurions fait rire de nous dans tout le Canada! Avec mes associés, j'ai posé là un geste politique et patriotique. Par la suite, nous avons réorganisé le journal avec Claude Beauchamp comme partenaire. Claude a su attirer des gens de qualité comme Jean-Paul Gagné, l'actuel éditeur et rédacteur en chef, pour mener à bien notre mission de refléter la nouvelle réalité économique du Québec."

L'avenir lui a donné raison. "C'était une période vibrante; la communauté économique du Québec prenait son envol et avait besoin d'un outil de presse bien à elle", se souvient Michel Lord, ancien président de la division des publications économiques, aujourd'hui vice-président aux communications et aux relations publiques chez Bombardier. Aujourd'hui, le journal Les Affaires se vend à plus de 90 000 exemplaires par semaine et est devenu le véhicule économique par excellence au Québec. "Un grand succès de presse au Canada", affirme André Préfontaine, président de Publications Transcontinental.

Depuis, Transcontinental s'est bâti une crédibilité dans l'édition en se concentrant sur trois créneaux principaux: l'économie avec Commerce, Affaires PLUS, le magazine PME et LES AFFAIRES; le sport avec The Hockey News et les acquisitions américaines récentes de Hockey Business News et Preview Sports; enfin, les 50 ans et plus, avec Le Bel Âge au Québec et Good Times dans le reste du Canada.

"Personne ne voulait aller dans le segment du troisième âge, rappelle Claude Dubois. Encore une fois, Rémi Marcoux a fait preuve de vision. Même chose pour l'hebdomadaire culturel Voir. Ce journal n'entrait pas dans les créneaux de la presse économique que privilégiait alors Transcontinental. Rémi a alors décidé d'y investir personnellement et m'a convaincu de le faire. Il a saisi qu'il y avait quelque chose là et avait été impressionné par les qualités d'homme et d'éditeur du fondateur de Voir, Pierre Paquet."

"Rémi Marcoux est fortement attaché à l'édition qu'il considère comme un domaine stratégique, explique André Préfontaine. D'ailleurs, il veut doubler la taille du secteur avant la fin de l'an 2000." L'entreprise cherche activement à acquérir des publications. Au Canada bien entendu, aux États-Unis, mais aussi au Mexique, où elle vient de poser le pied.

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